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La Reine du Tearling, tome 1, d’Erika Johanson

Résumé : Après la mort de sa mère la Reine Elyssa, Kelsea Raleigh a grandi en exil, loin des intrigues du Donjon royal où son oncle diabolique a pris le pouvoir. Le jour de ses dix-neuf ans, une garde dévouée l’escorte de son repaire à la capitale, où elle devra reconquérir la place qui lui revient de droit et devenir Reine du Tearling.
Kelsea ne s’est jamais sentie aussi peu capable de gouverner. Pourtant, les atrocités qu’elle découvre vont la pousser à commettre un acte d’une incroyable audace, qui jette tout le pays dans la tourmente et déchaîne la vengeance de la Reine rouge.
La quête de Kelsea pour sauver son royaume et aller vers son destin ne fait que commencer. Long périple semé d’embûches, empli de bruit et de fureur, de trahisons et de combats farouches. Une épreuve du feu, qui forgera sa légende… ou la détruira.

Mon avis : Attention les amis, je vais vous présenter un gros coup de cœur, voire même mon plus gros coup de cœur de cette année. J’ai l’impression d’avoir attendu ce roman toute ma vie ! Bon ok, j’exagère peut-être un peu mais j’avais vraiment rêvé d’un livre qui casse tous les clichés de la littérature YA. Et il l’a fait ! Il a jeté par la fenêtre tous ces fichus clichés, et puis bon accessoirement je reconnais que l’histoire était tout bonnement passionnante et que les personnages étaient fabuleux. Donc oui, GROS COUP DE CŒUR !

L’histoire et l’univers créé par Erika Johansen m’ont captivée de bout en bout et m’ont convaincu à 1 000%, pourtant ce sont les personnages qui m’ont le plus marquée. Pour ceux qui me suivent, vous avez sans doute déjà remarqué que les personnages sont très importants pour moi. Ils comptent pour 50, voire 60% dans un roman. S’ils me laissent de marbre, il y a de grandes chances que je n’apprécie pas du tout le livre que je suis en train de lire !

Dans La Reine du Tearling, je suis littéralement tombée sous le charme de l’héroïne, Kelsea. La jeune femme est une héroïne vraiment unique. Elle transpire le courage, la bonté, la justice. Elle est tellement faite pour être Reine, malgré tout ce qui lui reste encore à apprendre ! Kelsea va vivre énormément d’épreuves dans ce premier tome, elle va connaitre des victoires mais aussi des échecs cuisants qui vont l’endurcir. Kelsea évolue constamment et je suis plus que curieuse de découvrir ce que lui réserve le tome 2. Physiquement, la jeune Reine est décrite comme quelconque, peu séduisante et avec un peu d’embonpoint. Cette description la rend tellement plus réaliste à mes yeux ! Pourquoi faudrait-il que les héroïnes soient toutes belles et sans défaut ? De toute façon, le personnage de Kelsea n’a pas besoin de ça, tant elle possède un charisme impressionnant.

Ensuite, l’auteure m’a fait plaisir avec des personnages secondaires fabuleux. Immédiatement je pense à Lazarus sans qui ce roman n’aurait pas été le même. C’est un personnage très secret, froid et distant vis-à-vis de Kelsea, même si on le sent très impliqué dans son rôle de Capitaine de la Garde. C’est étrange, on sent qu’on peut lui faire confiance mais en même temps on ne sait rien de lui et on le sait prêt à commettre des atrocités à n’importe quel moment. J’ai plus que hâte de retrouver ce personnage, tant sa complexité m’épate et tant sa relation avec Kelsea me fascine. Je suis charmée par Lazarus ! Ensuite, il y a bien évidement Le Fetch qui a titillé ma curiosité. On ne sait pas sur quel pied dansé avec le Prince des voleurs, et je suis certaine que l’auteure lui a prévu un rôle plus important et central qu’il n’y paraît dans la trilogie. Je retiens également les membres de la Garde de la Reine, tous très différents et avec des personnalités très marquées et complexes.

Une fois de plus, Erika Johansen a cassé quelques clichés en attribuant aux différents protagonistes des âges réalistes. Si dans certains romans des adolescents de 16 à 18 ans ont des postes à responsabilité, avec plusieurs hommes à leur solde, ou présentent des compétences de combattants surentrainés, ici l’auteure met en scène des hommes mûrs dont l’âge moyen est de 40 ans.

Ce roman n’aurait pas été un coup de cœur sans cette écriture fluide et agréable. Les chapitres sont assez longs (entre 30 et 50 pages), et pourtant à aucun moment je n’ai trouvé le temps long ! J’étais tellement absorbée dans le récit que je ne voyais pas les pages tourner. Si la plume d’Erika Johansen n’avait pas été aussi captivante, l’effet n’aurait pas été le même. J’ai aussi apprécié le fait que certains chapitres soient du point de vue d’autres personnages, notamment de personnages détestables ; cela nous permet de mieux comprendre leurs motivations.

En ce qui concerne l’univers imaginé par l’auteure, c’est assez déconcertant. On se trouve dans un univers très médiéval, et pourtant… l’histoire se déroule dans le futur ! La Reine du Tearling est donc parsemé de références à notre monde, à notre technologie ou même à notre culture. L’univers manque encore un peu d’approfondissement, et beaucoup de mystères demeure quant à la Traversée qui n’est qu’évoquée. Toutefois, je n’en tiens pas rigueur à l’auteure car je sais qu’elle a délibérément voulu laisser son lecteur dans le flou pour le surprendre plus tard !

Pour ce qui est de l’intrigue en soi, suivre l’avènement d’une Reine fut passionnant. Le monde dans lequel débarque Kelsea est un monde brutal, sanglant mais c’est surtout un monde d’hommes où la femme n’a pas sa place. Les embûches sont donc nombreuses et ont rendu le roman imprévisible et passionnant. Le monde que l’on découvre dans ce premier volume est un monde de magie, de complots, de secrets et de violence. Et pourtant, on sent qu’il nous réserve tellement plus dans la suite ! J’ai donc plus que hâte de me jeter sur le deuxième opus, qui promet une véritable évolution des personnages et de l’univers si particulier qui fait tout le charme de la trilogie.

Bilan : Un roman mi-fantasy mi-dystopie qui brise les clichés, des personnages merveilleusement travaillés qui fascinent, un univers complexe, dur et mystérieux, une écriture fluide et addictive… C’est un gros coup de cœur !

Note : 10/10

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Falling Kingdoms, book 5 : Crystal Storm, by Morgan Rhodes

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Attention ! Risque de spoilers sur les tomes précédents !

Résumé (traduction personnelle) : AMARA s’est emparé du trône de Mytica, mais alors qu’elle se bat pour libérer la puissante magie de l’unique gemme qu’elle possède, ses ennemis se rapprochent – à commencer par Ashur, le frère qu’elle pensait avoir tué.

JONAS est de retour à Mytica avec son groupe de rebelles et prévoit de reverser Amara, mais le destin en décide autrement : il va tomber sur la princesse Lucia et décide de la rejoindre dans son voyage périlleux.

LUCIA a échappé à l’emprise du Dieu du feu, mais ses pouvoirs déclinent, et le temps est compté pour réaliser la prophétie écrite pour elle et l’enfant qu’elle porte.

MAGNUS et CLEO doivent mettre à l’épreuve leur amour et se faire confiance, alors que Gaius est de retour à Mytica affirmant qu’il a changé et qu’il est à la recherche de rédemption.

Alors qu’une tempête se prépare et que les ténèbres s’abattent sur les royaumes, une terrible épreuve décidera de l’avenir de Mytica.

Mon avis : Frustrée de devoir attendre une traduction qui n’arrivera sans doute jamais, j’ai décidé de poursuivre cette saga en VO. Et quel plaisir de replonger dans un univers aussi merveilleux ! J’ai à la fois dévoré et savouré ce cinquième opus, qui ne fait que confirmer une certitude déjà acquise : The Falling Kingdoms fait partie de mes sagas favorites, incontournables et qui jamais ne me déçoivent ! Ce tome 5 est un véritable coup de cœur !

J’avais tellement hâte de retrouver les personnages qui m’avaient tant fait vibrer durant quatre volumes, mais en même temps j’avais de grandes attentes envers eux dans cet avant dernier tome ! Mais je vous rassure d’emblée, ils ont tous tenu leurs promesses et même plus encore. Commençons tout d’abord par les quatre personnages principaux que l’on suit depuis le tout début.

Si j’ai toujours grandement apprécié le personnage de Jonas, je trouvais malheureusement qu’il n’était plus indispensable à la saga. Toutefois, l’auteure a réussi à me prouver le contraire dans Crystal Storm. Jonas retrouve une place plus importante, de nouveaux enjeux gravitent autour de lui, pour mon plus grand plaisir ! C’est toujours avec un immense plaisir que je lis les points de vue de Jonas, tant j’aime son côté très terre-à-terre, et même parfois sarcastique ! C’est un personnage qui a fait du chemin depuis le tome 1, et dans ce tome 5 Jonas n’est plus le garçon que l’on avait connu, il est véritablement devenu un homme. Ses chapitres sont pleins de surprises et de rebondissements, je suis tellement curieuse et impatiente de savoir ce que lui réserve Morgan Rhodes dans le dernier volume !

Bon, s’il y avait bien un personnage que je n’avais pas hâte de retrouver, c’est bien celui de Lucia. Elle et moi, cela n’a jamais fonctionné. Une fois de plus, la jeune enchanteresse a mis mes nerfs à rude épreuve MAIS je dois reconnaitre que sur la fin, elle a commencé à davantage me plaire et à m’intéresser. L’auteure réussira-t-elle l’impossible dans le tome 6 ? Me faire apprécier le personnage si particulier de Lucia ?

Il est temps désormais d’évoquer le duo que j’attendais tant, qui fait battre mon cœur de plaisir et d’excitation. Dans ce tome 5, Cleo et Magnus sont mis à rude épreuve. Morgan Rhodes ne les ménage pas, et c’est tant mieux ! C’est dans l’adversité que je les apprécie encore plus. Le lien qui les unit va être extrêmement développé dans cette suite, et l’auteure nous réserve de magnifiques scènes. Les chapitres du point de vue de Cleo et de Magnus sont tout bonnement géniaux. (Comprenez que je fais un effort surhumain pour ne pas hurler et sauter partout telle une véritable fangirl !)

Pour ce qui est des personnages plus secondaires, je suis là aussi comblée. Amara a gagné en complexité, on a du mal à cerner ses véritables intentions mais c’est un personnage qui intrigue énormément. Gaius, le Roi du Sang, est de plus en plus ambigu et totalement déstabilisant ! Je ne sais vraiment pas quoi penser de lui, mais cela ne m’empêche pas de saluer son évolution constante et captivante. D’autres personnages se font plus discrets dans ce tome 5, tels que Felix, Nic ou encore Ashur mais leur présence fait du bien.

L’écriture de Morgan Rhodes est totalement captivante. J’ai toujours aimé son style fluide et agréable, mais ici je l’ai trouvé bien plus vif et plus prenant. Est-ce la version originale qui veut cela ? Je l’ignore, tout ce que je sais c’est que j’étais sous l’emprise de sa plume du début à la fin.

En ce qui concerne l’intrigue, elle a bien évolué. Les enjeux se font toujours plus grands, les sacrifices toujours plus terribles. L’univers créé par Morgan Rhodes n’a de cesse de m’éblouir à chaque fois, je m’émerveille devant tant de complexité et de maîtrise. L’auteure tire les ficelles de son intrigue d’une main de maître, n’hésitant pas à user de rebondissements tous plus inattendus les uns que les autres. Dans Crystal Storm, notre cœur de lecteur est mis à rude épreuve par une multitude d’émotions. Mon cœur a bien failli lâcher plus d’une fois au détour d’une page, lorsqu’un suspense immense survient, ou au détour d’une phrase tellement belle qu’elle nous coupe le souffle. Ce tome est rempli de péripéties, de retournements de situation insoupçonnables et d’alliances improbables, alors forcément il était impossible pour moi de le lâcher ne serait-ce qu’une seule seconde. Et pourtant, l’inévitable est arrivé : il a bien fallu refermer ce livre à la toute fin. Et quelle fin ! Quelle superbe et abominable fin ! J’en viens sérieusement à me questionner sur l’auteure : a-t-elle un cœur pour nous abandonner aussi lâchement à un tel moment ?

Bilan : Crystal Storm est un véritable coup de cœur. Je crois que je tombe un peu plus amoureuse de cette saga à chacun des tomes ♥ Morgan Rhodes confirme une fois de plus qu’elle maîtrise parfaitement l’art de manipuler son lecteur, de le surprendre jusqu’à la dernière ligne. Elle nous offre des personnages tous différents les uns des autres, avec des qualités et des défauts qui les rendent tellement humains. Vivement la suite et fin en décembre !

Note : 10/10

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Young Elites, tome 3 : L’Étoile de Minuit, de Marie Lu

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Attention ! Risque de spoilers sur les tomes précédents !

Résumé : Adelina a tourné le dos à ceux qui l’ont trahie et elle s’est vengée une dernière fois. Le règne du Loup Blanc est un triomphe, mais seulement par la cruauté dont fait preuve la reine. La noirceur qu’elle porte au plus profond de son cœur échappe à tout contrôle… Jusqu’au jour où un nouveau danger se manifeste. Adelina voit ses vieux démons se réveiller lorsque ses compagnons sont menacés. Pour préserver son empire, Adelina et les Roses doivent s’allier aux Dagues et s’engager dans une quête périlleuse. Cette alliance contre nature signera-t-elle leur mort à tous ?

Mon avis : Fraichement sorti, le troisième et dernier tome de Young Elites est rapidement passé à la casserole ! C’est une trilogie pour laquelle je n’attendais pas grand-chose, le premier tome ne m’avait d’ailleurs pas convaincue à 100%. Pourtant, La confrérie de la Rose m’avait agréablement surprise, et on n’était pas passé loin du coup de cœur ! C’est donc avec une grande impatience, et une certaine appréhension il faut le dire, que je me suis jetée sur cette conclusion, que j’ai tout bonnement trouvé magistrale !

Adelina a obtenu ce qu’elle recherchait tant : sa vengeance envers ses anciens alliés et une victoire écrasante contre le pouvoir qui a tant malmené les malfetto au cours des dernières années. Adelina règne donc impitoyablement sur son royaume et lance ses armées aux quatre coins du monde pour conquérir encore et toujours plus de terres. Mais Adelina est seule. Terriblement seule. En dépit de l’amitié indéfectible que lui voue Magiano, Adelina souffre de l’absence de Violetta et de ses démons qui ne la quittent jamais. Adelina, conquérante et sanguinaire, semble sombrer dans la folie. Jusqu’au jour où Raffaele lui fait une étrange proposition…

Tout d’abord, chapeau bas à l’auteure qui a eu le courage d’écrire une trilogie centrée sur une anti-héroïne aussi sombre et glaçante ! C’était un pari risqué, la preuve puisque certains lecteurs n’ont jamais pu accrocher avec le personnage d’Adelina, mais pour moi la jeune femme est tellement aboutie, tellement époustouflante que je n’ai pu qu’adhérer à ce personnage. L’évolution d’Adelina au cours des tomes est fascinante. On l’a connu en pleine faiblesse, puis têtue et acharnée, puis totalement folle et là on la redécouvre en souveraine. Adelina, dans son rôle de reine, est fabuleuse. Enfin, on ne peut pas dire qu’elle soit la souveraine la plus douce qui soit ! Mais je dois reconnaitre que sa personnalité et sa posture ont totalement changé. Elle est froide, voire glaciale, et met ses émotions de côté. Pourtant, on ressent toujours cette pointe d’humanité lorsqu’elle se trouve en présence de Magiano ou lorsqu’elle pense à Violetta. Dans L’étoile de minuit, le personnage d’Adelina atteint son apogée. C’est un personnage qui n’aura eu de cesse de me surprendre et qui m’aura pris aux tripes jusqu’au bout. Marie Lu est parvenu à nous offrir un personnage des plus complexes et des plus insaisissables, à la personnalité extrêmement travaillée. Adelina est un vrai coup de cœur, je ne suis pas prête de l’oublier !

Du côté des personnages secondaires, certains seront davantage effacés tandis que d’autres se révèleront totalement dans ce troisième et dernier opus. Je pense notamment à Violetta qui a su au fil des pages me séduire. Cette jeune Elite est à l’opposé de sa sœur, et c’est ce qui est justement intéressant. Elle est à la fois la meilleure part et la faiblesse d’Adelina. Violetta est donc un personnage indispensable au développement de l’héroïne, mais j’ai trouvé dans ce tome qu’elle avait su exister par elle-même. La grosse surprise de ce tome 3 est sans aucun doute Teren. Jusque-là, je méprisais réellement son personnage, le trouvant idiot de se laisser manipuler par Giulietta et n’appréciant pas du tout sa vision des choses. Pourtant, il va se révéler dans cette conclusion. Libéré de l’emprise nocive de Giulietta, sa véritable personnalité va apparaitre et on comprend enfin le pourquoi de certaines choses. J’ai adoré la conclusion que l’auteure a apporté à son personnage. Je ne m’étendrai pas davantage sur les personnages, si ce n’est pour dire que Magiano a une fois de plus su conquérir mon cœur 😉

L’intrigue de ce tome 3 se révèle assez différente de celles des deux autres tomes. L’aspect mythologique est davantage présent, et quel bonheur ! Marie Lu nous offre les réponses à nos questions, et nous livre des passages de toute beauté. La première partie du récit est très mouvementée. J’ai adoré ce début corrosif, où le monde des Elites tombe un peu en lambeaux. La seconde partie est bien plus mystérieuse. J’aimerais en parler davantage mais je ne souhaiterais pas non plus vous gâcher le plaisir de découvrir tous les rebondissements et les révélations que réserve l’auteure ! En tout cas, impossible de s’ennuyer tant on est absorbé par la quête des personnages. J’ai trouvé la fin absolument superbe, dans tous les sens du terme. D’une part, elle était très émouvante (j’ai versé ma petite larme à plusieurs reprises !), j’ai trouvé la façon dont Marie Lu avait tourné les choses très belle et poétique. D’autre part, la fin est cohérente vis-à-vis d’Adelina et de l’univers. Que du positif !

Bilan : Une trilogie qui ne paie pas de mine au départ, mais qui a su se faire une place parmi mes lectures incontournables. Je ne suis pas prête d’oublier Adelina, cette anti-héroïne si sombre et pourtant si touchante, ni les autres protagonistes qui apportent tous leur pierre à l’édifice. Un troisième tome qui conclut à merveille l’histoire enchanteresse de Marie Lu. Un presque coup de cœur !

Note : 8,5/10

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Gardiens des Cités Perdues, tome 1, de Shannon Messenger

Résumé : Depuis des années, Sophie sait qu’elle n’est pas comme tout le monde. Elle se sent à part à l’école, où elle n’a pas besoin d’écouter les cours pour comprendre. La raison ? Elle est dotée d’une mémoire photographique… Mais ce n’est pas tout : ce qu’elle n’a jamais révélé à personne, c’est qu’elle entend penser les autres comme s’ils lui parlaient à voix haute. Un casque vissé sur la tête pour empêcher ce bruit de fond permanent de la rendre folle, elle se promène un matin avec sa classe au musée d’Histoire naturelle quand un étrange garçon l’aborde.

Dès cet instant, la vie qu’elle connaissait est terminée : elle n’est pas humaine et doit abandonner son existence entière pour rejoindre un autre univers, qu’elle a quitté douze ans plus tôt. L’y attendent une pléiade de nouveaux condisciples, amis et ennemis, et une question obsédante : qui est-elle ? Pourquoi l’a-t-on cachée dans le monde des humains ? Pourquoi n’a-t-elle que des souvenirs partiels de son passé ? 

Mon avis : Cela fait très longtemps que l’envie de découvrir Les Gardiens des Cités Perdues me démangeait. Quand j’ai vu que le tome 5 venait tout juste de sortir, je me suis dit qu’il était temps de rattraper mon retard ! La majorité des lecteurs compare cette saga à Harry Potter, donc forcément mes attentes étaient très élevées ! Pourtant, il en est loin, clairement… Et pour moi, il ne mérite pas tous les éloges qu’il reçoit. Mais ne vous méprenez pas, j’ai malgré tout aimé ma lecture !

Ce qui est assez déconcertant, c’est que l’on plonge très rapidement dans l’univers. A peine le temps de faire connaissance avec la jeune Sophie, que quelques pages après, elle se voit propulsée dans un nouveau monde, qu’on lui apprend qu’elle est une elfe avec des pouvoirs et que désormais elle ne reverra plus sa famille. Bon, vous l’aurez compris j’ai été abasourdie devant tant de facilité, surtout que Sophie accepte son nouvel environnement sans trop broncher. Toutes ces facilités m’ont fait tiquer, car j’estime que ce n’est pas parce que c’est un roman jeunesse qu’on ne peut pas complexifier un peu les choses !

Bref, une fois cette introduction rapide, on doit s’acclimater à un nouvel univers assez déconcertant. Avant de débuter ma lecture, je ne m’attendais pas à trouver des elfes, des gobelins, des trolls ou encore des créatures fantastiques toutes plus improbables les unes que les autres ! J’avoue que j’ai eu du mal à m’y faire. J’ai dû me raccrocher à ce qui m’intéressait vraiment, c’est-à-dire au personnage de Sophie et à tout le mystère qui l’entourait.

Sophie est une héroïne facile à suivre, attachante bien que parfois un peu agaçante. Elle n’a que 12 ans, mais elle a su faire preuve d’une certaine maturité face à des situations difficiles, voire dangereuses. L’intrigue tourne essentiellement autour du mystère de sa naissance, et de ses pouvoirs bien plus puissants que les autres elfes. C’est donc extrêmement passionnant ! J’espère seulement que son côté guimauve va disparaitre, ou au moins diminuer, parce qu’elle rougit toutes les trois pages dès qu’un garçon lui parle ou la regarde.

Pour ce qui est des personnages secondaires, il y en a à foison ! Le premier que l’on rencontre est Fitz, et on ne peut pas dire qu’il m’ait fait bonne impression. Au bout de 80 pages à peine, j’avais déjà envie de l’étrangler ! Heureusement par la suite on le voit un peu moins, ce qui permet d’apprécier davantage ses apparitions. Dex quant à lui m’a totalement séduite. J’aime sa personnalité un peu fantasque et son côté protecteur envers Sophie. Je suis curieuse de voir ce que lui réserve l’auteure. En ce qui concerne Keefe et Biana, je ne peux pas réellement me prononcer. On sent qu’ils deviendront des personnages importants, mais pour le moment leurs apparitions sont encore trop peu nombreuses pour que je me fasse un réel avis.

Shannon Messenger a également introduit une flopée de personnages adultes, qui ne m’avaient pas séduite au départ. En effet, je les trouvais tous trop beaux et trop gentils, et les seuls « méchants » se résumaient à des professeurs qui distribuaient de mauvaises notes. Heureusement, ils vont gagner en relief au fil du roman et je ne doute pas que l’auteure introduira dans sa suite de nouveaux protagonistes plus sombres pour pimenter le tout.

Comme je le dis plus haut, j’ai eu un peu de mal au début de ma lecture. Pourtant plus j’avançais dans le roman, plus je devenais accro en dépit de tous les défauts du livre ! En effet l’écriture de Shannon Messenger n’en reste pas moins très addictive et les événements qui s’y déroulent sont captivants. Les mystères s’accumulent, nos questions aussi, et je suis réellement curieuse d’en apprendre plus sur le mystérieux Cygne Noir et le Projet Colibri. Je dois reconnaitre que le dernier quart était vraiment excellent, tant au niveau suspense qu’au niveau frisson ! C’est donc sur une excellente note que j’ai refermé ce premier tome, qui me donne déjà envie de lire le deuxième.

Si pour moi ce n’est clairement pas le nouveau Harry Potter, Les Gardiens des Cités Perdues peut s’apparenter à un Tara Duncan (à ses débuts) amélioré, ou à une sorte d’Oksa Pollock. Toutefois Shannon Messenger, même si elle reprend les codes classiques de la littérature jeunesse, a su créer un univers bien à elle.

Bilan : Malgré quelques défauts, cette lecture n’en reste pas moins addictive, et je la recommande aux lecteurs de tout âge !

Note : 7.5/10

Une Braise sous la Cendre, tome 2 : Une Flamme dans la Nuit, de Sabaa Tahir

Attention ! Risque de spoilers sur le tome précédent !

Résumé : « Tu as compris, Laia,
Ils nous pourchassent. Il n’y a aucun moyen
 de quitter la ville. La peur est notre meilleur guide,
elle nous maintiendra en vie. »

Elias a toujours voulu quitter Blackcliff pour enfin devenir libre. Mais ce rêve a un prix : Laia, une jeune résistante, lui permettra de fuir s’il l’aide à faire évader son frère, enfermé dans la pire prison de Blackcliff. Malgré le risque, Elias n’hésite pas une seconde et décide de forcer son destin. Traqués par les Martiaux, les fugitifs ignorent que ce voyage les conduira jusqu’au cœur de l’Empire, où des dangers plus périlleux encore les attendent…

Mon avis : Une Flamme dans la Nuit est la sortie que j’attendais avec le plus d’impatience cette année. Et pour cause, le tome 1 s’était révélé être un coup de cœur et la fin m’avait donnée encore plus envie de me jeter sur le tome suivant ! J’avais pas mal d’attentes vis-à-vis de cette suite, et Sabaa Tahir a su relever le défi sans souci, car une fois de plus : c’est un coup de cœur !

Côté personnages, il y une grosse évolution, que ce soit au niveau de leur caractère ou de leur place dans l’intrigue. On va de surprises en surprises avec eux ! On passe par toute une palette d’émotions  à leur côté, on ressent un attachement profond envers certains, et une haine accrue envers d’autres.

Elias : quel plaisir de retrouver ce héros ! J’étais déjà sous le charme du jeune Mask dans Une Braise sous la Cendre et ce second volet ne fait que confirmer ma première impression. C’est un jeune homme fort et combattif, très humain contrairement à ces congénères. Elias a de nombreuses valeurs, et malgré les obstacles il tente de rester lui-même. Il lui arrive des choses plutôt inattendues dans ce tome, et dès les premiers chapitres j’ai été déboussolée ! L’auteure ne va pas ménager Elias, bien au contraire elle le soumet à diverses épreuves chacune plus terrible que la précédente. Je suis curieuse (et impatiente !) de découvrir ce que lui réserve la suite de la saga, surtout au vu de l’évolution imprévisible du personnage.

Laia : j’avais eu quelques difficultés avec elle dans Une Braise sous la Cendre, car elle se trouvait un peu « écrasée » entre les deux personnalités flamboyantes d’Elias et Helene. Il lui manquait un petit quelque chose pour que je l’apprécie réellement. Dans ce tome 2, c’est une nouvelle Laia que l’on découvre. Plus mûre, plus courageuse aussi, elle s’impose enfin dans cette aventure et se révèle, que ce soit dans les scènes de combat ou dans les décisions à prendre. Laia est plus forte mentalement aussi, elle m’a paru moins naïve. L’histoire prend une tournure assez surprenante quant à elle, je me questionne sur beaucoup de points. Les mystères s’accumulent, j’ai donc hâte d’en savoir plus…

Helene : pour moi, c’est LA révélation de ce roman. J’étais déjà sous le charme de la jeune Mask dans le premier tome, la préférant même aux protagonistes principaux, mais là c’est l’apothéose ! Sabaa Tahir lui a enfin donné voix au chapitre comme je l’espérais tant, et le point de vue d’Helene donne encore plus de force au roman. C’est un personnage insaisissable, puissant et fragile à la fois. Elle encaisse les coups, et honnêtement j’admire sa détermination et sa force ! Même à terre, Helene continue de se battre pour ses idéaux, bien qu’ils seront mis à mal dans ce tome 2. Helene est un personnage en or, avec énormément de potentiel à exploiter. C’est une héroïne poignante et touchante, qui prend aux tripes. Outre le fait que ce soit mon personnage favori, son point de vue apporte aussi une dimension plus politique à l’histoire. On se trouve au centre du pouvoir, on peut observer les manipulations politiques de Marcus et de la Commande de plus près. Ce n’est donc que du positif !

Pour ce qui est des personnages secondaires, Sabaa Tahir fait très fort également. La Commande est glaçante dans son rôle de méchante. On parvient difficilement à la cerner, mais ce qui est sûr c’est que ses ambitions n’ont aucune limite. On revoit également Keenan qui promet son lot de surprises, Afya qui est une femme forte et battante dans ce monde d’hommes, et le terrible Marcus, devenu Empereur, que j’aurais néanmoins souhaité voir davantage pour mieux le comprendre. L’auteure introduit aussi quelques nouveaux protagonistes qui promettent de bouleverser le cours des choses. Je n’en dirai pas plus sur eux, mais en tout ils m’intriguent au plus haut point !

Cette suite mêle avec brio intrigues politiques, action et suspense. Autant vous dire que la décoction finale est explosive ! Dès les premières pages, on replonge dans un univers qui n’a cessé de m’étonner. Complexe et très travaillé, on s’y croirait. En tout cas, je suis sous le charme des décors qui nous sont si bien retranscrits et des petites touches de magie qui parsèment le roman. Vous l’aurez compris, ce n’est pas un tome de transition inutile ! C’est un livre qui oscille entre émotions à l’état brut et retournements de situation atroces ! Pour moi, il est encore meilleur que le premier. En tout cas je suis plus qu’impatiente de retrouver l’écriture si fluide et addictive de Sabaa Tahir. Dommage que ce soit pour 2018…

Bilan : Une suite magistrale à la hauteur des personnages fabuleux et de l’intrigue complexe et addictive. C’est un coup de cœur !

Note : 9.5/10

Young Elites, tome 2 : La confrérie de la Rose, de Marie Lu

Attention risque de spoilers sur le tome précédent !

Résumé : Il était une fois une jeune fille sans histoire. Son père, son prince et ses amis la trahirent, alors elle décida de les détruire.
Adelina veut se venger de tout ce que sa famille, ses amis et ses ennemis lui ont fait subir. on l’appelle désormais le Loup Blanc. Après avoir fui Kenettra avec sa sœur, la jeune femme décide de rechercher de nouveaux alliés pour monter sa propre confrérie d’Elites et détruire l’Inquisition. Mais son pouvoir la dépasse et elle est son pire ennemi… Saura-t-elle résister à la noirceur dans laquelle elle puise sa force ou succombera-t-elle à une folie destructrice ?

Mon avis : Si le premier tome de Young Elites comportait quelques défauts, il me tardait néanmoins de lire la suite. Pour tout vous dire, j’avais tellement hâte que je me suis jetée dessus très rapidement ! Au final je ne regrette pas d’avoir fait confiance à mon instinct et d’avoir laissé sa chance à cette trilogie, car j’ai adoré et c’est un coup de cœur !

Au cours du terrible combat qui avait opposé les Dagues aux Inquisiteurs, et notamment à Teren, Enzo avait trouvé la mort à cause de la terrible erreur commise par Adelina. Les anciens amis d’Adelina ne lui font désormais plus confiance et la chassent de la confrérie. Blessée dans son estime et dans son cœur, Adelina part la tête haute avec un nouvel objectif : réunir de nouveaux combattants Elites pour former sa propre confrérie et se venger. Mais Adelina est submergée par ses démons qui ne la quittent jamais, et son esprit menace de sombrer définitivement…

Adelina m’avait déjà fait forte impression dans le premier tome, mais là l’auteure développe encore davantage son potentiel. On découvre donc une autre Adelina, plus sombre, qui peut se montrer cruelle, et qui prend un certain plaisir à faire souffrir les autres. Son pouvoir lui échappe, grandit et semble prêt à embraser son monde. Le personnage d’Adelina est donc un personnage insaisissable et indomptable, fougueux et imprévisible. Il est impossible d’anticiper les sautes d’humeur de la jeune femme qui peuvent se révéler catastrophiques pour la suite de l’histoire. En tout cas, j’adore cette anti-héroïne ! Marie Lu assume totalement de sortir des codes de la littérature YA et c’est tant mieux !

L’auteure m’a également fait très plaisir du côté des personnages secondaires. Ils possèdent tous cette espèce de dualité qui fait qu’ils ne sont ni totalement bons ni foncièrement mauvais. J’ai adoré revoir Raffaele, bien qu’il soit plus effacé dans cette suite. On en apprend un peu plus sur lui et sur sa personnalité, il est moins difficile à saisir qu’avant. Teren n’est quant à lui toujours pas parvenu à me séduire, je n’arrive pas à le cerner et son côté « amoureux obsessionnel » m’agace beaucoup.

Dans La Confrérie de la Rose, Marie Lu a introduit de nouveaux personnages topissimes. Je pense notamment à Violetta, la petite sœur d’Adelina. Elle apparaissait déjà dans le tome 1, mais pour moi elle ne devient réellement importante que depuis ce tome 2. C’est un personnage qui se révèle très différent de sa sœur, elle est beaucoup plus douce et tente de modérer le tempérament d’Adelina. J’adore son pouvoir et je pense qu’elle peut jouer un rôle clé dans le troisième et dernier volume. Ceci dit, le vrai coup de cœur de ce roman c’est Magiano ♥. Je suis tombée totalement sous le charme du jeune Elite. Je suis 100% fan de son pouvoir, de son caractère, de sa façon d’être avec les autres personnages… Je ne vais pas en dire davantage pour vous laisser le plaisir de le découvrir par vous-même. J’ai également hâte de retrouver Sergio qui demeure encore trop en retrait à mon goût.

Pour ce qui est de l’écriture, j’ai trouvé le style de Marie Lu beaucoup plus cohérent. Les pensées sombres et machiavéliques d’Adelina écrites en italique sont bien mieux intégrées à la narration générale, et nous permettent de mieux comprendre ce qui se joue dans l’esprit de la jeune femme. L’auteure a également repris le système des points de vue alternés entre Adelina, Teren et Raffaele, sauf que cette fois j’ai trouvé ça utile vu que les personnages sont dispatchés aux quatre coins du Royaume.

L’intrigue prend un nouveau tournant et a su rebondir de façon étonnante. La Confrérie de la Rose n’est pas un tome de transition inutile comme dans certaines trilogies, il est au contraire une pièce maitresse qui permet à l’histoire de se réorienter, de gagner en complexité et en enjeux. Et quels enjeux ! Il n’est plus question seulement de la vengeance d’Adelina, c’est l’avenir du Royaume, des malfettos et des Elites qui est menacé… Ce tome comprend également beaucoup d’action et de suspense, certains moments nous retournent le cœur et d’autres nous surprennent. Des révélations nous sont faites et elles vont sans nul doute bouleverser pas mal de choses ! En tout cas, la fin m’a soufflée. J’étais littéralement en état de choc à la suite de certaines révélations stupéfiantes et de la tournure imprévisible de l’histoire. Autant vous dire que j’ai hâte de tenir dans mes mains le tome final qui est prévu pour mars 2017 ! Que ça va être long d’attendre !

Bilan : Un tome bien meilleur que le précédent ! Marie Lu nous offre des personnages complexes et saisissants, de l’action et une intrigue bien ficelée. J’ai hâte de lire la suite après une fin aussi magistrale ; ce tome 2 est un coup de cœur !

Note : 9/10

The Young Elites, tome 1, de Marie Lu

Résumé : Adelina a survécu à l’épidémie qui a ravagé son pays. D’autres enfants, comme elle, ont survécu, la maladie laissant sur leur corps d’étranges marques. Les cheveux d’Adelina sont passés de noir à argenté, ses cils sont devenus blancs et une cicatrice barre la moitié gauche de son visage. Son père voit en elle une malfetto, une abomination, une disgrâce pour son nom et sa famille, synonyme de malédiction. Mais la rumeur dit que les survivants ont gagné davantage que des cicatrices : ils auraient acquis de mystérieux super-pouvoirs. Et, bien que leur identité demeure secrète, ces survivants ont déjà un nom : les Elites.

Mon avis : Ces derniers temps j’étais à la recherche d’une bonne vieille dystopie, parce que ça reste toujours un genre très agréable à lire et je me projette assez facilement dans ce type d’univers. Le seul problème, c’est que je n’avais pas compris que Young Elites se déroulait au XIVe siècle ! Bon, moi qui m’attendais à société assez moderne, voire futuriste, c’est raté ! Ceci dit, ce n’est pas une déception pour autant, car j’ai passé un bon moment de lecture 😉

La fièvre rouge a ravagé le pays et n’a laissé derrière elle que la mort et la souffrance. Ceux qui ont survécu à l’épidémie en portent encore les marques sur leur corps. On les appelle les malfettos, ils sont opprimés et détestés par la majorité de la population. Mais ceux que l’on craint réellement, ce sont les Young Elites. Une bande de malfettos qui auraient développés d’étranges et dangereux pouvoirs… Adelina, une jeune malfetto détestée par son père, va voir son destin basculer lorsqu’elle décide de fuguer. Commence pour la jeune fille une véritable course-poursuite pour sa survie, mais aussi une quête pour découvrir qui elle est réellement…

Ce qui est assez frappant, et ce dès le début de notre lecture, c’est le personnage d’Adelina. L’héroïne, ou devrais-je plutôt dire l’anti-héroïne, est extrêmement atypique, et est à mille lieux des héroïnes badass qui ne cherchent qu’à faire le bien. Adelina a une âme sombre, dangereuse, mauvaise. Certes, elle a souffert de l’absence d’amour de son père mais j’ai été étonnée de découvrir un personnage aussi négatif ! J’ai plutôt adhéré à Adelina, son évolution me plait énormément mais je trouve qu’elle s’apitoie un peu trop sur son sort. Elle voit tout en noir, elle est persuadée d’être la seule à souffrir dans l’histoire et ne se rend même pas compte du mal qu’elle fait aux autres. Pour le coup, c’est un personnage original mais j’espère qu’elle gagnera en nuances par la suite sinon je risque de me lasser de sa personnalité.

Du côté des personnages secondaires, on a une palette assez intéressante et variée. Honnêtement, je ne me suis pas attachée à un seul d’entre eux, mais ils ont le mérite de titiller ma curiosité ! Enzo, par exemple, est un personnage très mystérieux. Froid, exigeant, dur, il ne va pas être tendre avec la jeune Adelina. Pourtant c’est un personnage bien plus complexe que cela, et je ne suis pas encore parvenue à le cerner dans son intégralité. Raffaele est un personnage plus doux en apparence, néanmoins il possède une part plus sombre. C’est un personnage double qui paraît très sympathique au premier abord, mais on se rend vite compte qu’il possède un aspect plus calculateur. C’est l’un des personnages qui m’a le plus séduite, j’ai hâte de voir son évolution. Celui qui tient peu ses promesses, c’est Teren. Je me suis rapidement emballée en découvrant un méchant comme je les aime, mais plus les pages se tournaient et plus je le trouvais « creux ». Dommage !

Le style de Marie Lu est somme tout assez classique. Le roman se laisse lire avec fluidité, on tourne les pages avec aisance et on est rapidement pris par le rythme du récit. Ce qui m’a beaucoup plu, c’est les pensées d’Adelina en italique. Etait-ce réellement utile sachant que la narration est à la première personne ? Non c’est sûr, mais Marie Lu se contente de mettre en italique les pensées les plus sombres et mauvaises de l’héroïne ce qui accentue l’effet de dualité chez le personnage. Ce qui m’a semblée superflu par contre, c’est les points de vue de Teren et Raffaele. Ils n’apportent rien de plus au roman, et sont tellement peu nombreux et courts de surcroît que franchement… On peut très bien s’en passer.

Si l’histoire se passe au XIVe siècle comme je le disais plus haut, cela ne révolutionne pas le genre pour autant. Ce qui fait la force de Young Elites, c’est clairement les personnages complexes qui tirent l’histoire vers le haut. Sans cela, le tout serait bien fade. Certes, l’histoire plait et reste très sympa à lire mais zut ! J’aurais aimé être surprise ! Aucune des péripéties ne m’a scotchée, et je trouve cela fort dommage. Il y avait matière à créer plus de rebondissements, de créer plus de situations à suspense et même la fin qui, dans son ensemble, créé un léger cliffhanger ne m’a pas totalement convaincue. Je m’attends donc à plus de surprises dans le tome 2, que je compte lire très prochainement.

Pour ce qui est de l’univers en général, rien de bien nouveau sous le soleil. Un univers bien ficelé, mais assez classique. J’attends donc de La Confrérie de la Rose qu’il bouscule les codes habituels du genre !

Bilan : Un premier tome prometteur. Il ne révolutionne pas le genre et reste assez classique dans son déroulement, mais les personnages sont extrêmement fouillés et originaux. Un bon moment à passer aux côtés des Young elites.

Note : 7.5/10