Le Sel de Nos Larmes, de Ruta Sepetys

Résumé: Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées. Chacun né dans un pays différent. Chacun traqué et hanté par sa propre guerre. Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l’avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes… Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhem Gustloff, un énorme navire promesse de liberté…

Mon avis : C’est avec beaucoup d’impatience que j’attendais la sortie du Sel de nos larmes de Ruta Sepetys. Si je m’attendais à être très émue par ce roman, je suis restée étrangement hermétique tout au long de cette lecture… Attention, je ne dis pas que je n’ai pas aimé ! C’est une lecture vraiment bonne, et très importante au vu des faits qui y sont rapportés, mais je m’attendais vraiment à mieux…

Je tiens tout d’abord à tirer mon chapeau pour cette superbe couverture, qui donne très envie de lire le roman mais qui rend aussi plutôt hommage au récit. Vraiment je l’adore !

Mais bon, revenons-en au contenu. Et quel contenu ! Je suis soufflée par le travail colossal réalisé par Ruta Sepetys qui a rassemblé une quantité impressionnante de témoignages et qui a réalisé un vrai travail de documentation. J’ai particulièrement apprécié la postface de l’auteure, qui nous permet de nous rendre compte à quel point le chemin pour parvenir à l’écriture de ce livre fut long et laborieux. Je tiens vraiment à féliciter l’auteure qui nous sert donc un récit réaliste, conforme à la triste réalité et qui a eu le courage de nous présenter une tragédie encore méconnue de tous. Je trouve ça absolument hallucinant qu’un tel naufrage ayant fait un nombre si grand de victimes soit passé à la trappe de l’Histoire ! C’est rassurant de savoir qu’un grand nombre de lecteurs prendra connaissance du terrible naufrage du Wilhelm Gustloff, et s’en souviendra. En tout cas, ça m’a donnée envie de me documenter !

Sans vouloir dénigrer son travail, j’ai trouvé que la narration ne fonctionnait pas du tout. Je pense que l’alternation des points de vue était bien trop rapide. Chaque chapitre se concentre sur un personnage, mais chaque chapitre fait seulement une, deux, voire trois pages pour les plus longs ! Le Sel de Nos Larmes se lit donc extrêmement vite, mais on a à peine le temps d’être avec un personnage que l’on doit déjà s’en séparer pour passer au suivant. Chaque action en cours est donc interrompue de façon intempestive ce qui perturbait la dynamique du roman.

Pour ce qui est des personnages, on suit trois jeunes adultes et une jeune fille de quinze ans. Chacun d’entre eux dissimulent quelque chose, un fait, une action qu’il nous faudra découvrir au fur et à mesure de notre lecture. Joana, l’infirmière Lituanienne, m’a particulièrement séduite. J’ai vraiment aimé sa personnalité forte et déterminée, sans cesse prête à aider les autres. C’est le personnage qui est le plus fort en apparence, mais elle cache des failles profondes et on se questionne sur certaines zones d’ombre de son passé. Florian est également un personnage que j’ai adoré. Il est mystérieux, tente de garder ses distances, et pourtant chaque rencontre va le façonner et le changer à jamais. Florian entretient une relation particulièrement avec chacun des personnages, mais celle qui m’a le plus touchée est sans aucun doute celle qu’il entretient avec la jeune Polonaise, Emilia. Cette dernière est très jeune, très enfantine et détonne avec les horreurs de la guerre. On a envie de la protéger de tout ça et de garder son innocence. Le seul personnage qui ne m’a pas convaincu est Alfred. Pas seulement parce qu’il s’agit d’un jeune nazi, mais parce que j’ai trouvé son traitement assez mauvais. Je pense qu’il y avait matière à faire autre chose avec ce personnage tout en gardant son passé et ses pensées. J’ai trouvé ses chapitres particulièrement décousus et ennuyants.

Le rythme du roman est perturbé par des chapitres trop courts, mais on entre malgré tout dans une lecture qui reste addictive. Il était très difficile pour moi de reposer le livre une fois commencé ! En tout cas, on suit avec plaisir, et effroi, le périple de ces jeunes gens et des personnes qui les accompagnent. Je n’ai pas été très émue durant ma lecture, sans doute à cause d’une écriture un peu trop froide à mon goût. Certes l’auteure n’est pas là pour nous offrir une histoire larmoyante, mais j’avoue que je me suis presque sentie inhumaine et anormale de ne pas avoir versé ma petite larme… Une autre chose m’a déçue : le dénouement ! En soi, j’ai adoré la fin, la conclusion que nous livrait Ruta Sepetys, dure et belle à la fois mais je l’ai trouvé affreusement rapide ! La fin nous tombe dessus sans qu’on s’y attende, et elle survient alors que l’on était en plein cœur d’une action ! J’aurais aimé qu’il y ait encore une trentaine de pages pour nous offrir une fin digne de ce nom et digne de ce roman.

NB : Ce troisième roman de Ruta Sepetys est étroitement lié à son premier livre Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre car Joana est la cousine de Lina, l’héroïne de ce dernier !

Bilan : Si j’ai été un peu déçue par la narration maladroite et par la fin expéditive, Ruta Sepetys nous offre malgré tout une leçon d’Histoire et de vie grandiose. Un roman à lire absolument, en hommage aux  10 000 victimes du naufrage du Wilhelm Gustloff !

Note : 7.5/10

Elia, la Passeuse d’Âmes, de Marie Vareille

Résumé: “Les prophéties ne s’accomplissent que si quelqu’un a suffisamment de courage pour les réaliser”
Elia vit dans une dictature divisée en deux catégories : l’élite, les Kornésiens, et la classe exploitée, réduite en esclavage : les Nosoba. Elia est une Kornésienne. À quinze ans à peine, elle exerce en tant que passeuse d’âmes à l’hôpital de la capitale du pays : elle euthanasie tous ceux qui seraient considérés comme inutiles ou dangereux pour la communauté. Un jour, un jeune Nosoba, de la caste des intouchables parvient à la convaincre de l’aider à s’échapper, alors même qu’elle avait ordre de l’exécuter. Accusée de trahison, Elia s’enfuit…

Mon avis : Je sais que ce n’est pas bien de juger un livre sur sa couverture, mais je dois reconnaitre que celle d’Elia, la Passeuse d’Ames ne m’avait pas donné envie de lire le résumé. Ce n’est pas que je ne la trouvais pas jolie, mais elle est vraiment adaptée à un récit fantasy et plus jeunesse. C’est quand ma sœur se l’est offert que j’ai commencé à m’y intéresser et à me dire que finalement, il n’avait pas l’air si mal que ça ! Et j’ai bien fait de lui laisser sa chance puisque j’ai adoré, et qu’il n’est passé loin du coup de cœur !

Dans le monde où vit Elia, les Kornésiens sont au sommet de la hiérarchie, gouvernent, édictent les lois et restreignent au maximum les libertés des habitants de Tasma. Car la liberté conduit à l’égoïsme, et l’égoïsme à la déchéance de l’humanité. Tout en bas de cette hiérarchie dictatoriale se trouvent les Nosobas, population opprimée contrainte de travailler durement dans les mines de Phosnium et de vivre dans des conditions misérables. Elia, née du bon côté, est une jeune Passeuse d’âmes. Cette activité consiste à mettre fin à la vie de personnes inutiles à la société, telles que les vieillards ou les opposants. Lorsqu’on lui demande d’euthanasier un jeune Nosoba, la jeune fille hésite. C’est à partir de ce moment que sa vie en sera éternellement bouleversée…

Ce qui ressort de ce court roman de 300 pages, c’est la simplicité de l’univers. Marie Vareille ne se perd pas en détails inutiles, mais nous fournit malgré tout le minimum vital pour comprendre le fonctionnement de Tasma et de sa société. Je reconnais que j’aime que les univers soient approfondis et très développés, mais étrangement ça ne m’a posé de problèmes avec Elia la Passeuse d’âmes. Cette simplicité n’est pas un défaut, et se révèle presque au contraire être une qualité pour le roman ! En effet, il va se laisser lire avec une fluidité déconcertante et c’est vraiment ce que j’ai adoré avec ce livre : on ne se prend pas la tête, on savoure uniquement !

Pour ce qui est des personnages, ils sont bien plus fouillés que l’univers de Tasma. L’héroïne, Elia, m’a vraiment séduite et ce, dès les premières lignes. C’est un personnage fascinant, et pas seulement parce que c’est une Passeuse d’âmes ! On sent que plusieurs mystères planent autour d’elle, ce qui la rend très énigmatique. Elia est le personnage qui a le plus évolué entre le début du roman et la fin. Cette évolution est captivante et la nouvelle Elia me plait encore plus ! J’ai plus que hâte de la retrouver dans le tome 2.

En ce qui concerne les autres protagonistes, Marie Vareille a fait très fort car je les ai tous adorés ! Tim est vraiment attendrissant, comment ne pas tomber sous le charme ? Si j’ai eu un petit coup de cœur pour Tim, je reconnais que le personnage de Solstan ne me laisse pas indifférente, loin de là ! Il est plus mystérieux, impulsif et je suis charmée par le duo détonant qu’il forme avec Elia. Le personnage d’Arhia apparait moins souvent, mais je suis vraiment intriguée par la jeune fille ! Je me demande bien ce que leur réserve la suite… Le quatuor qu’ils forment est très sympa à suivre, tant ils se complètent à merveille. Chacun possède ses qualités et ses défauts, ce qui les rend encore plus humains et réalistes à mes yeux.

Outre la simplicité de l’univers dystopique, l’intrigue en soi n’est pas des plus complexes. Certains éléments se devinent bien avant les révélations finales, mais ce n’est pas dérangeant non plus. Le récit se laisse lire avec une telle facilité, que dis-je une vraie addictivité, qu’on ne fait même pas attention à ce genre de détails. On est pris dans le feu de l’action, et d’ailleurs, quelle action ! On peut rarement reprendre notre souffle, et franchement mon cœur a raté plus d’un battement face à certains passages à suspense ! Pour ce qui est de la chute finale, hum… Elle donne tellement envie de lire la suite que c’en est presque criminel ! MAIS OU EST CETTE FICHUE SUITE ?!!!

Bilan: Un univers pas ultra développé mais qui n’en est pas moins intrigant, des personnages fabuleux, une écriture addictive… En somme, Elia la Passeuse d’âmes est une excellente lecture qui en séduira plus d’un !

Note: 8.5/10

Les Morsures de l’Ombre, de Karine Giebel

Résumé: Elle est belle, attirante, disponible. Il n’a pas hésité à la suivre pour prendre un dernier verre. A présent il est seul, dans une cave, enfermé dans une cage. Isolé. Sa seule compagnie ? Sa séductrice et son bourreau. Et elle a décidé de faire durer son plaisir très longtemps. De le faire souffrir lentement. Pourquoi lui ? Dans ce bras de fer rien n’est dû au hasard. Et la frontière entre tortionnaire et victime est bien mince…

Mon avis: Après un livre aussi bouleversant que Dites aux loups que je suis chez moi, j’ai presque cru rentrer dans une phase de panne de lecture… Heureusement, j’ai réussi à retrouver la motivation de lire avec Les Morsures de l’ombre, de Karine Giebel ! Il s’agit de l’un de ses tout premiers romans, j’étais donc curieuse de découvrir ses débuts. Et encore une fois, je ne suis pas déçue !

Benoît, commissaire et grand dragueur, se réveille un beau jour enfermé dans la cave d’une jeune femme. Qui est-elle ? Que lui reproche-t-elle ? Linda semble tout savoir de lui et être prête à tout pour obtenir ses aveux. Mais quels aveux ? Qu’est-ce que Benoît a bien pu lui faire pour se retrouver dans cette terrible situation ?

Dès le départ, on sent une grande différence entre les premiers romans de Giebel et les plus récents. Elle a eu le temps d’améliorer son style et de perfectionner ses personnages. Dans Les Morsures de l’ombre, les protagonistes sont clairement moins développés. Ceci dit, ça ne m’a pas gênée pour autant ! On suit avec plaisir les mauvais jours de Ben, et ses discussions décousues et étranges avec Linda. Les personnages peuvent paraître désincarnés, mais ce n’est pas dérangeant car au final, le fait d’en savoir assez peu sur eux nous permet de douter un peu de tout et de tout le monde.

Pour ce qui est de l’écriture de Giebel, elle diffère pas mal de ses autres romans. Je l’ai trouvé moins assurée, moins sûre d’elle et donc moins tranchante. Au début, j’ai même eu quelques frayeurs ! L’auteure alterne la narration à la première personne puis à la troisième en quelques lignes à peine, ce qui était très désagréable à lire et très perturbant. Heureusement, Giebel a redressé le cap et s’est calmée avec ce changement de point de vue très malvenu, et est revenu à un point de vue omniscient plus adapté au récit.

L’intrigue en soi ne souffre pas de complications. Elle reste assez simple à saisir, et pourtant Giebel nous réserve quelques surprises et révélations vers la fin ! J’avoue ne pas m’être attendue à certaines d’entre elles ! Ce roman est très court par rapport à ce qu’elle a l’habitude de nous offrir, et pourtant je n’ai pas trouvé que les événements étaient précipités ou bâclés. Le rythme est assez lent et c’est lorsque l’on approche du dénouement que le tout s’accélère. Giebel joue ses dernières cartes, nous surprend et joue avec nos nerfs pour nous livrer une fin diabolique comme elle aime tant le faire. Au final, Les Morsures de l’ombre est un des romans les moins travaillés de cette auteure et s’il aurait gagné à être davantage développé, il n’en reste pas moins un thriller glaçant que l’on dévore avidement !

Bilan: Pas le meilleur de Giebel, mais un thriller efficace qu’on lit avec avidité !

Note: 7.5/10

Dites aux loups que je suis chez moi, de Carol Rifka Brunt

Résumé: Nous sommes au milieu des années 1980, aux États-Unis. June est une adolescente taciturne, écrasée par une sœur aînée histrionique et des parents aussi absents qu’ennuyeux. Depuis sa banlieue triste du New Jersey, elle rêve d’art et de son oncle Finn, un peintre new-yorkais reconnu. Mais Finn est très affaibli et meurt bientôt de cette maladie qu’on n’évoque qu’à demi-mot, le sida. Inconsolable, la jeune fille se lie d’amitié avec un homme étrange, Toby, qui se présente comme l’ami de Finn. Confrontée à l’incompréhension de son entourage, et à la réalité d’une maladie encore honteuse, June va brusquement basculer dans le monde des adultes et son hypocrisie.

Mon avis: Dites aux loups que je suis chez moi est un roman que je n’avais pas particulièrement remarqué, et que je n’aurais sans doute jamais lu. Mais il se trouve que ma sœur me l’a offert suite à un service rendu (si tu passes par ici, je te dis un gigantesque MERCI !). Lorsque j’ai lu le résumé, j’ai eu immédiatement envie de le lire et j’ai presque instantanément su que j’allais adorer. Mon instinct (et celui ne ma sœur) ne m’a pas trompée, car c’est un très gros coup de cœur et je pèse mes mots.

June a quatorze ans lorsque son oncle Finn meurt du sida, à une période où cette maladie est encore mal connue, où elle fait peur et où elle fait honte. June est dévastée par la mort de cet oncle dont elle était si proche et qui semblait être le seul capable de la comprendre. L’adolescente doit donc composer avec un monde sans Finn, des parents souvent absents et une sœur ainée odieuse. Son quotidien et ses certitudes vont voler en éclat lorsqu’elle va rencontrer Toby, « l’ami » de Finn.

Je pense qu’il n’y a pas de mots pour vous décrire à quel point j’ai été touchée par les personnages de ce roman. J’ai rarement été aussi subjuguée face à des personnages pareils, si réalistes, si touchants et bouleversants que c’en est troublant. June, l’héroïne, y est pour beaucoup dans le coup de cœur qu’est ce livre. Elle est très décalée, et vit dans un univers bien à elle où elle s’imagine vivre au Moyen-Age. Il y a un gros décalage entre son côté « enfantin » et sa manière mature et réaliste d’envisager les choses de la vie. June est un personnage absolument fabuleux, qui mérite d’être rencontré au moins une fois dans sa vie.

Finn, l’oncle décédé de June, est lui aussi un protagoniste très fort et étonnant. Il n’apparait que dans les souvenirs de June, ou dans ceux des autres personnages, mais comment ne pas s’attacher à un personnage pareil ? J’ai adoré Finn, ses présences et ses absences, qui ont fait de lui un personnage à part entière du livre. Toby est le second personnage qui m’a bouleversé au cours de ma lecture. J’ai mille et une choses à dire sur lui, mais les mots me manquent tout à coup et ne me paraissent pas suffisamment à la hauteur. Greta, la sœur de June, est un des autres personnages importants du roman. Elle est odieuse, hautaine et méchante avec sa petite sœur et pourtant, on sent qu’elle est tellement plus que ça ! C’est un personnage très touchant à sa manière…

La plume de Carol Rifka Brunt est absolument merveilleuse et dotée d’une grande sensibilité. Elle nous embarque dans le monde de June avec une facilité déconcertante. Au travers le langage d’une adolescente de quatorze ans, elle nous en fait voir de toutes les couleurs et Dieu que c’était beau ! La voix de June est renversante, réaliste et cruelle parfois, mais tellement émouvante ! June a une manière de voir les choses tellement étonnante, magique et ça m’a serré le cœur plus d’une fois.

Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais accrocher. Rien que le titre, que je trouvais extrêmement mystérieux, donnait envie ! En tout cas, je le trouve très bien choisi et je vous laisse découvrir vous-même à quoi il fait allusion dans le roman ;) Pour ce qui est de la relation entre Finn et June, elle est tellement captivante et puissante, mais celle qui se noue au fur et à mesure des pages entre Toby et June est sans doute encore plus belle. Evoluer à leurs côtés fut vraiment merveilleux, mais aussi très émouvant (oui, j’ai beaucoup pleuré).

Derrière ce sujet grave et sérieux qu’est le sida, l’auteure exploite d’autres thématiques telles que l’amitié, le premier amour, le passage à l’âge adulte… Voilà pourquoi ce livre se doit d’être lu par le plus grand nombre !

Franchement, c’est dur d’écrire une chronique sur un livre qui vous a autant touché ! J’aurais voulu faire durer le plaisir plus longtemps, ne jamais quitter June, Finn et Toby mais la fin est arrivée très tôt, et pour cause : j’ai dévoré Dites aux loups que je suis chez moi. J’ai eu du mal de finir ce roman (il faut dire qu’avec toutes les larmes que j’avais dans les yeux, c’était compliqué…) mais j’ai trouvé la fin d’une grande justesse et d’une grande beauté. L’intégralité du roman se révèle être sans fausse note, ce qui fait de lui ma meilleure lecture de cette année 2016 à ce jour. Bref, un roman inoubliable ♥

Bilan : Un roman bouleversant de réalisme, avec des personnages tellement touchants et émouvants. Un gigantesque coup de cœur ♥♥♥ Mais qu’attendez-vous pour le lire ?

Note: 10/10

L’Assassin Royal, tome 11 : Le Dragon des glaces, de Robin Hobb

Résumé: La narcheska Elliania, des îles d’Outre-mer, a lancé au prince Devoir un défi : il doit lui rapporter la tête du dragon Glasfeu s’il veut l’épouser.
Il lui faut donc se rendre sur l’île d’Aslevjal où se trouve le monstre, prisonnier de la glace. Mais le jeune homme a fort à faire pour convaincre les Outrîliens de le laisser partir. Après de longs pourparlers et des préparatifs à Castelcerf, le prince prend enfin la mer, accompagné de Fitz et d’Umbre. Hélas, à la suite des machinations de ce dernier pour l’empêcher de se joindre à eux, le fou, qui a prédit à Fitz sa mort à Aslevjal, demeure retenu dans les Six-Duchés.
Lorsque le groupe aborde l’île et son glacier, il installe son campement sur le site où gît le dragon, dans un froid polaire, parmi des plaines de glace et de neige entrecoupées de fractures et de crevasses. Mais, au moment où on commence à creuser, des événements inquiétants surgissent, qui mettent en danger l’expédition. Pourquoi ? Qui en est à l’origine ?

Mon avis: Je me suis jetée assez précipitamment sur cette suite qui promettait beaucoup d’action. Bon au final, ce tome n’est que la transition entre le départ de Castelcerf et l’arrivée sur l’île d’Aslevjav de nos amis. Si c’est un tome un peu plus « mou », il n’en reste pas moins un tome intéressant pour tout ce qu’on y apprend.

A l’aube du grand départ, Fitz doit faire ses adieux aux personnes qui lui sont le plus cher. Fitz est toujours aussi maladroit dans ses relations avec les autres protagonistes, mais c’est aussi ce qui est charmant et amusant. On sent qu’il tient profondément à son fils Heur, mais il ne sait pas comment extérioriser son affection. C’est assez touchant ! J’ai particulièrement aimé sa discussion avec Astérie la ménestrelle, qui lève le voile sur certaines vérités.

Ce qui m’a clairement plu dans ce tome, c’est le jeu que joue Fitz avec le Fou. Ce dernier est censé les accompagner dans leur voyage pour Aslevjav, mais suite à la prophétie du Fou où celui-ci se voit mourir sur l’île, Fitz fait tout pour l’empêcher de venir avec eux. C’est dans ce genre de démonstration que l’on voit à quel point notre héros tient au Fou ! Dans Le Dragon des Glaces, le lien qui les unit nous apparait encore plus puissant qu’auparavant et on ne cesse de se poser des questions. En tout cas, toute cette histoire de Prophète Blanc et de Catalyseur est passionnante !

La partie la plus longue et la moins intéressante est sans doute celle qui se déroule sur le bateau. Il ne s’y passe pas grand-chose, et Lourd est assez agaçant à se plaindre du mal de mer ! Toutefois, Robin Hobb en profite pour renforcer le lien d’Art qui existe entre Fitz, Ortie, Devoir et Lourd ce qui est vraiment intrigant et imprévisible. J’aime profondément le personnage d’Ortie, que l’on ne connait au final qu’au travers des rêves de Fitz. Ceci dit, elle nous permet d’avoir une vision plus lointaine et de voir comment vont Molly et Burrich. Je suis plus que curieuse de voir l’auteure comment va faire évoluer tout ce beau monde !

Si je me suis un peu ennuyée durant la partie qui se déroule sur le bateau, tout devient plus intéressant une fois que nos amis arrivent chez les Outrîliens. On découvre un nouvel univers, un nouveau décor, de nouvelles coutumes… Robin Hobb sait nous embarquer ailleurs, et j’ai été vraiment captivée par ces îles d’Outre-Mer ! Tout ce passage nous permet de mieux connaître la Narcheska, qui nous montre toute l’étendue de son caractère bien trempé. C’est une jeune fille haute-en-couleurs qui détonne avec la personnalité plus calme de Devoir. J’adore leur duo !

Vous l’aurez compris ce tome est un peu plus « pépère » que les précédents, mais je vous garantis que la fin m’a scotchée ! Je me suis dit « NON ! PAS POSSIBLE ! ». Robin Hobb finit sur un gros cliffhanger sadique, qui nous donne envie de nous jeter sur le tome 12 !

Bilan: Un tome avec moins d’action, mais Robin Hobb en profite pour renforcer les liens qui unissent Fitz et certains protagonistes. Le Dragon des Glaces est donc un tome très intéressant pour les passionner de l’univers de l’Assassin Royal !

Note: 8/10

Le Passager, de Jean Christophe Grangé

Résumé: Je suis l’ombre. Je suis la proie. Je suis le tueur. Je suis la cible. Pour m’en sortir, Une seule option: Fuir l’autre.

Mon avis : J’avais hâte de poursuivre mon exploration de l’univers de Grangé car L’Empire des Loups ne m’avait pas totalement convaincue. La quatrième de couverture du Passager est vraiment très mystérieuse, et j’étais très curieuse de découvrir ce qui se cachait derrière ces quelques phrases très prometteuses. Pour que l’effet de surprise soit total, je n’ai volontairement lu aucune chronique avant de débuter cette lecture. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne m’attendais pas à ça ! Au final, Le Passager se révèle être un coup de cœur !

Cette chronique va être délicate à écrire car le roman va de surprise en surprise, chacune plus inattendue que la précédente. Forcément, je vais devoir en dire le moins possible pour éviter les spoilers !

La première partie prend le temps de poser les bases du roman. On comprend très vite que les deux protagonistes principaux seront Anaïs et Mathias et qu’on les suivra jusqu’au dénouement. Cette première partie prend donc son temps, mais on ne peut pas dire que je me sois ennuyée pour autant ! En effet, on se pose déjà énormément de questions et je me demandais bien quelle direction allait prendre l’histoire.

Dès le départ, j’ai accroché aux deux personnages de Grangé. Anaïs est une jeune flic déterminée, têtue comme j’aime et elle possède un sacré répondant ! Elle a du caractère, de la hargne mais surtout un passé bien sombre qui rend le personnage encore plus intrigant et énigmatique. Mathias, quant à lui, est un psychiatre très particulier. Il se noie dans son travail, agit de façon très froide et professionnelle avec ses patients, oubliant l’aspect « humain » de son métier. On sent qu’il n’a pas été gâté par la vie, tout comme Anaïs. Ces deux personnages sont extrêmement fouillés, complexes, voire insaisissables. Impossible de cerner ces deux zigotos… Grangé a bien fait son travail : j’ai été captivée et envoutée par eux.

L’écriture de Grangé est vraiment très efficace et addictive. Elle colle parfaitement aux évolutions des personnages, et aux rebondissements de l’intrigue. Le style de Grangé est vif, tranchant ce qui fait qu’on sent la tension monter crescendo. Les chapitres courts, qui alternent les points de vue à la troisième personne d’Anaïs et Mathias, rajoutent encore du piquant et du mordant au récit. Une fois commencé, il est très difficile de s’arrêter !

Pour ce qui est de l’intrigue en général, je ne savais vraiment pas dans quoi je m’embarquais. En tout cas le début est extrêmement alléchant : un meurtre avec une mise en scène qui fait froid dans le dos, un amnésique qui semblerait avoir vu le meurtrier, une flic prête à tout pour découvrir la vérité, un psychiatre prêt à tout pour aider son patient… Très rapidement, on va se rendre compte que Le Passager est bien plus qu’un simple thriller… Grangé va enchaîner les retournements de situation, les surprises, si bien qu’il n’y a aucun temps mort ! J’ai adoré la tournure qu’a prise l’histoire, et je me suis sans cesse faite avoir… On sent que l’auteur est très intéressé par tout ce qui touche au cerveau, à la mémoire car une fois de plus on retrouve cette thématique dans Le Passager. Grangé maîtrise son sujet, et c’est quelque chose qui m’a toujours passionné ; donc j’ai été servie avec ce roman !

Une fois terminé, j’ai pu me pencher sur diverses chroniques. J’ai été étonnée de voir que 95% des lecteurs trouvaient la fin bâclée et décevante ! Pour ma part, j’ai au contraire adoré cette conclusion, certes un peu rapide, mais au combien géniale et en accord avec le reste du roman. Pour moi, c’est un sans-faute que nous livre ici Grangé ! En tout cas, je me suis déjà procurée La Ligne Noire ainsi que Le Serment des Limbes 😉

Bilan: Un thriller addictif, avec des personnages hauts-en-couleurs. L’auteur nous balade du début à la fin, c’est un vrai plaisir de se laisser surprendre de cette façon ! Un coup de cœur !

Note: 9/10

L’Assassin Royal, tome 10: Serments et Deuils, de Robin Hobb

Résumé: A Castelcerf, Fitz s’efforce de poursuivre sa mission : former un clan d’Art avec le prince héritier Devoir, un serviteur simple d’esprit, et lui-même.
Mais comment parvenir à fondre en un tout harmonieux des personnalités aussi disparates ? Car rien n’est apaisé dans la forteresse ancestrale où la menace des Pie se fait toujours plus pressante. Ceux-ci, pétris de haine, ont réussi à introduire des espions à la cour même. Quant à la reine, elle doit recevoir des représentants du Lignage pour mettre un terme aux persécutions des vifiers. Dans sa vie privée, le malheureux Fitz est également tourmenté : son fils délaisse son apprentissage pour une belle jeune fille qui affronte à cette occasion l’hostilité de son père.
Et le vieil Umbre, autrefois si lucide, semble perdre la tête : il dévoile l’ambition dévorante et insensée d’entrer dans l’héritage royal. Entre inquiétude, colère et désespoir, Fitz doit donc constamment jongler pour sauver l’avenir du royaume tant sont nombreux les dangers qui les menacent, lui et la dynastie.

Mon avis : Dernièrement, je me suis fixée comme défi de terminer la saga de L’Assassin Royal pour fin août. J’avais hâte de retrouver Fitz et ses amis, c’est donc avec une certaine excitation que je me suis plongée dans ce tome 10. Au final, il s’agit d’un tome de transition pour préparer Fitz, Umbre, Devoir et Lourd pour leur prochaine expédition où Devoir devra tuer le dragon Glasfeu afin de pouvoir épouser la Narcheska.

Le tome précédant était vraiment plus calme, plus en introspection. Ici, Robin Hobb nous offre de l’action et l’intrigue bouge pas mal, notamment en ce qui concerne le Vif. Dès que je me replonge dans L’Assassin Royal, la magie opère et je suis de nouveau subjuguée par la complexité de l’univers et par la magie qui en découle.

Les liens entre Devoir – Lourd et Fitz s’étoffent pour former une drôle d’alliance. Fitz tente d’apprendre l’Art aux deux garçons, mais ce n’est pas chose facile avec un Prince entêté et un énigmatique serviteur. J’ai adoré voir ces trois personnages évoluer ensemble, même si Fitz n’est clairement pas un bon professeur lol Je suis extrêmement curieuse de voir l’évolution de ce clan d’Art, surtout qu’un autre maillon semble vouloir s’intégrer…

Si ce tome est bourré d’action, avec des protagonistes qui cherchent à se venger de Fitz, Serments et Deuils permet également de faire évoluer les relations qu’entretient Fitz avec les autres protagonistes, et en particulier avec Le Fou. Leur relation prend une tournure inattendue, et je suis restée bouche bée face à leurs discussions. J’avais littéralement envie de frapper Fitz, de lui arracher ses cheveux pour le faire réagir et lui faire réaliser à quel point il pouvait être blessant. J’ai particulièrement détesté Fitz dans ce tome 10. Mais quel idiot égoïste ! Toujours à s’apitoyer sur son sort et à faire du mal aux autres à cause de son manque de réflexion et de jugeote ! Bon, en réalité j’aime toujours notre héros… Malgré tous ses défauts, c’est un personnage terriblement attachant que l’on a vu grandir, évoluer et morfler, alors forcément notre Fitzounet on l’aime d’amour ♥ (mais quand même il n’a parfois rien dans la caboche !)

Serments et Deuils va réveiller le passé de Fitz et Robin Hobb va faire réapparaitre certains personnages que l’on ne pensait plus revoir… On va de surprises en surprises, et la suite n’en est que plus incertaine… Au final, ce tome 10 porte parfaitement bien son nom puisque Fitz va sceller de nouvelles alliances, mais également faire le deuil de certaines amitiés…

Bilan: On se trouve donc face à un tome de transition en ce qui concerne l’intrigue principale, mais un tome au combien intéressant pour les relations entre les personnages ! J’ai déjà hâte de retrouver ce benêt de Fitz !

Note: 8.5/10