L’innocence, de Brian Deleeuw

Résumé : Il s’appelle Luke Nightingale et il a 6 ans. Lors d’un froid après-midi de novembre, dans une allée de Central Park aux abords du Metropolitan Museum, il rencontre Daniel. Et sa vie bascule.
Claire, la mère de Luke, est dépressive ; elle n’a guère le temps de s’occuper de son fils et de son nouvel ami. Il y a pourtant quelque chose d’anormal chez Daniel. Exclusif et cruel, il s’emploie à faire le vide autour de Luke comme s’il se nourrissait de son malheur. Ça tombe bien : Luke est souvent malheureux. Mais ne pourrait-il l’être davantage encore ? Peu à peu, ce qui ressemblait à une simple amitié entre deux enfants revêt les allures d’une terrifiante emprise dont il devient vital pour Luke de se défaire.
Douze ans plus tard, tandis que l’enfant devenu adulte entre à l’université, Daniel, qui avait disparu, est de retour. Et Luke doit désormais se battre pour conserver le contrôle de son existence. Car certaines amitiés semblent destinées à ne jamais mourir.

Mon avis : C’est avant tout la couverture qui m’a donnée envie de lire L’innocence. Brutale, puissante, elle met immédiatement mal à l’aise le lecteur. Le résumé, ensuite, m’a intriguée. J’avais déjà hâte de rencontrer Luke et son ami Daniel, et de les voir évoluer. Mais au final je dois avouer que je suis assez déçue…

Dès les premières lignes j’ai été surprise de découvrir que Daniel était le narrateur, et non pas Luke comme je l’aurais imaginé. En effet, je pensais me retrouver face au récit de Luke qui allait se débattre face à l’écrasante personnalité de Daniel. La première partie du roman se déroule lorsque les deux garçons sont encore enfants. Le style est très particulier, Daniel étant un personnage très difficile à saisir. Je ne sais pas si la traduction est mauvaise ou non, mais je n’ai pas trouvé le style fluide ce qui a rendu la lecture assez laborieuse…

L’autre gros point noir du roman, c’est que j’avais tout deviné au bout de 30 pages à peine ! De nombreux lecteurs ont relevé cela, donc j’ignore si c’était voulu par l’auteur ou s’il a manqué son coup. Surtout que la quatrième de couverture évoque une chute surprenante ! Je me suis donc sentie un peu trahie… Lorsque la révélation finale arrive, forcément il n’y a plus aucune surprise ! Je pense toutefois que Brian Deleeuw voulait que son lecteur devine à un certain moment donné, notamment vers la troisième partie, mais quand même on est forcément déçu lorsqu’on nous promet « une explosion finale » !

Les personnages de L’innocence sont très différents de l’idée que je m’étais faite d’eux en lisant le résumé. Luke est décevant ! Je sais bien qu’on le voit au travers des yeux de Daniel, mais l’image qui nous est dépeinte ne nous donne pas envie. C’est un garçon mou, sans personnalité, qui ne réagit quasiment jamais ! Il était le spectateur de sa propre vie, alors que j’aurais aimé le voir combattre Daniel avec plus de force et d’entrain. Pour ce qui est de Daniel, j’ai du mal à me prononcer. D’un côté c’est un protagoniste extrêmement malsain, qui met mal à l’aise et qui nous perturbe mais d’un autre côté on sent qu’il a un gros besoin d’attention et d’affection. C’est le personnage le plus travaillé du roman, et c’est un peu pour lui que j’ai décidé de le finir.

En en ce qui concerne les personnages secondaires, j’ai détesté Claire, la mère de Luke. Elle est totalement fêlée, dépressive, et même si elle aime son fils, elle le néglige. C’est un personnage insaisissable, et même si je comprends qu’elle soit malade, je n’ai vraiment eu aucune pitié pour elle. A vrai dire, elle m’agaçait et tous les passages entre elle, Luke et Daniel étaient peu intéressants car ils se ressemblaient tous. Toutefois il y a d’autres personnages plus discrets qui ont retenus mon attention. Je pense notamment à Cassie, que je saurais souhaitée plus présente car elle avait un effet à la fois positif et négatif sur les garçons, et à Richard dont l’amitié avec Luke était particulière.

Le roman se découpe donc en trois parties, la première est centrée sur l’enfance des deux garçons, la seconde sur leur évolution 12 ans après et la dernière concerne davantage « la révélation ». En dépit du fait que j’avais deviné cette révélation, la fin n’en reste pas moins surprenante. L’auteur nous laisse sur une fin assez brutale qui nous récompense en quelque sorte d’avoir enduré 300 pages où il ne se passait pas grand-chose. En effet, j’ai globalement trouvé le roman très mou. On nous vante un sentiment de menace omniprésent et une tension extrême que je n’ai pas réellement retrouvés. Certes Daniel est glauque et malsain, mais le roman manquait de force et de puissance, sans doute à cause d’un Luke totalement amorphe. Certains passages, notamment vers la fin, m’ont vraiment intéressée et captivée car on prenait enfin conscience de toute l’ampleur que prenait Daniel dans la vie de Luke ainsi que de son esprit tordu, mais malheureusement ces passages étaient trop peu nombreux…

Bilan : Un thriller psychologique en demi-teinte, qui manquait de suspense et de caractère. Une petite déception.

Note : 5/10

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