Le Combat d’Hiver, de Jean-Claude Mourlevat

Résumé: Le combat d’hiver est celui de quatre adolescents, évadés de leur orphelinat-prison, pour reprendre la lutte perdue par leurs parents, quinze ans plus tôt. Ont-ils la moindre chance d’échapper aux terribles « hommes-chiens » lancés à leur poursuite dans les montagnes glacées? Pourront-ils compter sur l’aide généreuse du « peuple-cheval »? Survivront-ils à la barbarie des jeux du cirque réinventés par la Phalange? Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, est de ceux qu’on dit perdus d’avance. Et pourtant.

Mon avis: Je vais être cash : je suis passée à côté de cette lecture. J’avais déjà lu Terrienne de JC Mourlevat que j’avais adoré, pourtant je n’ai pas retrouvé sa jolie plume ici. Et puis pour être honnête, je me suis un peu ennuyée, et je ne me suis pas franchement attachée aux personnages !

Ce qui n’a pas marché avec moi, je pense que ce sont les personnages. Je les ai trouvés trop plats et sans personnalité. On leur attribue des qualificatifs (courage, intrépidité) mais ça ne s’en ressent pas forcément au cours du roman. Ils agissent tous un peu de la même manière, ce qui rend leurs actions assez prévisibles. Le personnage principal d’Helen aurait pu me plaire, car c’est une adolescente plutôt en retrait par rapport à son éblouissante meilleure amie, plus calme même si elle va se rebeller par la suite. Toutefois j’ai trouvé qu’il manquait trop profondeur au personnage pour le rendre vraiment intéressant. Il en est de même pour Milena, qui promettait pourtant d’être intrigante. Au final, sa personnalité reste trop lisse.

Pour ce qui est des deux garçons, Milos est celui qui m’a le plus marqué positivement. Bon certes, à part être gentil, il n’est pas grand-chose d’autre mais ce qui lui arrive est la seule chose qui m’ait réellement plu dans le roman. Bartoloméo est quant à lui trop éclipsé pour qu’on s’y attache vraiment.

Et puis en toute honnêteté, les personnages sont censés avoir quoi, 17/18 ans ? Mais j’ai trouvé qu’ils avaient le comportement d’enfants de 12 ans… La relation Milos – Helen est trop rapide, presque risible. Quoi ? Vous êtes déjà amoureux à la fin du premier chapitre alors que vous venez à peine de vous rencontrer ?

Le style de Mourlevat, bien que pas aussi poétique que dans mes souvenirs, demeure néanmoins agréable et fluide. Il conviendra sans nul doute à un public assez jeune qui veut lire un texte de qualité. Ceci dit je l’ai trouvé un peu trop dénué de « sentiments », sans doute parce que je n’ai pas été touchée par les scènes tristes…

Ce qui est intéressant dans Le Combat d’Hiver, c’est le mix entre réalité et fantastique qu’on y trouve. J’adhère plutôt bien à cet univers, où on parvient sans peine à s’imaginer les hommes-chiens ou les hommes-chevaux. Le tout est relativement bien expliqué, mais il me reste un arrière-goût de « trop peu » en bouche. Certaines zones d’ombre ne sont jamais évoquées, ce qui rend l’univers lui aussi trop survolé. On suit les personnages dans des aventures qui nous dépassent et dans un monde dont on sait trop peu de choses. La trame de fond n’est donc pas assez exploitée pour moi.

J’ai souvent vu dans les chroniques que l’histoire s’essoufflait dans les 50 dernières pages. Pour moi, elle n’a simplement jamais su décoller ! Elle est restée plate tout du long, en dépit de quelques actions qui nous faisaient espérer un regain de rythme. Mais non. Après, cela redevenait plat (et ennuyant), avec des scènes assez futiles parfois. Le roman est en soi assez sombre, ce qui est un bon point pour moi. Pourtant, Mourlevat n’est pas parvenue à me toucher ni à m’émouvoir, tant je ne m’étais pas prise d’affection pour les protagonistes principaux. La fin arriva donc comme une délivrance pour moi, qui ait tenu bon jusqu’à présent ! J’espérais sans cesse un peu d’action pour aiguiser mon intérêt mais celui-ci est resté au point mort.

Bilan: Vous l’aurez donc compris, je n’ai pas franchement aimé cette lecture ! Ceci dit, un avis comme le mien est assez rare sur la toile, je vous recommande donc d’aller en lire d’autres beaucoup plus positifs !

Note: 5/10 (parce que je ne veux pas être trop méchante)

Gone, tome 3: Mensonges, de Michael Grant

Résumé: Cela fait six mois que tous les adultes ont disparu de Perdido Beach. Six mois, que les enfants errent dans les rues, abandonnés, tenaillés par la faim, assoiffés d’un profond désir de vengeance. Six mois qu’une bulle surnaturelle les coupe du reste du monde.
Jusqu’au jour où les rumeurs les plus folles circulent, propagées par Orsay qui se proclame «Prophétesse». Elle affirme que la mort est le seul moyen de quitter la Zone. Désormais les enfants ne songent qu’à une chose : fuir. Mais sont-ils assez désespérés pour croire que seule la mort les délivrera ?

Mon avis : Je n’ai pas attendue très longtemps avant de lire ce tome 3, tellement j’étais prise par l’univers et les personnages ! Gone est très addictif et se révèle être meilleur de tome en tome. En tout cas, Mensonges ne m’a pas déçue, c’est pour moi le plus abouti jusqu’à maintenant.

La faim règne toujours sur Perdido Beach, pourtant les enfants vivent plus sereinement. Sam, qui s’était allié à Caine, est parvenu à mettre un terme à l’Ombre, Quinn et Albert ont mis en place un commerce et un Conseil s’est formé pour régler les problèmes au sein de la petite communauté. Pourtant les soucis ne sont jamais très loin : Orphey se proclame Prophétesse et déclare que la mort est le seul moyen de quitter la Zone. De son côté, Zil et sa bande sèment la terreur parmi les Mutants. Non loin de là, le groupe de Caine est de plus en plus affaibli et affamé. Caine doit rassembler ses dernières forces pour trouver une solution.

Pour ce qui est des personnages, Sam est moins présent dans ce tome-ci. Il ne fait que quelques apparitions, mais ces dernières nous laissent entrevoir de nouvelles facettes de sa personnalité. Sam n’en peut clairement plus de toutes ses responsabilités, sa relation avec Astrid se détériore mais surtout, il ne peut oublier ce que lui a fait endurer Drake à la centrale. On découvre un nouveau Sam angoissé, perdu et totalement obsédé par Drake. Une certaine folie s’empare de lui, et de voir son personnage trop parfait un peu sali dans ce tome 3 ça m’a franchement plu !

Astrid, quant à elle, m’a assez gonflée. Elle a tendance à prendre les gens de haut, à mépriser ceux qui ne pensent pas comme elle, et certains de ses comportements m’ont profondément choquée !

Les personnages qui remportent mon adhésion la plus totale sont Caine et Diana. Ils ne cessent d’évoluer, de gagner en complexité et leur relation s’en ressent. En tout cas, j’étais vraiment impatiente de retrouver leur point de vue à chaque fois ! Je suis curieuse de voir quelle direction va prendre la suite de leur histoire…

De nouveaux protagonistes apparaissent, au profit d’autres qui sont quasi éclipsés. J’ai regretté l’absence totale de Jake, Lana et Brianna, mais l’auteur nous présente un nouveau personnage étonnant et qui promet d’être très intéressant : Sanjit. Sa personnalité m’a bien plu, il n’a peur de rien et je suis curieuse de voir son futur rôle au sein de Perdido Beach.

L’intrigue en général n’évolue pas beaucoup en ce qui concerne les mystères qui entourent le Gaïaphage. On se questionne toujours autant sur ses motivations et sur l’origine de la Zone. Toutefois, on sent que l’Ombre se cache derrière certains personnages, qu’elle agit dans l’ombre (sans mauvais jeu de mot) et qu’elle manipule les enfants de Perdido Beach.

Dans ce livre 3, Michael Grant va davantage se concentrer sur les tensions au sein des groupes, notamment entre Humains et Mutants. Les  enfants se déchirent, s’entretuent pour des valeurs qui les dépassent, et cela créé une ambiance vraiment oppressante où personne ne se sent plus en sécurité. En toute honnêteté, j’ai trouvé que ce tome-ci était le plus glauque de tous ! Certains passages sont absolument ignobles, ce qui ne fait que renforcer ce que je disais précédemment : cette série n’est pas faite pour les âmes sensibles ! Le seul petit point sombre de ce récit ? Je dirai que l’intrigue avec Drake s’essouffle, il a fait son temps pour moi et aura du mal à se renouveler pour la suite…

En tout cas, je rage de ne pas avoir le tome 4 sous la main, surtout avec un tel final! Cette saga devient de plus en plus prenante : une fois commencée il devient difficile de s’en défaire et d’oublier de tels personnages. Vivement la suite !

Bilan: Un tome plus sombre et plus imprévisible encore que ces prédécesseurs, mais aussi plus complexe et plus travaillé. Michael Grant nous offre de beaux moments de frissons, j’ai plus que hâte de découvrir la suite !

Note: 8.5/10

Gone, tome 2: La Faim, de Michael Grant

Résumé: À Perdido Beach, les enfants vivent depuis trois mois sans adultes, piégés à l’intérieur de la Zone. La famine menace, les dissensions éclatent et surtout, une créature inquiétante se réveille. Et elle a faim…
Cela fait trois mois que les enfants de la petite ville californienne de Perdido Beach sont piégés dans une bulle qu’ils ont baptisée la Zone. Trois mois que tous les habitants de plus de 15 ans ont disparu. La nourriture commence à manquer, la famine s’annonce et personne n’a de solution.
Bientôt des dissensions éclatent entre les « mutants », qui développent des pouvoirs surnaturels, et les « normaux ». Le chaos s’installe en ville.
Sans compter qu’un danger bien plus terrible menace les habitants de la Zone. L’Ombre, une créature inquiétante terrée dans les collines, appelle ses serviteurs. Elle s’est réveillée. Et elle a faim.

Mon avis : Avant la reprise de la fac, j’avais envie d’une petite lecture sympatoche et pas prise de tête. Alors forcément, j’ai pensé à la suite de Gone ! Malgré quelques petits défauts, le premier tome avait été une très bonne lecture, détente et prenante à la fois. Et La Faim est dans la même veine, mais en mieux !

Voilà désormais trois mois que la Zone est apparue et que tous les adultes ont disparu. Sam, le leader du groupe de Perdido Beach, est désemparé. Il peine à maintenir l’ordre parmi les enfants qui deviennent de plus en plus virulents contre ceux qui développent des capacités hors-normes, mais surtout il ne sait pas comment gérer la terrible famine qui s’annonce. Un peu plus loin, au pensionnat Coates, Caine n’est pas au top de sa forme. Il ne s’est toujours pas remis de sa rencontre avec l’Ombre, cette étrange créature qui semble avoir besoin de son aide…

Dès les premières lignes, on replonge dans l’univers comme si on ne l’avait jamais quitté, et je dois dire que c’est un vrai plaisir de retrouver les personnages de Gone ! Michael Grant va une fois de plus mettre en scène une palette considérable de protagonistes. On retrouve ceux que l’on connaissait déjà, mais on en découvre de nouveaux également. Ceci dit, il y en a tellement que certains paraissent quelque peu superflus…

Sam, dans cette suite, est bien différent du Sam combattif et courageux que l’on a connu dans le premier tome. Il se décourage assez facilement dès le premier obstacle, on sent clairement que son rôle lui pèse et qu’il n’a peut-être pas l’étoffe d’un leader. Je comprends tout à fait ce que l’adolescent peut ressentir, mais je regrette l’aspect trop « chouinard » de son évolution qui m’a un peu agacé.

Caine, quant à lui, évolue beaucoup également. Sa rencontre avec le Gaïaphage l’a profondément bouleversé, et ce nouveau Caine blessé et un peu perdu m’a séduite. Bon certes, il va reprendre du poil de la bête, mais ses faiblesses et ses défauts nous le rendent plus sympathique (bien que j’aimais déjà énormément le personnage de Caine).

Dans La Faim, des conflits apparaissent, les esprits s’échauffent, et cela va rendre le tout beaucoup moins manichéen. Si avant Sam, Astrid et tous leurs amis étaient « les gentils », on va leur découvrir certaines zones d’ombre ! Pour ce qui est de Caine, Diana et des autres, ils m’ont paru moins « méchants ». Le travail de Michael Grant commence à porter ses fruits, car on sent que les personnalités se complexifient : les personnages ne sont plus aussi simples qu’avant !

L’écriture de Grant est toujours aussi agréable à lire. Il possède une plume fluide, adaptée au public visé (dès 13 ans, je dirais) tout en étant assez travaillée pour plaire aux plus vieux. Ce roman jeunesse ne l’est donc pas tant que ça, surtout que certaines descriptions sont vraiment dérangeantes et gores ! Un roman tout public en somme, mais pas pour les plus jeunes en raison de scènes plutôt dures.

Pour ce qui est de l’évolution de l’intrigue, alors là ça se complexifie également ! Sam doit faire face à de nombreux problèmes dans ce tome que ce soit vis-à-vis de la famine qui approche ou encore des conflits entre mutants et humains. J’ai trouvé les relations humaines très réalistes, c’est sans nul doute ainsi que cela se passerait si un dôme surgissait du jour au lendemain. En ce qui concerne l’Ombre, le Gaïaphage, et tout ça, on avance à tâtons. Si certains éléments éclatent au grand jour, d’autres questions restent sans réponse. C’est frustrant, mais d’un autre côté ça donne vraiment envie d’en savoir plus !

Globalement j’ai trouvé ce tome 2 plus sombre et plus stressant. Il y a beaucoup de situations à suspense où des personnages sont à deux doigts de calancher, et également beaucoup d’action. Si certains personnages paraissent encore inutiles ou sont trop peu développés pour qu’on s’y intéresse vraiment (Hunter, Duck, Brittney…), les autres commencent sérieusement à me plaire (Caine, Lana, Diana, Quinn) ! J’ai donc plus qu’envie de me jeter sur la suite, qui promet d’être très intéressante que ce soit au niveau de l’Ombre ou bien de la relation entre les personnages qui risquent d’évoluer dans une direction assez inattendue.

Bilan: Un deuxième volume plus sombre, qui met en scène des personnages plus travaillés. L’intrigue se complexifie et les relations entre les différents protagonistes s’intensifient. Pour conclure, il s’agit donc d’une lecture addictive que je vous recommande fortement !

Note: 8/10

Bilan#19: Juillet & Août 2016

Mon podium:

podium juillet aout

1. Dites aux loups que je suis chez moi, de Carol Rifka Brunt

2. Les Chroniques Lunaires, tome 4: Winter, de Marissa Meyer

3. Red Rising, tome 3: Morning Star de Pierce Brown

J’ai aimé:

                                        

 

J’ai été déçue par:

 

Conclusion:

Un superbe bilan dont je suis fière ! Je n’ai eu qu’une petite déception au cours de ces deux mois de vacances, mais franchement De Force n’est pas non plus une lecture que j’ai détestée ! C’est seulement que Karine Giebel m’a habituée à bien mieux…

En tout cas, j’ai réussi mon pari de terminer la saga de L’Assassin Royal, et c’est même avec le cœur lourd que je dois quitter Fitz et ses amis😦 Je pense malgré tout attendre quelques temps avant de me lancer dans le nouveau cycle écrit par Robin Hobb.

J’ai également eu l’occasion de terminer deux autres sagas: Les Chroniques Lunaires et Red Rising. En tout cas, je ne suis pas prête d’oublier ces deux derniers tomes qui m’ont éblouis! Les personnages vont aussi cruellement me manquer… Je vous les recommande chaudement en tout cas ♥

J’ai lu pas mal de thrillers au cours de ces deux mois, mais ceux que je retiendrai plus que les autres sont sans nul doute Le Passager de JC Grangé où on ne s’ennuie pas une seconde et Les Visages de Jesse Kellerman dont l’ambiance étrange m’a conquise.

Bon, il n’y a que trois places sur le podium et pourtant, Elia La passeuse d’âmes aurait pu s’y trouver ! Ce premier tome n’est pas un coup de cœur mais j’ai vraiment A-DO-RE ! J’ai plus que hâte de lire la suite… Il en est de même pour Hush Hush, cette saga qui ne payait pourtant pas de mine au départ.

Ceci dit, la lecture qui m’a vraiment marquée c’est Dites aux loups que je suis chez moi. C’est un énorme coup de cœur, et c’est sans aucun doute ma meilleure lecture de 2016 jusqu’à présent. Pfiouu… Il m’a vraiment chamboulée !

Pour ces prochains mois de lecture, je dois dire que je suis assez excitée ! Je me suis prévue un bon petit programme avec le dernier tome de Ma Raison de Vivre, la suite de Gone, le premier tome de I Hunt Killers, etc… Mais surtout: LE TOME 2 D’UNE BRAISE SOUS LA CENDRE !!!! Je l’attends depuis très longtemps celui-là, et j’ai plus que hâte d’être le 6 octobre pour pouvoir le dévorer ! J’ai également vu que Tahereh Mafi (l’auteure d’Insaisissable) avait sorti un nouveau livre. Il ne me tente pas plus que cela, mais je suis curieuse de la lire dans un autre genre ^^

Je vous donne donc rendez-vous pour le prochain bilan, en espérant qu’il soit bon ! En attendant, je vous souhaite d’excellentes lectures !

Red Rising, tome 3: Morning Star, de Pierce Brown

Résumé: « JE SUIS LE FAUCHEUR. JE CONNAIS LA DOULEUR. JE CONNAIS LES TÉNÈBRES. CE N’EST QUE LE DÉBUT. »

Darrow aurait voulu vivre en paix. Ses ennemis l’ont jeté dans la guerre. Darrow s’est élevé parmi les puissants qui dirigent la Société pour mieux préparer sa révolution. À présent, la fin du règne tyrannique des Ors a enfin sonné.
Malgré les doutes qui l’assaillent, malgré les anciens amis qu’il va devoir affronter aux quatre coins du Système solaire, Darrow est plus que jamais déterminé à briser les chaînes… 

Mon avis: Red Rising est une trilogie un peu particulière pour moi. J’étais presque persuadée de ne pas accrocher, à cause des quelques mauvaises critiques du premier volume. Pourtant, Pierce Brown a su me captiver. Je suis rapidement tombée sous le charme de Darrow, de son univers, etc… J’avais beau placé la barre toujours haut, l’auteur relevait tous mes défis, si bien que Golden Son avait été un coup de cœur. Alors forcément, j’attendais énormément de ce tome 3. Mais je ne suis guère étonnée de voir que Pierce Brown a surpassé toutes mes attentes… Ce tome 3 est encore un coup de cœur!

Une fois le roman refermé, ce qui me frappe en premier lieu c’est à quel point les personnages sont très travaillés. Chacun possède une personnalité complexe et tous les protagonistes ont connu une évolution constante, à commencer par Darrow. Dans ce tome 3, on le retrouve brisé par les mauvais traitements que lui a infligés le Chacal. Il va se battre pour retrouver son humanité et ce nouveau Darrow m’a conquise. Désormais il possède de plus grandes responsabilités et pourtant il garde la tête sur les épaules. C’est un héros passionnant à suivre : il fait des choix difficiles mais reste fidèle à ses convictions. Il est l’un des meilleurs héros masculins qu’il m’ait été donnée de suivre.

Mustang, quant à elle, est flamboyante dans ce tome. Elle a toujours été quelque peu mystérieuse, pourtant elle va se dévoiler dans ce dernier volume. On découvre de nouvelles facettes de la jeune Or, qui la rendent encore plus complexe et fascinante.

On retrouve également d’autres personnages ambigus comme Roque et Cassius, et j’ai adoré ce qu’en a fait l’auteur. Ils vont emprunter des chemins très différents de ceux qui leur étaient destinés dans le premier volume. Leur évolution est fantastique, captivante et ils resteront deux personnages forts du roman, indispensables à la construction de la personnalité de Darrow.

Mais dans ce tome, c’est vraiment Sevro et Victra qui m’ont éblouis. Comment ne pas tomber sous le charme de ces deux zigotos ? Sevro est toujours aussi vulgaire, brut de décoffrage, puant et moche. C’est un des protagonistes les plus fêlés, les plus décalés mais il ajoute un charme énorme au roman ! Victra, quant à elle, est brutale, sanglante et détonne aux côtés de Darrow. Je redoutais un peu ce personnage, mais elle a clairement su me séduire dans Morning Star.

Le style de l’auteur est vif, dur et direct. Pierce Brown ne prend pas de gants, et c’est ce que j’aime chez lui. Sa plume est fidèle aux personnages, et en particulier à Darrow. Il ne s’embarrasse pas de métaphores, il ne prend jamais de pincettes pour dire les choses mais ça ne l’empêche pas de provoquer des émotions très fortes.

Dans Morning Star, plus que dans ses deux prédécesseurs, il y a beaucoup d’action. Et quelle action !!! J’en tremble encore ! Pierce Brown donne le rythme dès le départ, et on sent que ce tome sera plein de suspense, de rebondissements, de batailles épiques, mais également de morts. Les enjeux sont énormes, il ne s’agit plus uniquement de la libération des Rouges et de Mars. Dans Morning Star, l’enjeu est interplanétaire. Ça effraie, ça fout les jetons mais franchement c’est le meilleur des trois volumes ! Pierce Brown nous offre des moments très intenses, que ce soit par le biais des scènes de combat ou au travers des discussions entre Darrow et d’autres protagonistes. Certains passages m’ont énormément émue et j’en ai versé ma larme. C’est dur d’en parler sans spoiler, mais certains chapitres étaient emplis d’électricité, d’intensité… Ça va être dur de passer à autre chose après ça !

Pfiou… Pierce Brown a fait du très très bon travail, et je pèse mes mots. Red Rising était déjà très bon, Golden Son l’était encore plus mais Morning Star, c’est l’apothéose. Pas une zone d’ombres, pas le moindre petit point noir… Pierce Brown conclue à merveille sa trilogie. Il apporte une fin cohérente et logique, mais parfois déchirante, à ses personnages et une fin plus « floue » à son univers. Il ne dit pas clairement ce qu’il va se passer par la suite, même si on le devine assez facilement. On sent qu’il en garde encore sous le coude pour sa prochaine trilogie : Iron Gold. J’ai vraiment hâte de l’avoir entre les mains. En attendant, il va falloir que je m’arme de patience !

Bilan: Une trilogie qui se bonifie au fil des tomes ! Pierce Brown est parvenu à créer des personnages sensationnels qui resteront longtemps dans mon cœur, et un univers tout en nuances et très complexe. Morning Star est une pure réussite !

Note: 10/10

Une Putain d’Histoire, de Bernard Minier

Résumé:  Une île boisée au large de Seattle… « Au commencement est la peur. La peur de se noyer. La peur des autres, ceux qui me détestent, ceux qui veulent ma peau. Autant vous le dire tout de suite : Ce n’est pas une histoire banale. Ça non. c’est une putain d’histoire. Ouais, une putain d’histoire… « 

Mon avis : J’ai toujours été fortement tentée par les livres de Bernard Minier. J’ai déjà Glacé dans ma PAL, pourtant c’est Une Putain d’Histoire que j’ai eu envie de lire en premier. Le titre intrigue forcément, et le résumé me semblait prometteur. En tout cas je ne regrette surtout pas mon choix, j’ai passé un très bon moment de lecture !

Henry vit avec ses deux mères adoptives sur la petite île de Glass Island, là où tout le monde se côtoie et connaît les secrets les plus intimes de chacun. L’adolescent mène une vie plutôt calme, entre le lycée et ses meilleurs amis, mais son quotidien va être totalement chamboulé lorsque sa petite amie va être retrouvée assassinée. Rapidement, les soupçons vont se tourner vers le jeune Henry et des rumeurs vont commencer à se faire entendre…

Dès les premiers instants, on est oppressé par l’ambiance intimiste de l’île. Tout le monde se connait, chacun épie son voisin… L’atmosphère est très malsaine et dérangeante ! Bernard Minier nous plonge dans un monde de secrets et de non-dits tout à fait passionnant. Pour moi, c’est vraiment cette ambiance mystique et oppressante qui fait le charme du roman.

Ensuite, je suis plus partagée en ce qui concerne la construction du livre. Il alterne le point de vue à la première personne d’Henry, et celui d’autres personnages. J’étais clairement plus intéressée par ceux d’Henry. Je pense que les autres sont trop nombreux et cassent un peu le rythme d’Une Putain d’Histoire. S’ils avaient été plus dispersés, je les aurai sans nul doute plus appréciés.

Pour ce qui est des personnages, je suis tombée sous le charme d’Henry. C’est un adolescent, donc forcément il agit comme tel. C’est plutôt rare de se retrouver face à un protagoniste aussi jeune dans ce type de récit, mais c’est étrangement rafraichissant ! Henry possède une grande curiosité et une témérité hors norme, ce qui fait qu’on ne s’ennuie pas à ses côtés.

Les personnages secondaires possèdent quant à eux une personnalité toute aussi travaillée que celle d’Henry. Charlie, l’ami de ce dernier, m’a beaucoup amusée. En ce qui concerne les autres protagonistes, ils sont plus difficiles à cerner. L’atmosphère sombre qui règne sur Glass Island nous pousse à être suspicieux envers eux et à douter de leur honnêteté !

La plume de Bernard Minier est vraiment topissime. Il a su s’adapter à l’âge de son héros, en employant un langage approprié. Par contre son style se métamorphose lorsqu’il enchaine avec les points de vue d’autres protagonistes ! Bernard Minier est un vrai caméléon, et a su jouer avec brio sur tous les tableaux.

L’intrigue de base peut paraître simple, pourtant plus on avance dans notre lecture plus on se rend compte que l’on se trouve face à une putain d’histoire ! Un roman n’a jamais aussi bien porté son titre ! L’histoire se complexifiait au fur et à mesure que les pages se tournaient, les rebondissements s’accumulaient et le peu d’éléments que l’on parvenait à rassembler ne faisaient que nous perdre encore plus ! Bernard Minier aime jouer avec les nerfs de son lecteur, et ce dernier aime se faire berner de la sorte ! Car oui, oui je me suis bien faite avoir… Lorsque la fin arrive c’est une vraie claque ! Tous les éléments s’emboitent, et lorsque l’on connait enfin la vérité, on reste sous le choc. Impossible de s’attendre à une telle chute ! En tout cas, j’ai trouvé la fin particulièrement exquise et elle fait presque la réussite du roman à elle seule. J’ai adoré !

Bilan: En dépit de quelques petites longueurs, Une Putain d’Histoire reste un thriller à l’ambiance oppressante, avec des personnages tous plus suspects les uns que les autres et qui nous offre un final époustouflant ! A lire !

Note: 7.5/10

Les Visages, de Jesse Kellerman

Résumé: Lorsque Ethan Muller met la main sur une série de dessins d’une qualité exceptionnelle, il sait qu’il va enfin pouvoir se faire un nom dans l’univers impitoyable des marchands d’art. Leur mystérieux auteur, Victor Crack, a disparu corps et âme, après avoir vécu reclus près de quarante ans dans une maison délabrée. Dès que les dessins sont rendus publics, la critique est unanime : c’est le travail d’un génie. Mais les ennuis commencent lorsqu’un flic à la retraite reconnaît sur certains portraits les visages d’enfants victimes des années plus tôt d’un mystérieux tueur en série. Ethan va alors se lancer dans une enquête qui va bien vite virer à l’obsession.

Mon avis : Ça fait deux ans que Les Visages prend la poussière dans ma PAL. Je l’avais acheté sur un coup de tête dans une boutique de seconde main, puis je suis rentrée observer les avis sur le net et là, c’est la douche froide. Les avis positifs sont peu nombreux, les lecteurs déclarent unanimement que ce n’est en réalité pas un thriller, etc… Ce qui fait que j’avais perdu toute envie de le lire ! Me revoilà donc quelques années après, redécouvrant presque ce livre dans ma bibliothèque et décidant enfin de lui laisser sa chance. Et au final… j’ai adoré !

Ethan Muller, marchand d’art trentenaire, est un jour appelé par un ami de son père. Ce dernier vient de découvrir des cartons entiers remplis de dessins étranges et perturbants. Ethan est immédiatement fasciné par ces œuvres et décide de les exposer dans sa galerie. Si ces dessins charment la plupart des amateurs d’art, Ethan est conscient qu’elles ne peuvent être que l’œuvre d’un être dérangé. Alors quand un flic retraité prend contact avec lui parce qu’il pense reconnaitre les portraits d’enfants assassinés, Ethan doute. Et si son artiste de génie était en réalité un tueur d’enfants ?

Tout d’abord, je tiens à dire que je suis tout à fait d’accord avec les lecteurs qui trouvent que ce roman n’est pas un thriller, ni un polar. Je ne sais pas ce que peut bien être Les Visages, mais en tout cas son ambiance est pesante, glauque, presque malsaine et c’est vraiment ce qui m’a plu et charmée. Dès le départ, on sent la grande influence que prendra l’art dans ce roman et Jesse Kellerman n’hésite pas à en faire l’étalage. Pour ma part, je dois reconnaitre que c’est un domaine qui me plait beaucoup donc j’ai vraiment adoré ce « thriller artistique », si je puis dire. Par contre ceux qui ne s’y intéressent pas risquent de trouver certains passages assez ennuyants.

Pour ce qui est des personnages, j’ai très vite eu un certain intérêt pour Ethan. C’est un narrateur particulier qui nous prévient dès les premières lignes qu’il n’a rien d’un héros, qu’il est narcissique et franchement intéressé par la gloire ! J’ai aimé cette franchise : on est face à un personnage entier, direct et honnête. Ceci dit plus les pages se tournaient et plus je le trouvais attachant, complexe et torturé. En somme, j’ai adoré Ethan ! C’est un narrateur avec lequel on ne s’ennuie pas, il mène une vie particulière avec des personnes qui le sont tout autant.

En ce qui concerne les personnages secondaires, Jesse Kellerman a fait un excellent travail. Si certains n’ont absolument rien avoir avec la trame centrale du roman, ils n’en restent pas moins très travaillés (je pense notamment à Marylin). Samantha et son père Lee sont à l’opposé du monde où évolue Ethan, et sont des personnages plus « communs et normaux ». Ils apportent un contraste assez intéressant par rapport au héros si particulier.

La plume de Jesse Kellerman est vraiment délicieuse. Il y a assez peu d’action, et si certains passages auraient pu être barbants, je ne me suis pas ennuyée du tout ! Il possède un style bien à lui, fluide, agréable, tantôt doux tantôt acide.

Ce qui fait tout le charme des Visages, c’est l’alternance entre le présent et le passé. J’ai remarqué que beaucoup avaient trouvé les chapitres se déroulant dans le passé inutiles et ennuyants, mais je les ai trouvés au contraire très intéressants, voire indispensables à l’évolution de l’histoire ! On y apprend énormément de choses que ce soit sur le mystérieux Victor Cracke ou sur la famille d’Ethan. Les révélations finales m’ont assez surprise (je ne m’attendais pas à ça !) et j’ai trouvé la conclusion du roman parfaite !

Pour pleinement apprécier ce livre, je pense que l’on doit accepter d’évoluer lentement. Il ne faut pas s’attendre à avoir du sang et de l’action, ni même une enquête acharnée. Je sais que ce n’est pas très vendeur dis comme ça, mais franchement j’ai adoré ! Ce roman est d’une noirceur remarquable, et je pense qu’il vaut le détour. En tout cas, je m’attaquerai à un autre roman de Jesse Kellerman, c’est certain !

Bilan: Un roman addictif et sombre qui met en scène des personnages à la psychologie complexe, avec en toile de fond le monde de l’art. Passionnant !

Note: 8.5/10