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Everything, Everything, de Nicola Yoon

Résumé : Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

Mon avis : Everything, everything ne m’avait jusqu’alors jamais tentée. Il faut dire que je fuis un peu comme la peste ce genre de récit, avec des adolescents malades, car ils finissent par tous se ressembler. Mais comme ma sœur me l’a offert pour mon anniversaire, eh bien… Je l’ai lu ! Et c’est un franc succès, j’ai adoré !

Je tiens rapidement à mettre les choses au clair : Everything, everything n’est pas un ersatz de Nos étoiles contraires, il est très différent par bien des aspects. Son originalité et en même temps sa franche simplicité ont fait qu’on n’est pas passé loin d’un petit coup de cœur !

Le gros point fort du roman, c’est Madeline la narratrice. La jeune adolescente est contrainte de demeurer à son domicile, et ne peut en sortir sous aucun prétexte au risque de mettre sa vie en danger. Malgré sa maladie qui l’oblige à vivre recluse chez elle, c’est une jeune fille vive et pleine d’énergie, qui croque la vie à pleines dents. J’ai adoré lire ce roman de son point de vue, car sa voix est à la fois touchante et amusante. Maddy est un vrai petit rayon de soleil. Le personnage d’Olly est tout aussi intéressant. Très vite, j’ai été intriguée par le jeune homme et son histoire, et on s’attache très facilement à lui.

La relation entre les deux protagonistes est plus qu’agréable à suivre. On observe les deux adolescents se découvrir, s’apprivoiser et évoluer malgré la barrière que forme la maladie de Maddy. Ces deux-là m’ont fait passer un excellent moment ! Si Maddy est atteinte de la maladie dite de l’enfant-bulle, j’avais moi aussi l’impression d’évoluer dans une sorte de bulle à leurs côtés. Nicola Yoon est donc parvenue à me captiver du début à la fin, et je tournais les pages sans même m’en rendre compte. Le fait d’être totalement immergée dans le roman m’a fait sentir plus proche des personnages. J’ai adoré cette proximité !

Toutefois, ce roman n’est pas uniquement l’histoire d’un premier amour. C’est aussi le récit d’une jeune fille éprise de liberté, qui veut voir le monde, bouger, s’amuser, respirer, bref… qui veut vivre. La relation entre Maddy et sa mère est aussi très bien développée. On sent les sacrifices que chacune a dû faire pour le bien de l’autre, et leur complicité est très attendrissante.

Les chapitres d’Everything, everything sont très courts, ce qui donne extrêmement de rythme au livre. Les nombreux schémas et dessins apportent une touche de fraîcheur, d’humour et d’originalité bienvenue. L’intrigue est somme toute assez simple, et pourtant l’histoire va prendre une tournure plus sombre à un moment clé du roman. J’ai été assez étonnée par certains rebondissements (même si certains m’avaient traversée l’esprit). Ce qui fait que ce roman n’est pas un coup de cœur, c’est justement à ce sujet. Certains rebondissements auraient mérité d’être davantage développés. J’aurais souhaité que l’auteure s’appesantisse sur des sujets très graves et importants. Ce manque d’approfondissement a fait que j’ai malheureusement trouvé la fin trop précipitée ! Je n’aurais pas été contre 50 pages de plus, dommage !

Bilan : Un roman addictif avec des personnages attachants et des rebondissements qui surprennent le lecteur. A lire !

Le Sel de Nos Larmes, de Ruta Sepetys

Résumé: Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées. Chacun né dans un pays différent. Chacun traqué et hanté par sa propre guerre. Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l’avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes… Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhem Gustloff, un énorme navire promesse de liberté…

Mon avis : C’est avec beaucoup d’impatience que j’attendais la sortie du Sel de nos larmes de Ruta Sepetys. Si je m’attendais à être très émue par ce roman, je suis restée étrangement hermétique tout au long de cette lecture… Attention, je ne dis pas que je n’ai pas aimé ! C’est une lecture vraiment bonne, et très importante au vu des faits qui y sont rapportés, mais je m’attendais vraiment à mieux…

Je tiens tout d’abord à tirer mon chapeau pour cette superbe couverture, qui donne très envie de lire le roman mais qui rend aussi plutôt hommage au récit. Vraiment je l’adore !

Mais bon, revenons-en au contenu. Et quel contenu ! Je suis soufflée par le travail colossal réalisé par Ruta Sepetys qui a rassemblé une quantité impressionnante de témoignages et qui a réalisé un vrai travail de documentation. J’ai particulièrement apprécié la postface de l’auteure, qui nous permet de nous rendre compte à quel point le chemin pour parvenir à l’écriture de ce livre fut long et laborieux. Je tiens vraiment à féliciter l’auteure qui nous sert donc un récit réaliste, conforme à la triste réalité et qui a eu le courage de nous présenter une tragédie encore méconnue de tous. Je trouve ça absolument hallucinant qu’un tel naufrage ayant fait un nombre si grand de victimes soit passé à la trappe de l’Histoire ! C’est rassurant de savoir qu’un grand nombre de lecteurs prendra connaissance du terrible naufrage du Wilhelm Gustloff, et s’en souviendra. En tout cas, ça m’a donnée envie de me documenter !

Sans vouloir dénigrer son travail, j’ai trouvé que la narration ne fonctionnait pas du tout. Je pense que l’alternation des points de vue était bien trop rapide. Chaque chapitre se concentre sur un personnage, mais chaque chapitre fait seulement une, deux, voire trois pages pour les plus longs ! Le Sel de Nos Larmes se lit donc extrêmement vite, mais on a à peine le temps d’être avec un personnage que l’on doit déjà s’en séparer pour passer au suivant. Chaque action en cours est donc interrompue de façon intempestive ce qui perturbait la dynamique du roman.

Pour ce qui est des personnages, on suit trois jeunes adultes et une jeune fille de quinze ans. Chacun d’entre eux dissimulent quelque chose, un fait, une action qu’il nous faudra découvrir au fur et à mesure de notre lecture. Joana, l’infirmière Lituanienne, m’a particulièrement séduite. J’ai vraiment aimé sa personnalité forte et déterminée, sans cesse prête à aider les autres. C’est le personnage qui est le plus fort en apparence, mais elle cache des failles profondes et on se questionne sur certaines zones d’ombre de son passé. Florian est également un personnage que j’ai adoré. Il est mystérieux, tente de garder ses distances, et pourtant chaque rencontre va le façonner et le changer à jamais. Florian entretient une relation particulièrement avec chacun des personnages, mais celle qui m’a le plus touchée est sans aucun doute celle qu’il entretient avec la jeune Polonaise, Emilia. Cette dernière est très jeune, très enfantine et détonne avec les horreurs de la guerre. On a envie de la protéger de tout ça et de garder son innocence. Le seul personnage qui ne m’a pas convaincu est Alfred. Pas seulement parce qu’il s’agit d’un jeune nazi, mais parce que j’ai trouvé son traitement assez mauvais. Je pense qu’il y avait matière à faire autre chose avec ce personnage tout en gardant son passé et ses pensées. J’ai trouvé ses chapitres particulièrement décousus et ennuyants.

Le rythme du roman est perturbé par des chapitres trop courts, mais on entre malgré tout dans une lecture qui reste addictive. Il était très difficile pour moi de reposer le livre une fois commencé ! En tout cas, on suit avec plaisir, et effroi, le périple de ces jeunes gens et des personnes qui les accompagnent. Je n’ai pas été très émue durant ma lecture, sans doute à cause d’une écriture un peu trop froide à mon goût. Certes l’auteure n’est pas là pour nous offrir une histoire larmoyante, mais j’avoue que je me suis presque sentie inhumaine et anormale de ne pas avoir versé ma petite larme… Une autre chose m’a déçue : le dénouement ! En soi, j’ai adoré la fin, la conclusion que nous livrait Ruta Sepetys, dure et belle à la fois mais je l’ai trouvé affreusement rapide ! La fin nous tombe dessus sans qu’on s’y attende, et elle survient alors que l’on était en plein cœur d’une action ! J’aurais aimé qu’il y ait encore une trentaine de pages pour nous offrir une fin digne de ce nom et digne de ce roman.

NB : Ce troisième roman de Ruta Sepetys est étroitement lié à son premier livre Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre car Joana est la cousine de Lina, l’héroïne de ce dernier !

Bilan : Si j’ai été un peu déçue par la narration maladroite et par la fin expéditive, Ruta Sepetys nous offre malgré tout une leçon d’Histoire et de vie grandiose. Un roman à lire absolument, en hommage aux  10 000 victimes du naufrage du Wilhelm Gustloff !

Note : 7.5/10

Dites aux loups que je suis chez moi, de Carol Rifka Brunt

Résumé: Nous sommes au milieu des années 1980, aux États-Unis. June est une adolescente taciturne, écrasée par une sœur aînée histrionique et des parents aussi absents qu’ennuyeux. Depuis sa banlieue triste du New Jersey, elle rêve d’art et de son oncle Finn, un peintre new-yorkais reconnu. Mais Finn est très affaibli et meurt bientôt de cette maladie qu’on n’évoque qu’à demi-mot, le sida. Inconsolable, la jeune fille se lie d’amitié avec un homme étrange, Toby, qui se présente comme l’ami de Finn. Confrontée à l’incompréhension de son entourage, et à la réalité d’une maladie encore honteuse, June va brusquement basculer dans le monde des adultes et son hypocrisie.

Mon avis: Dites aux loups que je suis chez moi est un roman que je n’avais pas particulièrement remarqué, et que je n’aurais sans doute jamais lu. Mais il se trouve que ma sœur me l’a offert suite à un service rendu (si tu passes par ici, je te dis un gigantesque MERCI !). Lorsque j’ai lu le résumé, j’ai eu immédiatement envie de le lire et j’ai presque instantanément su que j’allais adorer. Mon instinct (et celui ne ma sœur) ne m’a pas trompée, car c’est un très gros coup de cœur et je pèse mes mots.

June a quatorze ans lorsque son oncle Finn meurt du sida, à une période où cette maladie est encore mal connue, où elle fait peur et où elle fait honte. June est dévastée par la mort de cet oncle dont elle était si proche et qui semblait être le seul capable de la comprendre. L’adolescente doit donc composer avec un monde sans Finn, des parents souvent absents et une sœur ainée odieuse. Son quotidien et ses certitudes vont voler en éclat lorsqu’elle va rencontrer Toby, « l’ami » de Finn.

Je pense qu’il n’y a pas de mots pour vous décrire à quel point j’ai été touchée par les personnages de ce roman. J’ai rarement été aussi subjuguée face à des personnages pareils, si réalistes, si touchants et bouleversants que c’en est troublant. June, l’héroïne, y est pour beaucoup dans le coup de cœur qu’est ce livre. Elle est très décalée, et vit dans un univers bien à elle où elle s’imagine vivre au Moyen-Age. Il y a un gros décalage entre son côté « enfantin » et sa manière mature et réaliste d’envisager les choses de la vie. June est un personnage absolument fabuleux, qui mérite d’être rencontré au moins une fois dans sa vie.

Finn, l’oncle décédé de June, est lui aussi un protagoniste très fort et étonnant. Il n’apparait que dans les souvenirs de June, ou dans ceux des autres personnages, mais comment ne pas s’attacher à un personnage pareil ? J’ai adoré Finn, ses présences et ses absences, qui ont fait de lui un personnage à part entière du livre. Toby est le second personnage qui m’a bouleversé au cours de ma lecture. J’ai mille et une choses à dire sur lui, mais les mots me manquent tout à coup et ne me paraissent pas suffisamment à la hauteur. Greta, la sœur de June, est un des autres personnages importants du roman. Elle est odieuse, hautaine et méchante avec sa petite sœur et pourtant, on sent qu’elle est tellement plus que ça ! C’est un personnage très touchant à sa manière…

La plume de Carol Rifka Brunt est absolument merveilleuse et dotée d’une grande sensibilité. Elle nous embarque dans le monde de June avec une facilité déconcertante. Au travers le langage d’une adolescente de quatorze ans, elle nous en fait voir de toutes les couleurs et Dieu que c’était beau ! La voix de June est renversante, réaliste et cruelle parfois, mais tellement émouvante ! June a une manière de voir les choses tellement étonnante, magique et ça m’a serré le cœur plus d’une fois.

Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais accrocher. Rien que le titre, que je trouvais extrêmement mystérieux, donnait envie ! En tout cas, je le trouve très bien choisi et je vous laisse découvrir vous-même à quoi il fait allusion dans le roman 😉 Pour ce qui est de la relation entre Finn et June, elle est tellement captivante et puissante, mais celle qui se noue au fur et à mesure des pages entre Toby et June est sans doute encore plus belle. Evoluer à leurs côtés fut vraiment merveilleux, mais aussi très émouvant (oui, j’ai beaucoup pleuré).

Derrière ce sujet grave et sérieux qu’est le sida, l’auteure exploite d’autres thématiques telles que l’amitié, le premier amour, le passage à l’âge adulte… Voilà pourquoi ce livre se doit d’être lu par le plus grand nombre !

Franchement, c’est dur d’écrire une chronique sur un livre qui vous a autant touché ! J’aurais voulu faire durer le plaisir plus longtemps, ne jamais quitter June, Finn et Toby mais la fin est arrivée très tôt, et pour cause : j’ai dévoré Dites aux loups que je suis chez moi. J’ai eu du mal de finir ce roman (il faut dire qu’avec toutes les larmes que j’avais dans les yeux, c’était compliqué…) mais j’ai trouvé la fin d’une grande justesse et d’une grande beauté. L’intégralité du roman se révèle être sans fausse note, ce qui fait de lui ma meilleure lecture de cette année 2016 à ce jour. Bref, un roman inoubliable ♥

Bilan : Un roman bouleversant de réalisme, avec des personnages tellement touchants et émouvants. Un gigantesque coup de cœur ♥♥♥ Mais qu’attendez-vous pour le lire ?

Note: 10/10

Des Mensonges Nécessaires, de Diane Chamberlain

Résumé: 1960. Dans les champs de tabac de Caroline du Nord, Jane Forrester et Ivy Hart ne pourraient mener des existences plus différentes. A quinze ans, Ivy travaille dur pour faire vivre sa famille, notamment « bébé William », âgé de deux ans qui souffre d’un retard mental. Au contraire, Jane est confortablement mariée et rien, dans son milieu bien-pensant, n’exige d’elle qu’elle donne de sa personne. Sauf sa conscience et sa sensibilité. Bravant son mari et les conventions sociales, elle s’engage au service des pauvres – au service de la famille d’Ivy Hart. Une proximité qui lui ouvre les yeux sur des secrets insoupçonnables et un scandale humain qui devient sa bataille.

Mon avis: Je ne connaissais ni le roman ni l’auteure, mais lorsqu’on me l’a offert à Noël j’ai tout de suite été intriguée par le résumé et la couverture aux couleurs contrastées. Je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais en débutant ce roman, mais j’en suis ressortie très touchée et émue…

Ivy, quinze ans, vit sur la plantation de tabac où elle travaille aux côtés de sa sœur aînée et de leur grand-mère. Ivy n’a pas la vie facile entre son travail éprouvant, l’enfant de sa sœur dont elle s’occupe régulièrement et Nonnie, la grand-mère, qui souffre de rhumatismes importants et de diabète. Ivy n’a donc absolument rien à voir avec Jane, fraîchement mariée et heureuse. Jane, en quête de plus de dépendance, réussit à décrocher le job d’assistante sociale ce qui ne va pas tarder à lui attirer les foudres de son entourage. Toutefois Jane va rapidement se sentir indispensable pour les familles qu’elle aide et elle va se prendre d’affection pour la jeune Ivy. Alors, lorsqu’elle apprend la terrible machination qui se cache derrière l’aide sociale, Jane est révoltée et refuse de laisser un si terrible dessein s’abattre sur la jeune Ivy. Envers et contre tous, Jane va donc mener un véritable combat pour ses idéaux.

Avant toute chose, c’est le thème qui m’a agréablement surprise. En effet c’est quelque chose dont l’on parle extrêmement peu, et dont à vrai dire je n’avais pas réellement connaissance. Sans vous spoiler (puisque l’on apprend cela dès les premiers chapitres), il est question de la stérilisation chez les « faibles d’esprit », les pauvres et les épileptiques. J’ai trouvé courageux de nous parler d’un phénomène aussi peu connu, et en même très instructeur. Comme l’auteure le dit elle-même, ce récit est romancé, les personnages n’existent pas, néanmoins le quotidien d’Ivy dans les années 60 est le même que celui de milliers d’autres jeunes filles et jeunes hommes. C’est donc cette terrible réalité que nous livre Diane Chamberlain. Tout en simplicité et sans chichi, on plonge dans le roman aux côtés des deux héroïnes et on sait qu’on en ressortira grandi.

J’ai trouvé les personnages très touchants, et plus vrais que natures. J’ai été émue par le quotidien des habitants du Comté de Grace, pourtant l’auteure ne cherche pas à nous apitoyer, à nous faire pleurer sur le sort d’Ivy ou sur celui de sa sœur Mary Ella. On sent qu’elle nous dépeint ses personnages avec le cœur et cette sincérité qui est remarquable. Je me suis attachée à ce petit bout de femme qu’est Ivy, tellement je l’ai trouvée courageuse et forte. J’ai aimé sa simplicité, son côté franc et direct et la manière qu’elle a de s’occuper de ceux qui l’entourent. Jane est également un personnage qui m’a convaincue. Je l’ai trouvée tenace et têtue, j’ai aimé sa force et sa fierté d’être une femme. Jane est vraiment un personnage qui restera longtemps dans ma mémoire…

En tout cas, chaque personnage apporte son petit quelque chose au roman. Que ce soit la mystérieuse Mary Ella, la tempétueuse Nonnie ou encore la famille Jordan. Il y a des personnages que l’on aime immédiatement, d’autres que l’on déteste mais chacun apporte sa pierre à l’édifice.

Pour ce qui est de l’écriture, je tire mon chapeau bas à l’auteure. L’alternance des voix de Jane et d’Ivy est saisissante. J’ai été plus que charmée de voir comment chacune percevait l’autre, de voir comment Ivy ressentait les visites de Jane, etc… Diane Chamberlain a fait un gros travail d’écriture pour ce qui est des deux jeunes femmes, car dans chaque chapitre on ressent leurs origines. Ivy est plus franche et pense avec moins de pincettes que Jane qui vient d’un milieu plus aisé. Pourtant c’est sans jugement que l’auteure confronte ces deux univers et c’est un excellent point pour Des Mensonges Nécessaires.

On pourrait croire que l’on se trouve face à une tranche de vie, néanmoins ce livre est bien plus que cela. En plus de nous exposer un thème dont j’ignorais presque tout, ce roman est également une ode à la liberté de la femme, à l’amitié et au libre arbitre. Outre la beauté du message délivré, on vibre aux côtés des personnages, de leurs aventures et du suspense qu’a réussi à instiller Diane Chamberlain dans son livre. Je suis vraiment fière et heureuse d’avoir lu ce roman qui restera dans ma mémoire. Je le recommande chaudement en tout cas !

Bilan: Une superbe lecture, très instructrice et touchante! A lire d’urgence!

Note: 9/10

Les Cerfs-Volants de Kaboul, de Khaled Hosseini

Résumé: Dans les années 70 à Kaboul, le petit Amir, fils d’un riche commerçant pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamné pour ses origines à exécuter les tâches les plus viles. Liés par une indéfectible passion pour les cerfs-volants, les garçons grandissent heureux dans une cité ouverte et accueillante. Ni la différence de leur condition ni les railleries des camarades n’entament leur amitié. Jusqu’au jour où Amir commet la pire des lâchetés…

Eté 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. « Il existe un moyen de te racheter », lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongée au coeur de l’Afghanistan des talibans… et de son propre passé.

Mon avis: Après les très nombreux éloges qui ont suivis la parution des Cerfs-volants de Kaboul, j’avais moi aussi envie de me plonger dans l’Afghanistan dépeint par Khaled Hosseini. Et je constate que ce roman n’a pas volé ses excellentes critiques, j’en ressors très enthousiasmée !

Amir est le « maître » d’Hassan dans l’Afghanistan des années 70, pourtant les jeunes garçons s’en soucient peu. Ce qu’ils aiment, c’est jouer ensemble et par-dessus tout pratiquer du cerf-volant. Toutefois Amir va commettre l’irréparable… Alors que ce dernier s’exile aux Etats-Unis après l’arrivée des Russes dans leur pays, Amir n’arrivera jamais vraiment à se débarrasser de la culpabilité qui le pèse chaque jour un peu plus. Il devra pour absoudre ses péchés retourner à Kaboul, là où tout a commencé et affronter son passé.

Wouah que dire ? Khaled Hosseini nous dépeint un paysage que je connais assez peu, mais que j’avais hâte de découvrir. J’ai été véritablement subjuguée par son talent de conteur, il parvient avec une facilité déroutante à nous décrire le Kaboul des années 70, la culture afghane et les liens si forts qui peuvent se tisser entre des enfants, au-delà de toute considération ethnique. Je me suis surprise à vouloir être aux côtés d’Amir et Hassan, pour déambuler avec eux dans chaque ruelle de Kaboul. C’est donc avec un grand déchirement que l’on assiste à l’arrivée des Russes puis des Talibans. Khaled Hosseini utilise des mots forts et cruels pour décrire la terrible vérité, certains passages sont très durs mais nécessaires. J’en avais lourd sur la patate après cette lecture !

Vous l’aurez compris, cette lecture fut passionnante et poignante. Toutefois ce n’est pas un coup de cœur, et cela réside en quelques détails… Le personnage d’Amir, je l’ai aimé et détesté à la fois. Il ne saisit pas la chance qu’il a d’être si bien entouré, de grandir dans un milieu privilégié… C’était frustrant pour moi, surtout quand on réalise le peu de confort de certains Afghans à cette époque. Et ce défaut ne s’est pas vraiment corrigé avec les années ! Malgré tout, cette grande part d’égoïsme est aussi ce qui fait le charme du personnage. On avait envie de le voir prendre conscience de tout ce qu’il avait et qu’il a laissé passer. J’avais envie de le voir changer, mûrir. C’est un personnage qui n’aura de cesse d’évoluer, et si je l’ai trouvé passionnant on ne peut pas dire que je me sois réellement attachée à lui, contrairement à Hassan. Ce dernier est un vrai rayon de soleil, si dévoué à Amir que c’en est troublant. La relation entre les deux garçons est vraiment très bien décrite par l’auteur, et j’ai aimé qu’elle oscille entre fraternité et rivalité, et qu’elle devienne même parfois malsaine (bon ok, surtout à cause d’Amir).

L’écriture de Khaled Hosseini est dépaysante et nous plonge en immersion totale dans l’univers des jeunes garçons. Ce cher monsieur a un véritable don pour conter la beauté d’une telle amitié, pour décrire des événements horribles sans pour autant tomber dans le mélodramatique. Sa plume est vraie, tranchante, poignante et par-dessus instructrice. J’ai déjà hâte de lire un autre de ses romans.

Pour ce qui est de l’intrigue, j’ai été sous le charme dès le début. Suivre l’enfance d’Amir aux côtés d’Hassan a quelque chose de touchant et en même temps d’effrayant, puisqu’on sent que ce bonheur est fragile, éphémère. De nombreuses années vont passer au cours de ce roman, et être ainsi plongé dans l’histoire de toute une vie a quelque de déroutant. Certains événements de la vie d’Amir m’ont parue plus inutiles que d’autres, j’aurais aimé que l’auteur se penche un peu plus sur certains faits que d’autres mais bon… Et j’aurai toujours un petit regret vis-à-vis de l’histoire, je m’attendais tellement à avoir quelque chose mais je ne l’ai pas eu (je ne peux pas vous dire quoi, ce serait vous spoiler méchamment le roman !). En tout cas, c’est vraiment ce petit quelque chose qui fait que ce n’est pas un coup de cœur. L’auteur est parti dans une direction toute autre, qui ne m’a tout de fois pas déplu, mais j’aurais toujours ce petit regret…

Bilan: Un roman criant de vérité, émouvant et poignant. A lire!

Note: 8.5/10

Si Loin de toi, de Tess Sharpe

Résumé: Sophie Winters a failli mourir. Deux fois. Survivante. Blessée à vie, elle est accro aux antidouleurs. Droguée. Mina, sa meilleure amie, a été tuée sous ses yeux. Traumatisée. Personne ne croit à sa version des faits. Ni la police. Ni sa famille. Seule au monde. Elle se battra pour qu’éclate la vérité. Au nom de l’amour. Prête à tout.

Mon avis : Si Loin de Toi ne m’avait jamais vraiment attiré, mais comme je me trouve en pleine disette littéraire, je me suis dit pourquoi pas ? Finalement, même si cette lecture ne me laissera pas un souvenir impérissable, elle reste malgré tout une lecture agréable.

(Je vais éviter de refaire un résumé à ma sauce comme je le fais généralement, car je trouve que la quatrième de couverture en dit suffisamment pour accrocher le lecteur curieux sans trop en dévoiler.)

Le résumé est vraiment intrigant, on se demande sur quoi l’auteure va se focaliser. La psychologie des personnages ? Ou l’enquête pour retrouver le meurtrier ? Finalement Tess Sharpe a décidé de jongler sur les deux tableaux ! Ça aurait pu fonctionner à merveille mais il se trouve que j’ai été bien plus happée par le côté psychologique que par le côté thriller de Si Loin de Toi

Il faut dire qu’il y a de la matière avec des personnages aussi complexes ! J’ai adoré l’héroïne, Sophie, bien loin des modèles stéréotypés et trop parfaits. La jeune fille, rendue handicapée et droguée après un grave accident, est différente des autres personnages de son âge. Je l’ai trouvée bien plus mature, on sent qu’elle a déjà été lourdement marquée par les événements qui l’ont changée à jamais. Cependant, Sophie possède une force enviable. Elle ne baisse pas les bras même dans les pires moments, même quand personne n’est de son côté. Les épreuves qu’elle a subies si jeune l’ont endurcie et lui ont donné un courage de battante ! J’ai vraiment aimé cette héroïne attachante. L’autre personnage clé de ce roman est Mina, la meilleure amie de Sophie, retrouvée morte à ses côtés. Elle est très différente de Sophie, plus mystérieuse, « dominatrice », presque malsaine. C’est un personnage tout bonnement fascinant, et la relation qu’elle entretient avec Sophie ne cesse de jongler entre amitié, amour et coups bas. Franchement c’est très accrocheur !

Les personnages secondaires ne sont pas en reste non plus, et il est très facile de se faire une idée rapide sur eux. Si Trev m’a vite séduite par son chagrin et sa haine mais aussi par son caractère doux et protecteur, je me suis rapidement mise à douter des autres. J’ai vu en chacun d’eux un potentiel coupable ! Tess Sharpe nous plonge dans une paranoïa constante ! On en vient même à douter de ceux auxquels on se fiait dès le départ…

L’écriture de l’auteure est vraiment fluide et agréable, et je l’ai même trouvée plus élaborée que dans certains romans YA de ce type. Elle nous prouve qu’elle sait manier les mots et les émotions, et nous offre de beaux moments. J’ai trouvé très intelligent d’alterner le présent avec une Sophie détruite mais battante, prête à tout pour découvrir la vérité et le passé qui nous permet de découvrir Mina et sa relation passionnante mais étrange avec Sophie.

Jusque-là, j’adore ! Ça se gâte un peu avec l’arrivée de « l’enquête ». Je ne l’ai pas trouvée très bien menée. En toute honnêteté, elle m’a paru bancale, voire pas crédible du tout. Une fois que « l’enquête » a véritablement débuté (vers le milieu du roman), je dois dire que j’avais hâte de passer ces chapitres et retourner dans le passé de Sophie ! Je me suis assez ennuyée, n’ayant pas trouvé le punch que j’attendais… La résolution de l’intrigue et la découverte du meurtrier sont un peu tirées par les cheveux et je me suis dit : « Tout ça pour ça ? » J’étais assez déçue de l’identité du tueur et perplexe de la scène d’action finale… Si vous recherchez un bon thriller ado, Si Loin de Toi n’est pas fait pour vous. Par contre si vous êtes un amateur des romans de Cat Clarke n’hésitez plus !

Bilan : Un bon roman avec des personnages bien fouillés et travaillés, une écriture accrocheuse mais une intrigue policière qui ne tient pas la route… Un moment agréable malgré tout !

Note : 7.5/10

Le Maître des Illusions, de Donna Tartt

Résumé: En décrochant une bourse à l’université de Hampden, dans le Vermont, Richard Papen ne laisse pas grand chose derrière lui : la Californie, qui lui déplaît ; son adolescence, faite de souvenirs incolores ; et ses parents, avec qui il ne s’entend pas. Hampden est une porte de sortie inespérée, l’opportunité de vivre une nouvelle vie. Passées quelques semaines, il est bientôt attiré par un professeur atypique, Julian Morrow, esthète capricieux qui enseigne les lettres classiques à cinq étudiants apparemment très liés. Contre l’avis de ses professeurs, il tente de s’introduire dans le groupe de ces jeunes gens marginaux sur qui courent les plus folles rumeurs. Et il est loin d’imaginer ce que lui coûtera sa curiosité.

Mon avis: Wow. Bon… Que dire sur un tel livre ? Ça fait des années que j’ai envie de lire Le Maître des Illusions mais j’étais quand même rebutée par sa taille (bon j’avais surtout ouï dire que le style était un peu lourd et 800 pages, c’est quand même un beau bébé !). Ça faisait donc un moment qu’il trainait dans ma PAL sous sa magnifique édition collector et que j’ai décidé de l’en sortir sur un coup de tête ! Et qu’est-ce que j’ai bien fait ! 😀

Richard, étudiant boursier à la vie monotone et ennuyante, est soudain pris d’intérêt pour la prestigieuse université d’Hampden. Après s’être redirigé plusieurs fois dans ses études, il semble sur la bonne voie en intégrant ce campus et la filière littéraire. Mais un seul et unique cours l’intéresse réellement : celui donné par un professeur mystique à un groupe très restreint d’étudiants. Richard est déterminé à entrer dans ce cours de grec ancien, mais il est loin de se douter que le Mal rôde partout…

On se retrouve avec des personnages à la personnalité extrêmement fouillée et complexe. On a donc:

– Richard, le plus « niais » du groupe. Si son innocence le caractérise au départ, il va grandement évoluer et cette évolution constante à l’image du groupe est très intéressante à suivre !

– Henry, le plus fascinant et mystique de tous ! C’est celui qui sait garder son sang-froid en toutes circonstances. Il est glaçant, perturbant à souhait… Je l’ai adoré !

– Francis. Il est étrange et décalé, mais j’ai été séduite par cet hypocondriaque fragile et instable.

– Charles et Camilla. Ils sont adorables au départ, mais se révèlent bien différents par la suite. Un couple indissociable qu’on adore et qui ensorcelle.

– Bunny. Honnêtement, il fait tâche dans le groupe : c’est le moins sérieux, le petit « rigolo » qui fait sans cesse des blagues bien lourdes et des sous-entendus gênants. Sa personnalité reste plutôt barbante mais on comprend tout à fait son comportement vis-à-vis de chacun des autres personnages.

– Julian. C’est le professeur que j’attendais au tournant mais il se révèle absent et peu attachant, je ne l’ai pas apprécié.

Le style de Donna Tartt est assez long et compliqué, mais envoûtant. Son écriture est parfois lourde et traîne en longueur sur des détails mais l’ambiance demeure pesante, malsaine et dérangeante jusqu’au point final! Ce n’est pas ce que j’ai préféré dans ce roman mais c’est clairement ce qui fait son charme. En dépit de quelques petits soucis de traduction, on est scotché par le travail de l’auteure qui fait preuve d’un tel développement sur tous les points ! La psychologie des personnages est parfaitement détaillée et travaillée, certaines scènes-clés sont poussées à l’extrême, on a droit à de belles analyses de textes grecs (oui bon il faut s’y intéresser un minimum c’est sûr !). Tous les chapitres sont très longs (une moyenne de 100 pages par chapitre, mais c’est souvent plus !) mais on est tellement plongé dans leur quotidien qu’il est impossible de s’en défaire.

L’histoire n’est pas vraiment celle que j’imaginais car attention il y a un risque de tromperie à cause du titre ! Préférez le titre VO The Secret History qui correspond bien mieux au roman… Dès le prologue, on sait l’événement majeur qui va se passer, mais ce n’est pas dérangeant du tout, au contraire : on veut savoir comment ils en arrivent là, et pourquoi. L’ambiance est pesante et oppressante. J’ai été totalement dérangée et perturbée par cette petite ville du Vermont et par ce campus select des années 80/90 où l’alcool et la drogue sont monnaie courante. Déchéances, dépravations et décentes aux enfers sont au rendez-vous. Et c’est passionnant ! On se demande sans cesse jusqu’où ils vont aller ! Iront-ils jusqu’au point de non-retour ? Ce suspense rend le tout très addictif, et les scènes du « quotidien » de ces jeunes étudiants ne nous barbent pas du tout ! Il faut dire qu’on ressent une certaine fascination morbide à s’immiscer dans leurs relations malsaines et dérangeantes, dans leur amitié qui dépasse la norme. On ressent également un vif intérêt pour ce qui les passionnent: le grec et ses interprétations, la mythologie, etc… Ayant fait du grec ancien je comprenais très bien leur attirance pour cette langue ancienne. La fin du Maître des Illusions est parfaite, étrangement belle et mélancolique, comme le reste. J’adhère !

Cela m’a donnée envie de lire un autre roman de cette auteure de talent (Le Chardonneret par exemple). Je retiendrai de ce roman toutes les émotions contradictoires que j’ai pu ressentir lors de ma lecture : un début assez lent auquel j’ai eu du mal à accrocher mais une suite bien trop addictive pour que je n’accroche pas ! Les personnages sont tellement décalés par rapport à ce que je peux lire ailleurs… J’en ressors donc étrangement déboussolée, perturbée par cette lecture éprouvante qui nous laisse peu de répit.

Bilan : Un petit pavé qui devrait être un classique. Une écriture certes lourde et longuette par moment, mais des personnages tellement charismatiques et tout en relief, une atmosphère fascinante et dérangeante… A lire !

Note : 8.5/10