Archives pour la catégorie Historique

Rose Morte, tome 1 : La floraison, de Céline Landressie

Résumé : France, fin du XVIe siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.
Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier. Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d’Artus de Janlys. Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle…

Mon avis : J’ai dégoté les trois premiers tomes de Rose Morte un peu par hasard, pour seulement 8€ ! Alors forcément j’ai sauté sur l’occasion, surtout que cette saga me faisait de l’œil depuis un moment sans que je connaisse réellement l’histoire.

Dans ce premier tome, Céline Landressie pose les bases de son univers. C’est donc davantage un tome introductif pour moi ; toutefois ce n’est pas un point négatif ! On prend le temps de connaitre le personnage de Rose, ainsi que les autres protagonistes principaux, mais surtout on prend conscience de l’ampleur du contexte historique qui imprègne ce roman. J’ai été véritablement bluffée par le travail de titan réalisé par l’auteure, car le moindre dialogue, le moindre détail respire le XVIème siècle. J’ai vraiment eu l’impression d’évoluer à cette époque, et c’est fabuleux ! Vous l’aurez donc compris la plume de l’auteure est donc très riche, mais à aucun moment je ne l’ai trouvée pesante ou lourde. Le tout se laisse lire avec une grande fluidité.

Pour ce qui est des personnages, Céline Landressie a avant tout misé sur deux protagonistes : Rose et Artus de Janlys. J’ai très rapidement adhéré à l’héroïne, qui est une jeune femme forte. Son caractère buté et têtu dérange dans cette société où la femme n’a guère son mot à dire. J’ai donc adoré son côté buté ! Tout au long du roman, Rose va évoluer et gagner en maturité. Je suis curieuse de voir comment l’auteure peut encore faire évoluer ce personnage. Si le personnage féminin central du roman m’a pleinement convaincue, ce n’est pas encore le cas d’Artus. On a affaire à un homme sûre de lui, extrêmement secret et mystérieux. Malgré son magnétisme, j’avoue avoir encore des réserves. Certains de ses comportements sont inexplicables, et toutes les zones d’ombres qui gravitent autour de lui me laissent méfiante.

Les personnages secondaires m’ont quant à eux bien plu. J’ai adoré l’amie de Rose, Charlotte. Cette demoiselle a une personnalité moins inattendue que son amie, mais elle possède une pêche et une innocence bienvenues dans cet univers sombre et gothique. Le second personnage qui m’a marquée est celui d’Adelphe. Il est placé dans une position assez inconfortable vis-à-vis d’Artus et Rose, ce qui a forcément titillé ma curiosité. Je pense qu’il y a matière à faire des choses très intéressantes avec Adelphe dans les prochains tomes !

Le rythme du roman est assez lent, et comporte très peu d’action. Les éléments fantastiques surviennent très tardivement, il faut savoir être patient ! Même lorsque la part de fantastique apparait, elle demeure timide tant l’auteure est avare d’informations. D’un côté, je comprends qu’elle ait voulu nous placer dans la même situation floue et obscure que Rose, mais d’un autre côté c’est absolument rageant ! Toutefois, le peu d’éléments qui nous sont fournis dans ce premier volume laissent présager une mythologie riche et mûrement réfléchie. Vers la toute fin du livre, les enjeux se dessinent timidement mais nous donnent très envie de nous jeter sur le tome 2, Trois Epines.

Bilan : La Floraison est donc un long tome d’introduction, passionnant malgré quelques passages à vide. On apprend à connaitre Rose et à apprivoiser son caractère tempétueux. La mythologie, bien que seulement esquissée, est passionnante et nous met l’eau à la bouche. Je n’attendrai pas très longtemps avant de me jeter sur la suite !

Note : 8/10

 

Le Sel de Nos Larmes, de Ruta Sepetys

Résumé: Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées. Chacun né dans un pays différent. Chacun traqué et hanté par sa propre guerre. Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l’avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes… Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhem Gustloff, un énorme navire promesse de liberté…

Mon avis : C’est avec beaucoup d’impatience que j’attendais la sortie du Sel de nos larmes de Ruta Sepetys. Si je m’attendais à être très émue par ce roman, je suis restée étrangement hermétique tout au long de cette lecture… Attention, je ne dis pas que je n’ai pas aimé ! C’est une lecture vraiment bonne, et très importante au vu des faits qui y sont rapportés, mais je m’attendais vraiment à mieux…

Je tiens tout d’abord à tirer mon chapeau pour cette superbe couverture, qui donne très envie de lire le roman mais qui rend aussi plutôt hommage au récit. Vraiment je l’adore !

Mais bon, revenons-en au contenu. Et quel contenu ! Je suis soufflée par le travail colossal réalisé par Ruta Sepetys qui a rassemblé une quantité impressionnante de témoignages et qui a réalisé un vrai travail de documentation. J’ai particulièrement apprécié la postface de l’auteure, qui nous permet de nous rendre compte à quel point le chemin pour parvenir à l’écriture de ce livre fut long et laborieux. Je tiens vraiment à féliciter l’auteure qui nous sert donc un récit réaliste, conforme à la triste réalité et qui a eu le courage de nous présenter une tragédie encore méconnue de tous. Je trouve ça absolument hallucinant qu’un tel naufrage ayant fait un nombre si grand de victimes soit passé à la trappe de l’Histoire ! C’est rassurant de savoir qu’un grand nombre de lecteurs prendra connaissance du terrible naufrage du Wilhelm Gustloff, et s’en souviendra. En tout cas, ça m’a donnée envie de me documenter !

Sans vouloir dénigrer son travail, j’ai trouvé que la narration ne fonctionnait pas du tout. Je pense que l’alternation des points de vue était bien trop rapide. Chaque chapitre se concentre sur un personnage, mais chaque chapitre fait seulement une, deux, voire trois pages pour les plus longs ! Le Sel de Nos Larmes se lit donc extrêmement vite, mais on a à peine le temps d’être avec un personnage que l’on doit déjà s’en séparer pour passer au suivant. Chaque action en cours est donc interrompue de façon intempestive ce qui perturbait la dynamique du roman.

Pour ce qui est des personnages, on suit trois jeunes adultes et une jeune fille de quinze ans. Chacun d’entre eux dissimulent quelque chose, un fait, une action qu’il nous faudra découvrir au fur et à mesure de notre lecture. Joana, l’infirmière Lituanienne, m’a particulièrement séduite. J’ai vraiment aimé sa personnalité forte et déterminée, sans cesse prête à aider les autres. C’est le personnage qui est le plus fort en apparence, mais elle cache des failles profondes et on se questionne sur certaines zones d’ombre de son passé. Florian est également un personnage que j’ai adoré. Il est mystérieux, tente de garder ses distances, et pourtant chaque rencontre va le façonner et le changer à jamais. Florian entretient une relation particulièrement avec chacun des personnages, mais celle qui m’a le plus touchée est sans aucun doute celle qu’il entretient avec la jeune Polonaise, Emilia. Cette dernière est très jeune, très enfantine et détonne avec les horreurs de la guerre. On a envie de la protéger de tout ça et de garder son innocence. Le seul personnage qui ne m’a pas convaincu est Alfred. Pas seulement parce qu’il s’agit d’un jeune nazi, mais parce que j’ai trouvé son traitement assez mauvais. Je pense qu’il y avait matière à faire autre chose avec ce personnage tout en gardant son passé et ses pensées. J’ai trouvé ses chapitres particulièrement décousus et ennuyants.

Le rythme du roman est perturbé par des chapitres trop courts, mais on entre malgré tout dans une lecture qui reste addictive. Il était très difficile pour moi de reposer le livre une fois commencé ! En tout cas, on suit avec plaisir, et effroi, le périple de ces jeunes gens et des personnes qui les accompagnent. Je n’ai pas été très émue durant ma lecture, sans doute à cause d’une écriture un peu trop froide à mon goût. Certes l’auteure n’est pas là pour nous offrir une histoire larmoyante, mais j’avoue que je me suis presque sentie inhumaine et anormale de ne pas avoir versé ma petite larme… Une autre chose m’a déçue : le dénouement ! En soi, j’ai adoré la fin, la conclusion que nous livrait Ruta Sepetys, dure et belle à la fois mais je l’ai trouvé affreusement rapide ! La fin nous tombe dessus sans qu’on s’y attende, et elle survient alors que l’on était en plein cœur d’une action ! J’aurais aimé qu’il y ait encore une trentaine de pages pour nous offrir une fin digne de ce nom et digne de ce roman.

NB : Ce troisième roman de Ruta Sepetys est étroitement lié à son premier livre Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre car Joana est la cousine de Lina, l’héroïne de ce dernier !

Bilan : Si j’ai été un peu déçue par la narration maladroite et par la fin expéditive, Ruta Sepetys nous offre malgré tout une leçon d’Histoire et de vie grandiose. Un roman à lire absolument, en hommage aux  10 000 victimes du naufrage du Wilhelm Gustloff !

Note : 7.5/10

Le Clan des Otori, tome 1: Le Silence du Rossignol, de Lian Hearn

Résumé: Au XVIème siècle, dans un Japon médiéval mythique, le jeune Takeo grandit dans un village tranquille, au sein d’une communauté qui condamne la violence. Mais cette communauté est victime de persécutions, et les habitants du village de Takeo sont massacrés par les hommes d’Iida. Sauvé et adopté par sire Shigeru, chef du Clan des Otori, le jeune garçon se trouve plongé dans un univers d’intrigues et de luttes violentes entre les clans de ce Japon féodal. Animé par son désir de vengeance et son devoir de loyauté, transporté par l’intensité de son amour pour la belle Kaede, Takeo devra trouver sa propre voie.

Mon avis: Je reconnais que le Japon féodal n’est pas vraiment quelque chose qui me passionne en général, et je m’y intéresse même assez peu. Ceci dit, j’avais déjà des vues sur la trilogie du Clan des Otori depuis que ma sœur l’avait lue et adorée (bon, certes, elle est extrêmement fan de tout ce qui touche au Japon contrairement à moi), donc quand elle m’a offert l’intégral, je me suis lancée 😉 Au final, ce fut une bonne lecture mais quand même sans plus.

Tomasu, un jeune garçon qui vit parmi les Invisibles, grandit paisiblement avec sa famille dans un petit village. Mais les convictions religieuses de ce village ne plaisent pas à l’impitoyable Iida qui décide un jour de massacrer tous les habitants du village. Tomasu, seul survivant du massacre, est recueilli et protégé par Shigaru, le chef du Clan des Otori. Le jeune homme doit oublier qui il était, devenir Takeo et évoluer dans un univers de violence si différent du sien…

Si j’avais quelques réticences avant de débuter ma lecture, notamment à cause du fait que l’histoire se passait au XVIème siècle dans un pays où j’ignore les coutumes, je me suis rapidement attachée à Takeo. Je l’ai trouvé parfois un peu trop « lisse », mais ce personnage reste globalement intrigant et on le prend vite en pitié pour ce qui lui est arrivé. J’ai aimé suivre son évolution au sein du Clan des Otori mais également le fait de le sentir un peu perdu, pour le coup on se sent moins seul, et on avance à tâtons avec lui à la découverte de ce Japon féodal et de ce système violent de clans. Par contre le personnage qui m’a vraiment marquée, c’est la jeune Kaede. J’ai admiré sa force, son courage et les questions qu’elle se pose. Ce personnage nous permet de constater la place des femmes à cette époque et j’ai trouvé cela vraiment très instructif et captivant.

En ce qui concerne les personnages secondaires, je dois dire que j’ai eu un peu de mal avec les prénoms et les noms de famille… Il m’a fallu pas mal de temps pour m’acclimater avec tout ça et même vers la fin, j’avais encore beaucoup de difficultés… Outre cela, je les ai trouvé agréablement développés, bien détaillés et fouillés. Mais je ne me suis attachée à aucun d’entre eux, dommage…

Le style d’écriture de l’auteure est vraiment plaisant et soigné. Assez poétique, la lecture en devient très fluide et dépaysante. De ce côté-là, je n’ai aucune remarque désobligeante à faire! De plus, j’ai adoré l’alternance des points de vue entre Takeo et Kaede! Elle a apporté une grande richesse au roman qui aurait perdu en qualité sinon.

En ce qui concerne l’intrigue, je l’ai trouvé extrêmement bien ficelée. Même si le roman se passe sous le Japon féodal, les choses sont suffisamment bien faites pour qu’on saisisse tout! Le Clan des Otori est donc tout public. Ce qui m’a étonnée c’est la petite touche de fantasy qu’on y trouve. Ma foi, ce n’est pas désagréable et cela laisse présager de bonnes choses pour la suite! Je vais laisser un peu de temps s’écouler avant de lire le second tome, malgré cette fin qui m’a scotchée et qui donne très envie, car l’univers est quand même assez spécial et cette lecture, en dépit du style très fluide et agréable, a été un tantinet éprouvante…

Bilan: Un bon premier tome qui mêle Japon féodal et fantasy. Une bonne entrée en matière qui donne envie de lire la suite. Je pense néanmoins qu’elle plaira davantage à ceux qui aiment tout ce qui touche au Japon de près ou de loin!

Note: 7/10

Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre, de Ruta Šepetys

Résumé: Une nuit de juin 1941, Lina, quinze ans, sa mère, Elena et son petit frère, Jonas, dix ans sont brutalement arrêtés par la police secrète soviétique. Au bout d’un voyage épouvantable de six semaines, presque sans eau et sans nourriture, entassés dans des wagons à bestiaux, ils débarquent au fin fond de la Sibérie, dans un camp de travail soviétique. Logés dans des huttes, sous alimentés, brutalisés, les déportés tentent de survivre et de garder espoir. Dans le kolkhoze, le travail de la terre est éreintant. Mais malgré la mort, la maladie, le froid, la faim et la terreur, Lina tient bon, soutenue par une mère exemplaire, son amour pour un jeune déporté de dix-sept ans, Andrius, et portée par sa volonté de témoigner au nom de tous et de transmettre un signe de vie à son père (condamné à mort dans un autre camp) grâce à son art du dessin et à l’écriture.

Mon avis: Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre traîne dans la PAL de ma sœur depuis au moins deux bonnes années, et ce roman m’a fait un peu pitié car visiblement elle n’est pas encore prête à l’en sortir. C’est pourquoi j’ai décidé de le lire, en plus de sa magnifique couverture et son titre évocateur qui m’alléchait plutôt. Néanmoins, je suis assez déçue. Attendez, je ne dis pas que je n’ai pas aimé ma lecture ! Je l’ai aimée mais elle est loin du coup de cœur escompté, en partie à cause de certains petits points…

Staline, à la tête de l’Union Soviétique, a envahi peu à peu les états baltes. La Lituanie, pays d’origine de la jeune Lina, est donc sous occupation depuis près d’un an. Pourtant jamais elle n’aurait pensé un jour qu’on viendrait déloger sa famille et bon nombre d’autres personnages pour les emmener dans des kolkhozes, des camps de travail où les conditions de vie sont particulièrement dures, voire intenables. Commence alors pour Lina une lutte de tous les instants, pour sa survie mais aussi celles de sa mère et de son petit frère. Mais que faire ? Se rebeller au risque de perdre le peu qu’il reste ou accepter son sort ?

Lina, cette jeune adolescente de 15 ans, m’a d’emblée séduite par son côté artistique mais aussi par son petit caractère révolutionnaire. Je l’ai trouvé immensément courageuse ! Jonas, le petit frère de l’héroïne, est tout simplement attachant ! Du haut de ses dix ans, il voit les choses avec une certaine naïveté mais en même temps avec énormément de lucidité. C’est malheureusement le genre de petit garçon qui grandit trop vite à cause des épreuves… Andrius est assez intéressant lui aussi. Je lui ai trouvé un côté mystérieux et difficile à cerner, mais il n’en reste pas moins attachant à sa manière. Les personnages secondaires, tels que la mère ou bien les autres résidents du kolkhoze sont eux aussi captivants, excepté le Chauve (auquel j’ai souhaité de mourir étouffer un bon nombre de fois.)

Tout d’abord, en dépit de la remarque de Coben à propos de l’écriture magnifique, j’ai trouvé que cette dernière n’avait rien d’exceptionnelle. Avec ce genre de récit, il faut jouer avec les mots, les métaphores, les figures de style pour émouvoir le lecteur ! Or, pour l’émotion, on ne peut compter que sur les faits décrits. J’aurais donc aimé un récit plus poétique… Néanmoins le style a le mérite d’être clair et le fait que les chapitres soient très courts (deux ou trois pages) donne un rythme assez effréné à notre lecture, si bien qu’on est pris dans l’action et qu’on tourne les pages sans s’en rendre compte.

Puis, je déplore la romance gaspillée. C’était pour moi un parfait moyen de nous émouvoir et de mettre à profit le titre, mais finalement elle est trop rapide, bâclée. En plus Andrius est assez peu présent quand on y réfléchit…

 De plus, la fin est un peu précipitée et je suis déçue qu’on nous coupe l’herbe sous le pied comme ça. On était dans l’histoire et hop ! D’un coup on arrive à l’épilogue assez étrange car on change de narration d’un coup… J’ai été donc cruellement frustrée ! Je voulais savoir ce qui arriverait aux personnages, bons et mauvais.

D’un point de vue historique, il est intéressant de lire ce roman pour en apprendre plus sur la vie dans les camps de déportation soviétiques pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais les faits évoqués sont assez flous et parfois, je n’ai pas senti ça « vrai ». Bien sûr, je ne dis pas que les faits racontés ne sont pas véridiques et je ne nie surtout pas la condition de vie des déportés ! Mais le côté fictif l’a un peu trop emporté… Cependant j’ai apprécié que tout ne soit pas tout blanc ou tout noir. L’auteure a en effet nuancé les personnages soviétiques et ainsi dépeint quelque chose de plus authentique.

Bilan : Un roman qui reste fort en dépit d’une écriture banale, d’une romance mal exploitée et d’une fin trop rapide. A lire pour le message délivré par l’auteure et pour en savoir plus sur la déportation soviétique.

Note: 7.5/10

La Voleuse de Livres, de Markus Zusak

Résumé : Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée. Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt ? Ou sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre et a même inspiré à la Mort ce joli surnom : la Voleuse de livres…

Mon avis : C’est la bande annonce de l’adaptation cinématographique sortie en automne dernier qui m’avait donné envie de découvrir La Voleuse de Livres. Je l’ai acheté peu de temps après la sortie en salle du film, spécialement pour le lire avant de le voir. Néanmoins il a commencé à trainer dans ma PAL, si bien que le film est aussi passé à la trappe. Une envie de je-ne-sais-quoi m’a poussé à le lire. Et j’en ressors, comment dire, bouleversée…

La Mort ne connait pas le repos. Toujours une âme par-ci par-là à emporter avec elle. Alors en ces temps de guerre, elle est plus qu’occupée. Malgré cela, lorsqu’elle va croiser la route de Liesel Meminger, une jeune orpheline communiste accueillie par un couple très modeste, la Mort va « s’attacher » à la fillette, jusqu’à suivre sa vie, cabossée de larmes et de joie, de douleur et d’amour. Mais que serait Liesel Meminger sans ses précieux livres, son secret qu’elle garde bien profondément enfoui en elle ?

J’avoue être un peu (beaucoup) déboussolée et ne pas savoir par quoi commencer. Tout d’abord, je tire un chapeau bas à Markus Zusak, cet incroyable auteur qui a su manier les mots avec brio et faire de la Mort une ravissante narratrice. Jamais elle ne m’a semblée cruelle, seulement fatiguée de toutes ces morts. J’ai aimé la Mort (euh… dit comme ça, ça fait vraiment bizarre lol), car je l’ai senti vraie. Vraie dans ses mots, dans ses analyses et peut-être même plus humaine que certains. Elle m’a assez chamboulée quand on y pense et ce côté inédit de la narration m’a séduite au plus haut point. J’ai adoré.

Ensuite, comment vous dire que je me suis prise d’affection pour tous ces personnages fantastiques ? Liesel, cette fillette qu’on voit grandir et changer au fil des pages, m’a simplement asphyxiée par sa beauté. Je l’ai trouvée terriblement attachante et juste, et en même temps je ne pouvais pas m’empêcher de me dire qu’une Liesel Meminger avait sans aucun doute existé pendant cette période et cette idée m’a rendue salement triste. Liesel est fragile et perdue mais tellement forte grâce à ceux qui l’entourent. Honnêtement je manque de mots. Je manque de mots car aucun ne serait assez juste pour décrire à quel point Hans et Rosa, les parents nourriciers de la jeune fille, étaient merveilleux, malgré la rudesse de la femme et l’étrangeté de l’homme. Je manque de mots pour parler de Max, ce jeune Juif qui m’aura fait pleurer deux fois et sourire bien plus. Mais aussi pour vous dire à quel point j’ai trouvé Rudy drôle et touchant. Et encore, j’en passe. Je passe tous ces personnages secondaires que l’on ne croise malheureusement que très vite mais qui pourtant nous marquent… ♥

Dans ce pavé de plus de 600 pages, je ne me suis jamais ennuyée. Jamais je n’ai trouvé une note en dessous de l’autre. La symphonie est parfaite : l’action justement dosée, les mots servies avec ce qu’il faut de piquant, l’émotion très présente mais sans qu’on tombe dans le mélo. Après tout, ce n’est que la réalité que nous conte Markus Zusak… Je ne sais pas si j’ai pleuré parce que c’était à la fois triste et beau, ou bien parce que c’était fichtrement injuste. Ce que je retiens de la Voleuse de Livres, ce sont ces personnages flamboyants (clin d’œil spécial à l’accordéoniste, au garçon aux cheveux de plumes et à celui dont la chevelure est couleur citron. Ceux qui ont lu comprendront 😉 ), une écriture originale et une narratrice inédite. Ce roman c’est : une belle claque en pleine face, un magnifique moyen de ne pas oublier et aussi un coup de cœur.

Bilan : Je ne m’attendais pas à ça : grosse émotion, gros fous rires, grosses larmes, gros coup de cœur.

Note : 10/10

Le Cercle des Confidentes, tome 1: Lady Megan, de Jennifer McGowen

lady meganRésumé: Lorsque Meg Fellowes, 17 ans, voleuse et comédienne de la troupe de la Rose d’Or, est arrêtée, elle sait que la sentence va être la mort. C’est ce à quoi les voleurs sous le règne d’Élisabeth 1re d’Angleterre doivent s’attendre. Pourtant, on lui propose une alternative : accepter de faire partie d’un groupe de demoiselles d’honneur très spéciales : des espionnes. Avec ses nouvelles compagnes, Jane, Anna, Béatrice et Sophia, Meg doit protéger la couronne des intrigues de la cour. En ces temps troublés, mille complots guettent la jeune reine protestante. Grâce à son sens inné de la comédie et à sa mémoire extraordinaire, Meg doit espionner la délégation espagnole, composée de fervents catholiques, opposés à Élisabeth, dont le séduisant Rafe, comte de Martine, qui vient d’arriver à la cour. Mais dans le paysage complexe de ce début de règne, la jeune fille comprend vite que les frontières entre ennemis et alliés sont mouvantes et qu’elle ne peut se fier à personne. Si elle entend sauver la vie de sa reine et retrouver sa propre liberté, elle devra aussi démasquer le meurtrier d’une autre demoiselle d’honneur, mystérieusement assassinée quelques mois avant son arrivée…

Mon avis: Je ne lis jamais de romans historiques, voici donc une de mes premières lectures dans ce genre! J’avais donc quelques appréhensions avant de commencer cette lecture, bien que le résumé m’ait mis en appétit. Toutefois cette lecture est passée comme une lettre à la poste, elle a été surprenante et passionnante!

Meg est une jeune voleuse et actrice dans la troupe de la Rose d’Or. Toutefois lorsque ses incroyables talents sont repérés, elle est contrainte d’aller à la Cour pour servir la Reine d’Angleterre elle-même. Meg rejoint donc les quatre autres Confidentes de la Reine Elisabeth, qui servent leur souveraine grâce à leurs capacités bien précises. Commence alors pour Meg une nouvelle vie, mêlée de complots et de danger à la Cour Royale…

J’ai très vite accroché au personnage de Meg. Elle est rebelle, forte et fière. J’ai adoré la voir s’adapter à cet univers inconnu, elle qui n’a connu qu’une vie de bohème. Ses « amies » m’ont tout autant captivée, en particulier Jane, cette jeune femme douée au combat à mains nues et particulièrement connaisseuse en matière de poison et d’exécution. Béatrice m’a également charmée. Elle fait davantage « peste » et se sert essentiellement de son charme pour manipuler les hommes. Toutefois on sent qu’elle a plusieurs personnalités, c’est donc un personnage que j’ai hâte de retrouver. Anna, la jeune érudite et passionnée de mystères et de messages codés, est plus effacée et contraste avec les autres Confidentes qui ont des personnalités plus forte. On en sait peu sur elle, mais j’ai tout de même envie de la retrouver pour en savoir davantage sur elle. C’est également le cas de Sophia, cette jeune voyante, qui se caractérise par sa fragilité et son caractère très enfantin. Elle m’intrigue beaucoup et on en sait que peu sur elle. Ces cinq héroïnes m’ont donc entièrement conquise, notamment Meg, la narratrice de ce premier tome.

L’intrigue est assez complexe, puisqu’elle se déroule au XVIème siècle à la cour de la Reine avec tous les complots qui vont avec. Toutefois, je n’ai pas été perdue puisque l’auteure explique tout dans les moindres détails et j’en ai donc appris pas mal sur cette époque qui restait assez floue dans ma tête. Il y a donc quelques longueurs dans le roman pendant ces explications, mais au final elles se révèlent passionnantes! En tout cas elles ne m’ont pas dérangée plus que ça…

L’action est assez présente, sans compter les nombreux rebondissements de situation dans les nombreuses intrigues que compte l’histoire. L’auteure nous tient donc en haleine jusqu’à la dernière page, où on connait enfin le fin mot de l’intrigue! En ce qui concerne la romance, elle n’empiète pas du tout sur l’intrigue générale et je l’ai trouvée très subtile! Elle m’a passionnée et comblée!

Le style de l’auteure peut paraître un peu lourd par moment, mais je l’ai trouvé quand même agréable car il est dur de mêler une histoire aussi complexe et sérieuse avec une écriture légère et simple! Donc la complexité de l’écriture et les longues descriptions (elles restent raisonnables quand même!) ne m’ont pas dérangées surtout qu’on voit que l’auteure s’y connait en histoire et que c’est même une passion! De plus on ressent parfaitement l’ambiance de l’époque au travers des fêtes organisées à la Cour Royale et des robes très détaillées que portent les héroïnes.

L’histoire de Meg nous est donc contée avec succès, maintenant j’ai grand hâte de découvrir ce que nous réserve l’auteure avec les autres Confidentes! Surtout que j’ai vu que le second tome portait sur Béatrice, mon personnage favori parmi les quatre amies de Meg!

Bilan: Une excellente entrée en matière! J’ai adoré cette envolée vers le XVIème siècle à la Cour de la Reine d’Angleterre!

Note: 8.5/10

Cabaret, tome 1: Ingénue, de Jillian Larkin

Ingénue

Résumé: Elles sont jeunes, elles sont riches, elles sont belles. Nous sommes en 1923 et tout peut arriver ! Trois jeunes filles issues de la haute société américaine rêvent de vivre avec leur époque et de s’opposer aux codes de bonne conduite dictés par leur milieu. Gloria, dix-sept ans, rêve de vivre la nuit, de danser, de faire la fête. Un soir, elle sort en cachette en compagnie de son ami Marcus, et se rend dans un bar clandestin, tenu par le bras droit d’Al Capone. Elle y rencontre Jérôme, le pianiste de l’orchestre et en tombe amoureuse. Mais leur histoire st impossible : Gloria est blanche, Jérôme est noir et, dans cette Amérique des années 20, les relations mixtes sont interdites… De plus, Gloria est fiancée et va bientôt épouser le fils d’une puissante famille de Chicago. Sa cousine Clara arrive de New York pour aider aux préparatifs du mariage. Et Marcus tombe sous son charme. Mais Lorraine, la meilleure amie de Gloria, ne le supporte pas, et semble prête à tout pour conduire Clara à sa perte.

Mon avis: Et voilà un petit coup de coeur! Je bavais devant Cabaret à chaque passage en librairie avec une irrésistible envie de commencer cette trilogie! C’est donc avec empressement et bonheur que je l’ai dévoré…

Ingénue se déroule à Chicago en 1923 en pleine Prohibition. Je n’avais encore jamais lu de livre ayant pour thème les Années Folles. Et cette entrée dans cette fascinante période historique, Jillian Larkin l’a fait merveilleusement bien! J’ai tout de suite imaginé les tenues de nos héroïnes, l’ambiance pesante de la Prohibition, qui interdit tout consommation et vente d’alcool, ce qui engendre donc la naissance de multiples bars clandestins où on boit et fume à foison et où le jazz est maître.

C’est donc dans cette atmosphère que va évoluer nos trois héroïnes principales. Gloria, 17 ans sage fille de bonne famille, est promis à un destin tout tracé puisqu’elle doit épouser le beau et richissime Christian Grey (rien avoir avec le personnage de 50 Nuances de Grey :P) Mais elle possède un petit côté rebelle et effronté qui va la pousser à fréquenter le Green Mill, un bar clandestin très prisé à Chicago. C’est là qu’elle va rencontrer Jerome, un musicien noir qui va bouleverser sa vie… Clara, la cousine de Gloria, arrive à Chicago en fuyant une existence dont on ignore tout. Elle va tout faire pour cacher cette dernière, mais en chassant le naturel, il va revenir au galop… Puis arrive Lorraine, meilleure amie de Gloria, au comportement décalé et pas très nette dans sa tête (j’ai trouvé).

J’avoue avoir eu un coup de coeur pour Clara, cette jeune fille au passé dur dont on essaye au fur et à mesure de deviner. Elle semble fragile et forte à la fois et ces deux facettes de sa personnalité m’ont charmée. Puis pour Gloria, parfois odieuse, parfois juste, parfois courageuse… Mais j’ai eu plus de mal pour le personnage décadent de Lorraine. Ce personnage est d’une antipathie! Tout fois, je le trouve très intéressant et je me demande où toutes ses problèmes vont la mener. Du côté des personnages masculins, Jerome m’a bien plu. Amoureux de la musique, ce jeune amateur de jazz noir n’a pourtant pas la vie facile. J’ai adoré son petit côté « bad boy »! Puis il y a également Marcus, le meilleur ami de Gloria, trop mignon et super charmant. Par contre il y a aussi une belle palette de personnages peu sympathiques…

Le style de l’auteure est très simple mais il nous permet d’entrer très facilement dans l’histoire. On pourrait croire que l’histoire va suivre son cours sans problème, mais bien au contraire elle m’a énormément surprise! On va de rebondissements en rebondissements et la fin est tout bonnement intenable! Elle laisse présager une suite géniale! J’ai tout adoré des personnages à l’univers, en passant par les sujets délicats abordés par l’auteure tels que le racisme par exemple. Je regrette seulement que la romance avec Gloria soit un peu trop facile…

Bilan: Un excellent premier tome, à lire pour ceux qui aiment les Années Folles où ceux qui souhaitent les découvrir 😉

Note: 9/10

Ce livre entre dans les challenges:

Challenge des 170 idées10. une/des mains.

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