Archives pour la catégorie Contemporaine

Ainsi va la vie, de Fabio Volo

Résumé: Ils étaient si heureux ensemble… que s’est-il passé ? Eux qui se sont trouvés, choisis et séduits dans une gare. Eux qui pouvaient s’enfermer des heures dans une chambre avec un  » Prière de ne pas déranger  » accroché à leur porte. Eux qui n’avaient besoin de rien ni de personne d’autre. Ensemble, ils semblaient si légers et inséparables. Eux qui aujourd’hui se trouvent chacun d’un côté de la pièce. 

Mon avis: Tout d’abord, je tiens à remercier Livraddict et les éditions Michel Lafon pour leur confiance et pour m’avoir permis de découvrir Fabio Volo. En effet c’est un auteur que je ne connaissais pas du tout, et le résumé m’avait plutôt mis l’eau à la bouche. J’avais vraiment hâte de savoir pourquoi la relation entre Nicola et Sofia s’était détériorée.

En effet, si depuis leur rencontre le couple file le parfait amour, les premiers questionnements et les premières disputes vont apparaitre. Vont-ils s’aimer toute leur vie ? Ne vont-ils pas se lasser d’être ensemble ? Le désir d’un enfant ne cache-t-il pas autre chose, comme l’envie de ressouder un couple qui s’éloigne ?

J’ai été assez surprise de découvrir que le roman était écrit du point de vue de Nicola. Je m’attendais à ce qu’il soit écrit de celui de Sofia, peut-être parce que cela est généralement plus courant. Pourtant, j’ai adoré suivre l’histoire avec ce narrateur ! Nicola est un narrateur très vivant, qui n’hésite pas à exprimer ses doutes et ses angoisses les plus profondes, notamment lorsque son couple va mal, ou qu’il doute d’être un bon père. Je me suis immédiatement attaché à Nicola, plus qu’à Sofia d’ailleurs. En tout cas, le choix de faire du père le protagoniste de l’histoire était un choix risqué mais au final, le père a souvent un rôle incompris, et on prend généralement moins en compte ses envies et ses pensées que celles de la mère.

Les autres personnages du roman sont bien plus effacés, mais je retiendrai malgré tout Mauro le meilleur ami de Nicola. C’est un ami fidèle, toujours bien intentionné mais tellement maladroit ! C’est un personnage qui m’aura beaucoup amusée, et qui se révèle au final très touchant.

Le roman est assez court, et se laisse donc lire très rapidement. Fabio Volo possède un certain talent : en assez peu de pages, il était déjà parvenu à me séduire ! J’étais vraiment captivée par cette tranche de vie qui, aussi fictive soit elle, n’est rien d’autre qu’une représentation de la réalité et des difficultés que peut rencontrer un couple.

Je conseille ce livre davantage aux parents, ou aux jeunes couples car Fabio Volo met en avant avec simplicité et sincérité les interrogations sur l’amour et l’envie d’avoir un enfant. Ceci dit, on peut également lire ce livre simplement pour le plaisir, comme moi ! Néanmoins, Ainsi va la vie (je trouve d’ailleurs le titre parfaitement en adéquation avec le sujet) soulève pas mal de thématiques qui permettent aux lecteurs de réfléchir. Si l’arrivée d’un bébé est souvent synonyme de joie, ici Fabio Volo nous révèle sans complexe la déception vis-à-vis de cette naissance pourtant tant désirée. L’auteur nous propose sa vision du couple et de la paternité, sans toutefois que tout soit trop blanc ou trop noir. J’ai aimé que tout ne soit pas si négatif, qu’il y ait toujours un petit espoir et une envie de se battre pour sauver ce qui peut l’être encore. En somme, c’est une excellente découverte !

Bilan: Un roman qui se lit avec une grande facilité, mais qui nous fait malgré tout réfléchir sur des questions fondamentales. A découvrir !

Note: 8/10

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Black Iris, de Leah Raeder

Résumé: Laney Keating n’oublie rien. Et ne pardonne jamais. Seuls les être faibles pardonnent. Pour assouvir son désir de vengeance et faire payer ceux qui l’ont humiliée, elle est prête à repousser toutes les limites entre sexe, alcool et drogue. Quitte à manipuler, à souffrir, à haïr. Quitte à s’écorcher le cœur dans une virée machiavélique et sanglante.

Mon avis : Le résumé de Black Iris m’intriguait assez, malgré les quelques avis divergents sur ce roman. Au final, il est plutôt différent de ce que j’imaginais et si je n’ai pas détesté cette lecture, je suis loin de l’avoir aimée…

Laney est une jeune fille sombre, dangereuse et autodestructrice. A la suite d’une série d’événements bouleversants, elle décide de n’être plus que vengeance et violence. Pourtant, sa rencontre avec le doux Armin et la ténébreuse Blythe va la pousser à aller au bout d’elle-même. A leurs côtés, Laney va vivre comme jamais, mais également se détruire…

Ce qui est primordial pour moi dans un roman, ce sont les personnages. Black Iris présente une palette de personnages assez restreinte, qui pourrait se résumer en un trio. Laney, l’héroïne, est déstabilisante. Vulgaire, perturbée, vénéneuse, il est assez difficile de cerner la jeune fille tant elle est manipulatrice et mauvaise. Laney présente également des facettes plus attrayantes, mais l’auteure a tellement accentué le côté sombre (et quasi démoniaque) de Laney que mes sentiments envers cette dernière sont plutôt mitigés. En un sens elle est captivante, mais elle n’en reste pas moins dérangeante. Pour ce qui est d’Armin, c’est peut-être celui que j’ai le plus apprécié. Il est celui qui parait le plus stable des trois et sa personnalité moins marquée et borderline m’a davantage convaincue. Blythe se rapproche davantage de Laney dans ses réactions, si bien que je ne l’ai guère appréciée non plus.

La relation quasi malsaine entre les trois protagonistes est teintée de mensonges et de manipulations. C’est un excellent point pour le roman, mais j’ai trouvé qu’il tournait trop autour de cela. On a une surenchère de sexe, d’alcool et de drogue qui provoque un effet too much, voire une overdose totale. Je m’attendais à un récit marqué par ces choses-là, sans pour autant tomber dans la caricature et l’extrême. Dommage !

Pour ce qui est de l’écriture, accrochez-vous ! On suit l’histoire du point de vue de Laney et pourtant j’ai rapidement été perdue. L’auteure alterne présent et passé, mais également passé qui se passe avant le passé, qui se passe lui-même avant le passé… Bon vous l’aurez compris, si on perd le fil une fois, on est déboussolé jusqu’à la fin ! En soit ce n’est pas une mauvaise idée, puisque l’auteure tente de maintenir un certain suspense mais je ne pense pas qu’elle maitrisait une telle technique… Le vocabulaire est assez limité (je ne compte pas le nombre de vulgarités qu’on y trouve), et ça m’a assez choquée même si ça colle au contexte. Je ne suis pas une petite nature, mais un peu de délicatesse n’a jamais tué !

L’ensemble du roman se révèle assez longuet, avec des passages inutiles et bons à zapper. L’intrigue en général est intéressante, on se demande bien ce qu’a vécu Laney pour en arriver là, mais le tout est ralenti par un rythme mal maitrisé, des passages mal écrits, une chronologie abracadabrante… J’avais plus que hâte de connaitre la fin de l’histoire (et de me débarasser de Black Iris surtout !), mais le final m’a parue presque précipité par rapport au reste du livre. Certains événements auraient mérité davantage d’explications, je regrette que l’auteure ne se soit pas penchée davantage sur certains personnages secondaires…

Bilan : Black Iris est un livre avec du potentiel, mais on en sort éprouvé tant par la surenchère de décadence que par la chronologie de l’intrigue.

Note : 5/10

L’Appel de l’Ange, de Guillaume Musso

Résumé: New York. Aéroport Kennedy.
Dans la salle d’embarquement bondée, un homme et une femme se télescopent. Dispute anodine, et chacun reprend sa route. Madeline et Jonathan ne s’étaient jamais rencontrés, ils n’auraient jamais dû se revoir. Mais en ramassant leurs affaires, ils ont échangés leurs téléphones portables. Lorsqu’ils s’aperçoivent de leur méprise, ils sont séparés par 10000 kilomètres : elle est fleuriste à Paris, il tient un restaurant à San-Fransisco. Cédant à la curiosité, chacun explore le contenu du téléphone de l’autre. Une double indiscrétion et une révélation : leurs vies sont liées par un secret qu’ils pensaient enterrés à jamais…

Mon avis: Ça fait un petit moment que j’ai envie de relire un Guillaume Musso, surtout que j’avais plutôt apprécié Parce que je t’aime et Sauve-moi, bien que ce ne soit pas de la grande littérature et que la trame de l’histoire ne sorte pas des sentiers battus. L’Appel de l’Ange m’a immédiatement attirée avec son résumé intrigant et tout le mystère qui en ressort. Au final, si c’est un bon moment lecture, je regrette le manque d’originalité flagrante dont fait preuve une fois de plus l’auteur…

Madeline vit à Paris et Jonathan à San Francisco. Pourtant lors d’une bousculade dans un aéroport bondé, les deux vont échanger malencontreusement leur téléphone portable. Lorsqu’ils s’en aperçoivent, ils se trouvent déjà à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. Cédant chacun à une curiosité maladive, ils explorent le portable de l’autre jusqu’à découvrir un secret enfoui depuis plusieurs années…

Une fois n’est pas coutume, Musso explore l’alternance de points de vue dans son roman. Evidement ça marche plutôt bien vu le contexte ! On découvre donc à tour de rôle Jonathan et Madeline. Le premier m’a très vite fait bonne impression, même si son secret est moindre et que sa vie est clairement moins palpitante que celle de la jeune femme. J’ai aimé son caractère un peu buté qui, forcément, a fait des étincelles avec Madeline ! La jeune femme est tempétueuse, elle n’a pas sa langue dans sa poche et le duo qu’elle forme avec l’ancien grand cuisinier est explosif !

Pour ce qui est des personnages secondaires, j’avoue ne pas m’être attachée à eux. Musso ne les a pas suffisamment mis en avant cette fois-ci, et c’est bien dommage ! J’aurais aimé en savoir plus sur Danny ou même sur l’ami de Jonathan…

L’écriture est encore une fois efficace, sans fioriture et Musso va droit au but. J’aurais cependant aimé quelques descriptions plus poussées, plus de développements et des passages peut-être moins expédiés que d’autres… Le roman se découpe en trois parties, et ce qui m’a plu c’est que les deux protagonistes ne soient pas si vite réunis ! C’était un risque à prendre de les faire évoluer à plusieurs milliers de kilomètres de distance tout en maintenant ce lien fragile entre eux.

La thématique qui m’avait intriguée dès le début est plutôt bien exploitée. J’aime cette curiosité malsaine qu’ont les deux personnes de fouiller dans la vie de l’autre presque sans remord. On en vient à se demander ce que l’on ferait dans ce genre de situation ! (Je ferais certainement comme eux, mais bon…)

Néanmoins, si l’intrigue se laisse lire sans peine, quelques incohérences demeurent… Musso fait parfois dans la facilité, et c’est dommage ! J’aurais souhaité qu’il prenne plus de risques, qu’il change de trame principale car là franchement… On retrouve encore de nombreux points communs avec les deux autres romans que j’ai lus de lui ! Bon, même si niveau originalité ce n’est pas le top, Musso a quand même su me surprendre avec quelques révélations bien placées et une fin un peu thriller. Au final on passe un moment de détente sans prise de tête, je ne lui en demandais pas plus !

Bilan: Malgré un cruel manque d’originalité, le roman se laisse lire sans peine!

Note: 7/10

Mercure, d’Amélie Nothomb

Résumé: Sur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l’abri de tout reflet ; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage.
Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit un amour fou, paroxystique… 

Mon avis: Soyons honnêtes, j’ai plutôt du mal avec Amélie Nothomb. Je n’adhère pas franchement à son style expéditif, ses romans trop courts et pas assez fouillés à mon goût. Pourtant je ne nie pas qu’elle ait de bonnes idées ! C’est pourquoi j’ai décidé de lui donner une dernière chance avec Mercure. Une ultime lecture qui sera pour moi décisive : soit j’abandonne définitivement cette auteure, soit je lui laisse encore une chance. Résultat, Mercure se révèle une sacrée surprise, et j’ai bien apprécié cette lecture pleine de folie et de paradoxe !

La jeune Hazel vit sur une île à l’écart de tout, dans la grande demeure du Capitaine. Ce dernier a cinquante ans de plus qu’elle, ses caresses la dégoûtent et pourtant c’est le seul qui est prêt à l’accepter telle qu’elle est. En effet, à la suite de la première guerre mondiale, son visage a été ravagé et n’est plus qu’un amas de chair difforme… Françoise, une infirmière, va se lier d’amitié avec la jeune Hazel et vouer une haine farouche envers le Capitaine.

Mercure a une saveur particulière. Il se lit comme un conte pour enfants, et pourtant c’est un conte terriblement macabre et adulte. La petitesse du roman ne m’a donc pas dérangée ici, puisque je l’ai pris comme un conte et non un véritablement roman. Mercure est donc un petit bout de livre de peu de pages, et pourtant addictif. La relation entre le Capitaine et Hazel dégoûte, rebute et fascine à la fois. Nothomb traite ici du syndrome de Stockholm d’une façon bien particulière, étrange et dérangeante. Pourtant, impossible de reposer le roman malgré le désagréable sentiment qu’il instille en nous !

Les personnages sont de grande qualité. Françoise est une héroïne forte et rebelle, qui ne se laisse pas facilement marcher sur les pieds. Ses répliques sont cinglantes, mordantes et blessantes. J’ai vraiment aimé ce personnage farouche qui est à l’opposé de la douce Hazel, qui subit son sort sans trop de protestations. Toutes les joutes verbales qu’elle peut avoir avec le Capitaine ou Hazel sont de véritables délices pour les yeux ! Hazel, quant à elle, est un personnage que l’on a envie de protéger, tout en la secouant pour la faire réagir ! C’est un personnage paradoxal qui nous perd dans nos certitudes, en tout cas Amélie Nothomb a fait du bon boulot avec elle ! Le Capitaine est un personnage mystérieux et dégoûtant, beurk… Je vous laisse tout le « plaisir » de le découvrir par vous-même !

Ce qui rend Mercure si addictif, c’est que l’on veut absolument rassembler les pièces du puzzle de la relation entre Hazel et le Capitaine. On veut connaître la véritable vérité (bien que je l’aie un peu trop facilement vue venir) ! Ce qui m’a aussi beaucoup plu, c’est l’originalité des deux fins que nous propose l’auteure. Une fin plus « gentille » et une fin plus déconcertante et horrifiante. J’ai naturellement préféré la deuxième fin où le masque de certains personnages tombe ! J’adore !

Bilan: Une lecture surprenante, écœurante et fascinante qui me réconcilie avec Amélie Nothomb!

Note: 8/10

Mauvais Genre, de Naomi Alderman

Résumé: James Stieff est admis dans la prestigieuse université d’Oxford. Il y rencontre Franny, Simon, Jessica, tout un groupe d’amis qui s’installe dans la maison du séduisant (et manipulateur) Mark Winters. Mauvais genre raconte les premières amours, les soirées inoubliables, mais aussi le désenchantement et les bouleversements intimes de cet âge de déraison qu’est la jeunesse. Avec un talent hors du commun, Naomi Alderman révèle la perversité cachée derrière les façades impeccables d’Oxford, ce monde faussement exemplaire qui prépare à tout sauf à la réalité.

Mon avis : Après le très troublant et excellent Maître des Illusions de Dona Tartt, j’avais envie de me replonger dans une de ces atmosphères si caractéristique des universités du type d’Oxford qui, derrière leurs façades parfaites, cachent une ambiance bien plus malsaine. Après quelques recherches pour trouver un roman de ce style (d’ailleurs si vous avez des idées, n’hésitez pas à les lâcher en commentaires !), je suis tombée sur Mauvais Genre (beurk le titre est très mal choisi !), je me suis dit : quelle aubaine ! Il semblerait que je sois tombée sur ce que je cherche ! Au final, le résumé est très trompeur et je suis tombée sur un livre bien plus profond que ce à quoi je m’attendais. Et la vache, ce que je l’ai adoré !

James vient tout juste d’intégrer Oxford qu’il se sent déjà dépassé par la masse de travail et étourdi par son incapacité à se faire des amis. Pourtant, Jess le remarque un beau jour et l’invite à se joindre à son groupe d’amis. James n’hésite pas bien longtemps et intègre l’étrange et décalée bande d’amis menée par Mark. C’est en se mêlant à eux que James va se forger sa personnalité, connaître des hauts et des bas et que sa vie en ressortira bouleversée à jamais…

Ce roman se découpe en trois parties, même si pour moi le véritable découpage se résumerait en deux parties. La première moitié du roman est assez vide d’action. On suit James en compagnie de la bande de Mark, et il ne se passe franchement pas grand-chose. Pourtant cette partie est cruciale. En effet, c’est en partageant leur quotidien que je me suis vraiment attachée à eux. Très vite, il m’a été impossible de lâcher ce roman qui ne payait pourtant pas de mine jusque-là. J’ai été rapidement prise au piège dans les mailles de leur filet et il m’en fallait toujours plus…

Je ne suis pas franchement une adepte des romans contemporains, pourtant ce qui m’a véritablement enchantée et séduite ce sont les personnages. J’apporte toujours un grand intérêt aux personnages qui comptent vraiment beaucoup pour moi (au moins 50% de ma note). Ici le personnage plutôt frêle et naïf de James aurait pu agacer certains, néanmoins sa passivité face à certaines situations m’a attendrie. Il possède un côté fragile qui est touchant et on a véritablement envie qu’il évolue.

Jess, quant à elle, est une de ces filles avec qui on peut facilement se lier d’amitié. Compréhensive, drôle, simple et enjouée, c’est un personnage facile à vivre mais qui est cependant plus complexe que ce qu’il n’y paraît… Le personnage de Mark, qui en plus d’être l’élément central du groupe, est l’élément clé du roman. Complexe, torturé, manipulateur, ce personnage m’a vraiment pris aux tripes. J’ai eu beaucoup de mal à le cerner, et le peu que me livrait l’auteure ne faisait qu’assouvir ma soif d’en savoir plus. Ce personnage est le plus travaillé de tous, et tant mieux ! Même si c’est vrai qu’à côté, Franny, Simon et Emmanuela font pâle figure…

L’écriture de Naomi Alderman n’est pas si spéciale que ça, mais j’ai pourtant été très touchée par la voix de James. Elle a su me tirer quelques sourires, quelques larmes et je pense que c’est essentiel. Naomi Alderman a une jolie prose bien à elle, et je ne dirais pas non quant au fait de la relire un jour.

Comme je le disais plus haut, le résumé est plutôt trompeur et peut ne pas donner envie à certaines personnes, et c’est dommage ! Toutefois quel délice de m’être faite surprendre ! En effet si la première partie ne contient pas véritablement de surprises, la seconde est pleine de rebondissements et part dans une direction insoupçonnée. La tournure que prend l’intrigue fait toute la force et tout l’intérêt de Mauvais Genre, qui serait resté un roman banal mais distrayant s’il avait suivi sa trame initiale. Au lieu de ça, l’auteure nous offre une intrigue plus complexe et passionnante. Les personnages en ressortent complexifiés, et d’autant plus passionnants eux aussi. C’est véritablement à partir de cette deuxième moitié du livre qu’il m’a été impossible de lâcher Mauvais Genre. Il fallait que sache comment allait se terminer toute cette histoire, même si je n’avais aucune envie de laisser les personnages. La fin, aussi brutale et surprenante soit elle, me convient à merveille. Sur le moment, j’ai ressenti une grande frustration mais finalement je me dis que c’est le final qu’il fallait à leur histoire.

En tout cas, ce roman qui ne paie pas de mine gagnerait à être plus connu ! Je vous le recommande donc chaudement, à tous ceux qui aiment les romans contemporains, les ambiances oxfordiennes et les personnages complexes et travaillés aux relations ambiguës.

Bilan: Un roman surprenant qui se révèle être un petit coup de cœur!

Note: 9/10

Nous les Menteurs, de E. Lockhart

Résumé: Une famille belle et distinguée. Une île privée. Une fille brillante, blessée ; un garçon passionné, engagé. Un groupe de quatre adolescents – les Menteurs – dont l’amitié sera destructrice. Une révolution. Un accident. Un secret. Mensonges sur mensonges. Le grand amour. La vérité.

Mon avis: Je zieute ce roman depuis sa sortie en VO. J’étais véritablement impatiente de le lire, surtout avec toutes ces éloges… Mais, mais… Comment ce livre a-t-il pu s’attirer autant de bons avis, de coups de cœur et de larmes alors qu’à mes yeux il ne mérite rien de tout ça ? Je suis perplexe, car je ne vois même pas ce que les lecteurs lui trouvent… Parfois ça m’arrive d’être déçue, mais je comprends malgré tout l’engouement qu’il peut y avoir autour de tel ou tel roman mais là… Je suis consternée !

Le sentiment que j’ai pu ressentir pour Nous les Menteurs se résume en un seul et unique mot : ennui. Quel ennui pendant les 4/5 du livre ! Il ne se passe rien. RIEN de RIEN. On suit les états d’âme énervants de Cadence qui se plaint et se plaint et se plaint, les discussions d’adolescents barbantes (ou devrais-je dire de gamins puérils ?) et on assiste à des scènes plus qu’inutiles (pouvez-vous me dire ce qu’apporte un « concours  de jeter de sachets de thé usagés dans un verre de jus d’orange plein » à l’histoire ? Et dire que les personnages ont dix-sept ans…). Et tout ça se succède sans fin… J’ai cru mourir d’ennui ! Je me demandais comment un livre aussi petit (270 pages) peut se révéler aussi loooooooong…

Les personnages m’ont excédée dès le début, et plus le temps passait, pire c’était. Cadence, l’héroïne est agaçante et je ne l’ai pas compris les trois quarts du temps. J’avais seulement envie de la gifler et de lui dire de faire quelque chose, n’importe quoi, mais quelque chose quand même. Les autres membres des Menteurs m’ont paru insignifiants, et totalement dénués de personnalité et de charisme. Mirren et Johnny se valent, c’est-à-dire qu’ils ne valent pas grand-chose… Le seul qui a trouvé grâce à mes yeux c’est Gat. Il est assez touchant, et j’ai partagé ses idées et sa vision du monde (et de la famille de Cadence).

Je m’étais imaginée les Menteurs, composés de Cadence, Mirren, Gat et Johnny, comme un groupe d’amis uni, qui n’a peur de rien et que rien ne peut séparer. Mais je n’ai pas ressenti cette amitié si solide et si forte du tout, enfin si peut être un peu vers la fin mais du coup ça m’a paru disproportionnée par rapport au reste du livre. On suit le petit groupe depuis qu’ils sont enfants, mais je n’ai jamais eu l’impression qu’ils soient soudés par une amitié forte, de celles qui vous marquent à vie… La famille Sinclair est… Abominable et scandaleuse. Je sais bien que l’auteure l’a rendue détestable de façon délibérée, mais pour moi ça n’a pas marché. Je ne vois rien de bon chez eux, et même si c’est le but premier de la manœuvre, j’avais quand même envie d’en terminer au plus vite avec Nous les Menteurs pour quitter cette famille malsaine…

L’écriture de E. Lockhart est l’une des choses qui m’a le plus déçue dans ce roman. L’écriture à la première personne est sans doute un choix extrêmement judicieux lorsqu’on veut traiter d’un traumatisme passé que le personnage a oublié. Ceci dit, l’héroïne est excessive. Les métaphores et figures de style sonnent de façon décalée dans ce genre de roman. Tout est de trop ! Quelle ado normalement constituée ne se dit pas : « il m’a blessée » ou « il m’a touchée en plein cœur » mais plutôt : « il a saigné mes veines et mon sang s’est répandu sur le sol jusqu’à ce que je me vide totalement» ou bien encore : « il m’a tiré dessus et mon cœur a sauté de ma poitrine pour atterrir à mes pieds dans la pelouse. » Ce n’est pas exactement ces phrases-là, mais vous voyez très bien l’idée. En plus , on les retrouve très souvent ! Au bout d’un moment c’est plus qu’agaçant…

Au niveau de l’histoire, on sait dès le début qu’il s’est passé quelque chose lors de l’été de ses quinze ans. Tout du long Cadence va tenter de le découvrir, et nous aussi ! J’avoue que si je n’ai pas abandonné Nous les menteurs c’est aussi car je voulais savoir ce qui s’était réellement passé, et connaître la fameuse fin dont tout le monde parlait. Personnellement, si c’est la seule partie que j’ai trouvée digne d’intérêt, mon enthousiasme est vite retombé. Il y a trop d’invraisemblances dans ce récit, trop de choses qui ne collent pas. Je ne suis donc ni emballée ni convaincue… En plus une telle fin mériterait qu’on s’y attarde un peu plus, or je l’ai trouvée bien vite expédiée… Tant pis, ce livre partira aux oubliettes en ce qui me concerne !

Bilan : Une très grosse déception pour Nous les menteurs… Après tant d’éloges j’ai été surprise de découvrir un livre creux, long et ennuyeux, avec des personnages barbants et un contenu sans intérêt… Je vous conseille d’aller lire quelques autres chroniques, après tout beaucoup ont aimé 😉

Note : 4/10

Antéchrista, d’Amélie Nothomb

Résumé: Avoir pour amie la fille la plus admirée de la fac, belle, séduisante, brillante, enjouée, audacieuse ? Lorsque Christa se tourne vers elle, la timide et solitaire Blanche n’en revient pas de ce bonheur presque écrasant.
Elle n’hésite pas à tout lui donner, et elle commence par l’installer chez elle pour lui épargner de longs trajets en train. Blanche va très vite comprendre dans quel piège redoutable elle est tombée. Car sa nouvelle amie se révèle une inquiétante manipulatrice qui a besoin de s’affirmer en torturant une victime. Au point que Blanche sera amenée à choisir : se laisser anéantir, ou se défendre.

Mon avis : Même si je n’avais pas trop apprécié Acide Sulfurique j’ai décidé de donner une autre chance à Amélie Nothomb avec Antéchrista, une histoire qui me bottait plutôt. Malheureusement je fais face une nouvelle fois aux mêmes problèmes que rencontrés précédemment…

Blanche, une jeune étudiante plutôt timide et solitaire, se voit approchée par une des filles les plus populaires de l’université. Elle tombe sous le ch           arme de la petite Christa, belle, courageuse et gentille et lui propose de venir dormir chez elle pour lui épargner le long trajet qui la mène à l’université. Seulement Christa change de comportement lorsqu’elles ne sont que toutes les deux. Elle semble plus malsaine, perverse, manipulatrice… Est-ce ça avoir une amie ?

Le concept de base me tentait plutôt bien comme dit plus haut. Je m’attendais vraiment à voir l’espoir de Blanche face à sa première amitié, son désespoir aussi face au comportement de Christa, sa lutte pour ne pas se laisser écraser, dominer… Ce qu’on peut quand même dire, c’est que j’ai trouvé tous ces éléments dans Antéchrista. Seulement, voilà : rien n’est développé. Tout va trop vite ! Le roman est vraiment très petit, si bien que l’auteure n’a pas eu le temps de développer correctement tout le côté «malsain » de cette relation, ni même la déchéance de Blanche…

Du côté des personnages, c’est là aussi un problème d’approfondissement. Comment voulez-vous que l’on s’attache à des personnages trop vite survolés ? Si on se range du côté de Blanche par solidarité dès le départ, j’aurais aimé en savoir plus sur elle. Elle nous est dépeinte comme solitaire et banale, mais le manque de développement me l’a plutôt présentée comme un personnage fade et sans saveur. Christa, qui aurait dû être un personnage fort et influent, n’a pas eu la grandeur qu’elle aurait nécessitée. Je suis un peu déçue donc, surtout que je m’attendais à un peu plus de psychologie autour de cette dernière… Il va de soi que si les personnages principaux n’ont pas été assez fouillés, c’est pire pour les secondaires, totalement effacés et encore plus fades…

L’écriture en soi n’est pas mauvaise du tout. Le rythme est soutenu, on tourne les pages facilement tant on demeure pris par le ton rapide et énergique de Blanche. Non, vraiment le seul bémol c’est le manque de développement qui fait qu’on a droit à aucune description physique de personnages, ni même de paysages… Ça m’a vraiment dérangée cette histoire qui se déroule sans décor avec des personnages sans visage…

Ce qui m’a plu ceci dit, c’est le thème. Je l’aurais certes aimé plus développé, mais il est quand même présent et il apporte une atmosphère lourde et pesante, malsaine et presque angoissante ! Malgré un récit court qui nous laisse un arrière-gout de bâclé dans la bouche, le roman reste rapide à lire donc ce n’est pas une perte totale de temps !

Bilan : un récit qui aurait pû être prenant si les personnages et le thème avaient été davantage développés…

Note : 5.5/10

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