Archives pour la catégorie Thriller / Polar

La Cave, de Natasha Preston

Résumé : Trèfle, un homme à la folie maniaque et meurtrière, séquestre Rose, Iris et Violette, trois filles, dans sa cave. Un jour, Summer croise la route de cet homme et ne rentre pas chez elle : il l’enferme dans sa cave et la rebaptise Lilas. Mais contrairement aux autres, Lilas ne compte pas accepter son sort jusqu’à faner.

Mon avis : La Cave est un thriller pour ados très divertissant. Je l’ai lu rapidement, car le récit est très prenant, mais c’est loin d’être un coup de cœur puisque j’ai trouvé qu’il manquait d’approfondissement sur bien des aspects…

Alors que Summer s’apprête à passer une soirée avec ses amies, voilà qu’elle est enlevée par un homme qui l’enferme ensuite dans une cave en compagnie de trois autres jeunes filles. Summer comprend très vite qu’elle doit suivre les conseils de Rose, Violette et Iris si elle veut survivre aux colères et aux sautes d’humeur de leur bourreau, qui se fait appeler Trèfle. Pour survivre, Summer devra devenir Lilas et se soumettre à la volonté de cet homme. Pourtant Summer n’est pas prête à le laisser la briser…

Le gros point positif du roman, c’est qu’il nous montre toutes les facettes d’un enlèvement. En effet, l’auteure a décidé de mettre en scène différents protagonistes et de leur accorder des chapitres de leur point de vue. Cette approche est très intéressante et nous permet d’être totalement impliqué que ce soit dans la captivité de Summer ou dans les recherches qui sont menées pour la retrouver.

Ce qui m’a dérangée, c’est le décalage entre la « voix » de Summer et les événements qui se déroulent dans la cave. En effet, la narration fait très adolescente et reste typique des romans Black Moon du genre. La plume de l’auteure est donc fluide mais manque un peu d’émotion. Je l’ai trouvé assez fade, ce qui engendre un contraste énorme par rapport aux atrocités dont sont victimes les filles. Dans La Cave, il y a certains passages très rudes, très violents, dignes de thrillers pour adultes, mais d’un côté avec un tel style d’écriture, cela faisait bizarre et n’a pas eu l’effet escompté sur moi.

Le gros point négatif de La Cave, c’est le cruel manque d’approfondissement dans la psychologie des personnages. Cette carence rend le récit vraiment trop « simple ». C’est vraiment dommage, car on a conscience de toutes les bonnes idées de l’auteure mais je pense qu’elles auraient été mieux mises en avant si la psychologie de Trèfle avait été plus soignée. Au final, j’ai plus eu l’impression qu’on nous livrait un psychopathe un peu grotesque, avec des justifications bancales sur le pourquoi du comment.

Toutefois, le récit reste rythmé par l’alternance de points de vue qui ajoute une certaine tension au roman. On est quand même plongé dans une atmosphère oppressante et angoissante, et on craint pour la vie des filles séquestrées. On observe une timide progression dans le roman, que ce soit par les actes de Trèfle ou par les recherches acharnées menées par le petit ami de Summer. La fin arrive malheureusement sans surprise ! J’aurais souhaité que l’auteure prenne davantage son temps, et ne nous livre pas sur un plateau une fin aussi convenue et expédiée. Je garderai malgré tout un bon souvenir de La Cave, qui reste un roman divertissant.

Bilan : Un bon moment à passer, malgré un aspect psychologique survolé et une écriture assez fade.

Note : 7.5/10

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Tout n’est pas perdu, de Wendy Walker

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Résumé : Alan Forrester est thérapeute dans la petite ville cossue de Fairview, Connecticut. Il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Kramer, quinze ans, qui présente des troubles inquiétants. Celle-ci a reçu un traitement post-traumatique afin d’effacer le souvenir d’une abominable agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l’a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée. Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d’Alan, tous lui confient leurs pensées les plus intimes, laissent tomber leur masque en faisant apparaître les fissures et les secrets de cette petite ville aux apparences si tranquilles. Parmi eux, Charlotte, la mère de Jenny, et Tom, son père, obsédé par la volonté de retrouver le mystérieux agresseur.

Mon avis : Ce roman est tombé entre mes mains totalement par hasard, et je ne l’avais pas vraiment repéré sur la blogosphère. Si le résumé m’a tout de suite intriguée, je dois reconnaitre que je ne m’attendais pas à me retrouver face à un thriller psychologique aussi bien ficelé et fichtrement original ! J’ai adoré, et on frôle le coup de cœur avec Tout n’est pas perdu !

Alors que la jeune Jenny a été victime d’un viol atroce et de mutilations, sa mémoire est effacée à la suite d’un traitement « miracle ». Pourtant Jenny continue de se sentir terriblement mal, au point de tenter de mettre fin à ses jours. Ses parents, inquiets et désespérés, décident qu’il est temps pour elle de consulter un thérapeute qui pourrait lui permettre de recouvrer les souvenirs de cette terrible nuit pour lui permettre ainsi d’avancer.

La grosse originalité du roman, c’est que celui-ci se déroule exclusivement dans le cabinet d’un psychiatre, Alan Forrester. Il n’y a donc pas réellement de dialogues, seulement les discussions que nous rapporte Alan entre lui et ses patients. C’est donc dans son cabinet, et au travers de sa voix, que l’on va suivre l’histoire du viol de la jeune Jenny et les ravages que celui-ci a provoqué dans son entourage.

C’est un roman très particulier, car même à la fin, je trouve qu’on peut difficilement parler de thriller. Tout est extrêmement psychologique, l’ambiance est très pesante par moment et souvent le lecteur se sent mal à l’aise. Mais l’auteure est parvenue à nous embarquer dans son bouquin sans peine et le jargon technique, ainsi que les nombreuses explications sur les mécanismes de la mémoire nous permettent de nous immerger totalement dans l’univers psychiatrique.

Les personnages nous apparaissent de manière très particulière. En effet, ils vont faire des confidences à Alan au fil des pages, si bien qu’on va les connaitre d’une manière très intime et sous un jour nouveau. Si Alan tente de rester neutre et professionnel, on ne peut pas s’empêcher de juger certains protagonistes ou de ressentir de la pitié pour d’autres. Wendy Walker sait faire monter la tension et le soupçon, on doute de tout et de tout le monde. Les personnages sont-ils réellement honnêtes ? Le coupable se trouvent-ils parmi eux ?

J’ai particulièrement aimé le personnage de Jenny, que j’ai trouvé très touchant. J’ai eu plus de mal avec la mère de la jeune fille, mais je dois reconnaitre que c’est un personnage très travaillé avec une psychologie finement mûrie. J’ai adoré le personnage de Sean, qui apporte un véritable plus au roman.

Alan, le narrateur, est absolument génial. Au départ, il est totalement extérieur à l’histoire et ne fait que relater ce que lui disent ses patients. Pourtant au fil des pages, son implication va grandir et il va devenir un protagoniste à part entière de l’intrigue. J’ai adoré cette évolution passionnante et inattendue !

Vous l’aurez compris, ce roman n’est pas bourré d’action vu qu’il se passe essentiellement dans le cabinet d’Alan. Pourtant, grâce à un style d’écriture incisif et parfois brutal, à un suspense qui monte crescendo, l’auteure a su créer une atmosphère oppressante et un sentiment d’urgence chez son lecteur : on veut savoir ! Pour moi, tout bascule à compter d’un retournement de situation inattendu vers la moitié du livre. A partir de cet instant, impossible de lâcher ce thriller psychologique tant la tension est à son maximum et menace de tout exploser sur son passage ! Plus on s’approche de la fin, plus les pièces du puzzle s’assemblent. Lorsque la révélation finale tombe, on reste pantois, choqué. Tout n’est pas perdu n’est pas un roman que j’oublierai de si tôt. Wendy Walker, tout en traitant le sujet du viol et de la mémoire, a également évoqué d’autres thèmes tels que les relations conjugales, les troubles post-traumatiques et bien d’autres.

Bilan : Un thriller psychologique finement mené, avec des personnages ambigus et une narration très particulière. Passionnant de bout en bout ! Un roman à ne pas manquer !

Note : 8.5/10

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Le Tribunal des Âmes, de Donato Carrisi

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Résumé : Rome. Sa dolce vita, son Capitole, ses foules de pèlerins, ses hordes de touristes. Sa pluie battante, ses sombres ruelles, ses labyrinthes souterrains et ses meurtriers insaisissables.

Marcus est un homme sans passé. Sa spécialité : analyser les scènes de crime pour déceler le mal partout où il se terre. Il y a un an, il a été grièvement blessé et a perdu la mémoire. Aujourd’hui, il est le seul à pouvoir élucider la disparition d’une jeune étudiante kidnappée.

Sandra est enquêtrice photo pour la police scientifique. Elle aussi recueille les indices sur les lieux où la vie a dérapé. Il y a un an, son mari est tombé du haut d’un immeuble désaffecté. Elle n’a jamais tout à fait cru à un accident.

Leurs routes se croisent dans une église, devant un tableau du Caravage. Elles les mèneront à choisir entre la vengeance et le pardon, dans une ville qui bruisse encore de mille ans de crimes chuchotés au cœur du Vatican. À la frontière de la lumière et des ténèbres.

Mon avis : J’avais adoré Le Chuchoteur et L’Ecorchée de Donato Carrisi, j’étais donc extrêmement curieuse de lire Le Tribunal des Ames qui a connu un succès moins important que ses deux autres romans. Mon histoire avec ce thriller est bien particulière. Je l’avais commencé il y a plusieurs mois de cela, avant de l’abandonner non pas parce que je n’aimais pas, mais parce que j’étais dans une mauvaise période pour lire. J’ai eu subitement envie de m’y remettre et pourtant, je suis retombée dans une autre mauvaise période pour lire ! Entre les partiels et le job d’été que j’ai enchainé juste après, j’étais vraiment crevée et je n’avais pas trop la tête à lire. J’ai donc trainé Le Tribunal des Ames durant des jours et des jours tel un véritable boulet. En soi, j’ai conscience que l’histoire était bien, mais je ne peux pas dire que je l’ai appréciée malheureusement… J’aurais vraiment aimé le lire à un autre moment pour l’apprécier à sa juste valeur. Quel dommage !

Le roman met en scène deux personnages très différents que tout oppose au premier abord. Sandra, photographe pour scènes de crime, peine à remonter la pente suite à la mort de son mari. Alors que tout indiquait une mort accidentelle, voilà qu’un étrange appel la fait douter. Que lui cachait réellement David, son mari ? Qui aurait bien pu souhaiter sa mort ? Marcus, quant à lui, doit enquêter clandestinement sur la disparition d’une jeune étudiante. Il se remet difficilement d’une blessure par balle qui a provoqué chez lui une amnésie totale. Pourtant, s’il n’a plus de passé, ses capacités intellectuelles restent optimales pour découvrir la vérité sur la disparition de la jeune femme.

Les deux personnages ont chacun des personnalités très distinctes. Il a été assez difficile pour moi de cerner le personnage de Marcus, car lui-même ignore qui il est ! Son passé intrigue, on se pose au moins autant de questions que lui ! Outre cet intérêt naturel qu’il suscite de par son amnésie, j’ai trouvé le personnage assez fade. Il manquait un peu de personnalité à mon goût. J’ai davantage préféré le personnage de Sandra. J’ai trouvé la jeune femme très combative. En soi, elle n’est pas très originale et on croise souvent des enquêtrices de sa trempe dans les polars. Toutefois, cela fonctionne très bien ici. Je regrette un peu l’absence de personnages secondaires importants. A part Marcus et Sandra, très peu sont récurrents. J’ai malgré tout apprécié le personnage de Shalber qui ajoute du piment à l’histoire.

L’intrigue du Tribunal des Ames se complexifie au fur et à mesure que l’on tourne les pages. Si au départ on fait face à une enquête assez classique avec la disparition d’une jeune étudiante, on se rend rapidement compte que tout est bien plus compliqué qu’il n’y parait. Telles de véritables poupées russes, plusieurs intrigues s’imbriquent entre elles. Le lecteur peut être un peu décontenancé par les différentes directions que prend l’intrigue, mais l’auteur maîtrise cet art tellement bien qu’au final on n’est pas perdu du tout ! Donato Carrisi a su me surprendre avec ses rebondissements si bien amenés. La fin est très surprenante et nous laisse franchement sur le derrière ! Après cela, on n’a qu’une seule envie : lire Malefico, la suite directe du Tribunal des Ames.

Bilan : Un thriller bien mené, très surprenant, qui en séduira plus d’un ! A lire !

Note : 7.5/10

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Tu tueras le père, de Sandrone Dazieri

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Résumé : Le père est là, dehors, quelque part. La cage est désormais aussi vaste que le monde, mais Dante est toujours son prisonnier.
Non loin de Rome, un homme affolé tente d’arrêter les voitures. Son fils de huit ans a disparu et le corps de sa femme gît, décapité, au fond d’une clairière.
Le commissaire Colomba Caselli ne croit pas à l’hypothèse du drame familial et fait appel à un expert en disparitions de personnes : Dante Torre. Kidnappé enfant, il a grandi enfermé dans un silo à grains avant de parvenir à s’échapper. Pendant des années, son seul contact avec l’extérieur a été son mystérieux geôlier, qu’il appelle « le Père ».
Colomba va confronter Dante à son pire cauchemar : dans cette affaire, il reconnaît la signature de ce Père jamais identifié, jamais arrêté…

Mon avis: J’avais une envie subite de lire un thriller, mais un bon ! J’ai tout de suite pensé à la collection de « La Bête Noire » qui propose des titres toujours plus alléchants. C’est sur Tu tueras le père que j’ai décidé de jeter mon dévolu, et je n’ai aucun regret ! Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu un thriller aussi prenant !

La première chose qui me vient en tête en refermant ce livre, c’est combien les personnages sont géniaux ! Dante est un personnage très particulier, atypique et il faut le dire, unique en son genre. Je vous mets au défi d’en trouver un autre comme lui ! C’est un personnage névrosé, torturé et complétement fêlé. Je suis fan de sa personnalité étrange et décalée. Dante est un véritable plus pour le livre, il apporte cette touche d’inattendu et d’originalité dont le roman avait besoin. Pour ce qui est de Colomba, j’ai immédiatement accroché à la jeune flic. Elle en a bavé, certes, mais elle n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort ! C’est un personnage déterminé, combattif malgré ses blessures. Dante et Colomba forment un duo de choc. Ils sont très différents l’un de l’autre ; et pourtant ils se complètent à merveille. J’ai pris énormément de plaisir à leurs côtés. Leurs conversations sont jouissives, j’aime leur complicité et les piques qu’ils s’échangent !

Si on est parti d’une enquête assez classique sur la disparition d’un enfant, la suite l’est bien moins. L’auteur va aller de surprises en surprises, aussi bien sur l’enquête qui intéresse les protagonistes que sur le passé de ceux-ci. Ce bon gros pavé s’est donc laissé dévorer très rapidement, tant le récit était addictif ! Tu tueras le père est un thriller bourré d’action et de rebondissements, si bien qu’on frémit aux côtés des personnages, dont la vie est sans cesse mise en danger. Le rythme très soutenu du début à la fin nous maintient éveillé et nous empêche de nous ennuyer une seule seconde. Mais alors qu’on pensait que Sandrone Dazieri avait brûlé toutes ses cartouches, voilà qu’il nous tire une balle en plein cœur avec un rebondissement final qui nous laisse pantois ! Voilà qui me donne encore plus envie de lire la suite, Tu tueras l’ange, fraîchement parue et de retrouver le duo si passionnant que forment Dante et Colomba.

Bilan : Si ma chronique est aussi courte, c’est pour vous laisser tout le loisir de découvrir les surprises que réserve ce roman ! N’hésitez donc pas à vous jeter sur ce thriller, ne serait-ce que pour les personnages qui en valent plus que le détour !

Note : 9/10

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Derrière la haine, de Barbara Abel

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Résumé : D’un côté, il y a Tiphaine et Sylvain ; de l’autre, il y a Laetitia et David. Deux couples voisins et amis, ayant chacun un enfant du même âge. Deux couples fusionnels et solidaires qui vivent côté à côte dans une harmonie parfaite. Jusqu’au jour du drame. Un tragique accident fait voler en éclats leur entente idyllique, et la cloison qui sépare leurs maisons tout comme la haie qui sépare leurs jardins ne seront pas de trop pour les protéger les uns des autres. Désormais, les seuls convives invités à la table des anciens amis s’appellent Culpabilité, Suspicion, Paranoïa et Haine…

Mon avis : Cela fait très longtemps que j’ai envie de lire du Barbara Abel, et quand ma sœur m’a offert Derrière la haine j’étais aux anges car c’était ce roman qui m’intriguait le plus. Au final, je ne m’attendais pas réellement à cette lecture, et elle a été moins bonne que ce que j’imaginais même si j’ai passé un bon moment.

Ce qui m’a rapidement dérangée, c’est le rythme et l’ambiance du roman. C’est censé être un thriller, et pourtant le début ne donnait pas du tout cette impression. Certes l’épilogue nous met l’eau à la bouche, mais ensuite l’enthousiasme retombe comme un soufflé ! J’ai eu l’impression de lire un roman « sur rien » durant tout le premier tiers. Je sais bien qu’il fallait le temps nécessaire pour introduire les personnages mais j’ai vraiment trouvé certains passages inutiles. Je me moquais assez des réunions des deux couples et de leurs bavardages stériles. Ce début dessert l’histoire et les personnages car l’intrigue peine à décoller, notre désintérêt grandit, et en plus de cela on ressent clairement que les personnages sont creux.

Car oui, le second point négatif de ce roman, ce sont les personnages ! Impossible pour moi de ressentir quoique ce soit pour un des couples. On a droit au point de vue de Laetitia et David, et si on sent que l’auteure essaie de nous faire ressentir de l’empathie pour eux, cela n’a pas fonctionné avec moi. Il manquait tous de consistance, quel dommage ! Et c’est sans doute pire encore pour Tiphaine et Sylvain.

Toutefois, je dois dire que Derrière la haine a commencé à être vraiment intéressant après que LE truc soit arrivé. J’ai commencé à vraiment rentrer dans le bouquin, à vouloir connaitre le dénouement et à m’intéresser davantage aux personnages malgré leur manque d’approfondissement. L’ambiance thriller s’est fait discrètement sentir, mais en tout cas on ressent un gros mal-être et une gêne constante avec les deux couples. Leur relation prend une tournure vraiment particulière et les suivre au quotidien rend le tout vraiment addictif.

Vers la fin, le rythme s’accélère et on regrette que le début ait été aussi mou alors que le final est tellement explosif ! Il l’est d’ailleurs un peu trop. Certains passages sont beaucoup trop rapides, voire faciles, et j’aurais réellement aimé que l’auteure prenne son temps sur certains événements de taille. L’intrigue prend une tournure quelque peu « extrême » mais cela ne m’a pas dérangée. Au contraire j’ai trouvé la chute fabuleuse !

J’ai vu que l’auteure avait écrit une suite, et je suis à la fois curieuse et mitigée quant à ce deuxième tome. D’un côté, Derrière la haine a un goût d’inachevé, mais d’un autre côté j’ai peur que l’histoire se répète… Toutefois je lirai Après la fin avec grand plaisir.

Bilan : Un thriller qui démarre lentement (trop ?) mais qui s’améliore par la suite. L’ambiance devient plus pesante et rend le tout très addictif ! On regrette toutefois le manquement de développement des personnages…

Note : 7/10

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I Hunt Killers, tome 2 : Game, de Barry Lyga

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Attention ! Risque de spoilers sur le tome précédent !

Résumé : Dans I Hunt Killers, Jazz Dent, le fils du serial killer Billy Dent, voulait prouver au reste du monde qu’il n’avait rien à voir avec son illustre père, allant jusqu’à traquer un tueur en série sévissant dans la région. Seul problème : Jazz pourrait bien avoir permis à son père de s’évader de prison…
Plutôt que d’attendre que Billy vienne le chercher, Jazz préfère accepter la proposition d’un enquêteur venu de New York. La police est sur les traces d’un serial killer et l’expertise de Jazz dans le domaine serait la bienvenue. Mais plus d’un tueur l’attend dans les rues de New York…

Mon avis : Je n’ai pas pu patienter très longtemps avant de me jeter sur le deuxième tome de I Hunt Killers, surtout avec la fin scotchante que nous avait réservé Barry Lyga ! En effet, Billy le père de Jazz était parvenu à s’évader de son centre pénitentiaire. J’étais vraiment curieuse de voir l’impact que cela aurait sur le quotidien de Jazz et sur la personnalité déjà si instable du garçon. Game est une fois de plus une excellente lecture, mais elle n’est pas parvenue à gommer les quelques défauts que j’avais déjà pointé du doigt…

Dans ce tome-ci, un agent du FBI décide de faire appel à Jazz pour tenter de résoudre une série de meurtres atroces perpétrés à New York. Réticent au départ, le jeune homme accepte. Il faut dire que sa précédente implication avait été un véritable succès, et Jazz n’oublie pas non plus l’effet grisant que l’enquête lui avait procuré. Une fois de plus, il devra compter sur l’aide de Connie, sa petite amie et d’Howie, son meilleur ami, quitte à les mettre en danger…

Je tire une fois de plus mon chapeau à Barry Lyga pour son personnage principal qui est tellement singulier ! Le premier tome nous avait déjà permis d’avoir un aperçu glaçant et fascinant de la personnalité torturée et dérangée de l’adolescent, mais dans Game, il devient encore plus glauque. Ses rêves, ainsi que ses pensées, nous mettent extrêmement mal à l’aise. Jazz ne pense pas comme un ado normal, on se rend compte une fois de plus qu’il pense et agit comme son père l’avait programmé. Jazz est donc un personnage totalement fascinant, insaisissable et imprévisible. On ne peut pas prédire ce qu’il va faire, ni même à quel moment il passera le point de non-retour et suivra les traces de son père Billy. On se trouve dans une situation constante de danger auprès de lui, et on aime cette sensation !

Dans Game, l’auteur a décidé d’introduire le point de vue de Connie et d’Howie. Quel bonheur d’avoir enfin les pensées des deux personnes qui sont les plus proches de Jazz ! J’ai particulièrement aimé le point de vue de Connie, qui est un personnage au caractère fort. On se rend rapidement compte qu’elle a plus peur de Jazz que ce qu’elle voudrait laisser paraître, et cela n’a fait qu’accentuer ma sympathie pour ce personnage. Howie quant à lui est toujours aussi amusant, mais peine à véritablement évoluer. Ceci dit, je pense que le troisième et dernier tome lui réserve beaucoup de surprises !

Comme je le disais plus haut, j’ai passé un agréable moment aux côtés de Jazz et de ses complices. Toutefois, le roman contient toujours quelques défauts… Je pense notamment à l’enquête qui est présente sans l’être. Une fois de plus, elle est trop en retrait par rapport à Jazz et à ses états d’âmes. C’est dommage, car on sent un gros potentiel du côté de la psychologie des meurtriers ! Ce n’est pas un gros point noir, je dirais que c’est surtout un petit bémol qui empêche à cette trilogie d’être un véritable coup de cœur.

Si la fin de I Hunt Killers m’avait littéralement scotchée, la fin de Game m’a simplement laissée bouche bée, en état de choc. Cette fin est tout bonnement géniale et abominable ! Elle promet de bouleverser l’intrigue et de redistribuer les cartes entre les différents protagonistes. Je suis surexcitée à l’idée de lire la suite et fin !

Bilan : un excellent deuxième tome, encore plus sombre et avec un personnage principal toujours plus effrayant et fascinant. A lire !

Note : 8/10

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I Hunt Killers, tome 1, de Barry Lyga

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Résumé : Jazz est le fils d’un serial killer. Après l’arrestation de son père, il tente de reprendre une vie normale dans la petite ville de Lobo’s Nod. Jusqu’à ce qu’on retrouve un corps. Puis deux. Un meurtrier sévit à nouveau dans la région. Quel meilleur coupable que le fils du monstre ? Pour prouver son innocence, Jazz décide d’aider la police à traquer le coupable. Mais est-ce si facile quand on a reçu le goût du sang en héritage ?

Mon avis : Ça fait un sacrément moment que I hunt killers traine dans ma PAL, sans pour autant que je trouve l’envie de l’en sortir. C’est un peu par hasard que j’ai décidé de le lire, mais au final je ne regrette pas : c’est une excellente découverte !

Le résumé est fort alléchant, et pourtant je me demandais si cela n’allait pas être trop jeunesse. Mais pas du tout ! Pour un roman classé « adolescent », je le trouve extrêmement glauque et dur. Pour moi c’est un thriller que l’on pourrait presque caser dans la catégorie « adulte ».

Le gros point fort de ce premier tome, c’est clairement les personnages. Jazz, le protagoniste principal, est absolument fascinant (et effrayant !). Dès le départ, on se rend compte qu’on n’aura pas affaire à un personnage singulier. Au vu de ce qu’il a vécu et fait dans son enfance, Jazz est un adolescent très perturbé et déphasé. Il a des pensées très glauques, souvent violentes, bien qu’il tente de les réprimer comme il peut. Sa plus grande peur ? Devenir comme Billy, son père. Et Dieu sait que ce dernier a un sacré palmarès à son actif ! Près de 130 meurtres épinglés à son tableau de chasse, Billy est un tueur en série aux facettes multiples et qui sait manipuler son monde comme personne. Alors forcément grandir à ses côtés a totalement bousillé Jazz. La psychologie des personnages (notamment de ces deux-là) est très travaillée. On sent que Barry Lyga est un passionné du sujet et aussi un fin connaisseur.

Les personnages secondaires sont plus discrets face à l’imposante personnalité de Jazz. Connie, sa petite amie, est une jeune fille au caractère bien trempé et elle sait tenir tête à l’adolescent. Je suis curieuse de la retrouver dans le tome 2 pour observer davantage l’impact qu’elle a sur Jazz. Howie, le meilleur ami de ce dernier, est absolument tordant ! C’est un personnage loufoque comme je les aime et il apporte une petite touche de fraicheur dans ce roman très noir. Pour ce qui est de l’inspecteur G. William, j’attends encore d’être surprise. J’ai pour le moment trouvé qu’il manquait d’étoffe.

Le style de Barry Lyga, quant à lui, est très plaisant. Fluide, simple, le roman se laisse lire sans difficulté ! L’auteur n’a toutefois pas un style commun, et n’hésite pas à user de certaines descriptions qui mettent mal à l’aise ou de mots qui dérangent le lecteur. L’écriture de Barry Lyga ajoute donc à l’atmosphère déjà pesante du roman, c’est donc un excellent point !

En seulement 300 pages, l’auteur est parvenu à m’embarquer dans son univers et je valide totalement sa proposition osée. Pour moi, ce n’est pas facile de mettre en scène un adolescent, entouré d’autres ados, tout en mettant en place une intrigue aussi sombre et mature. Clairement, le résumé est un peu trompeur. Je ne dirais pas que l’enquête est en retrait non, mais l’intérêt principal du roman reste la personnalité complexe de Jazz et sa relation ambigüe avec son père Billy. L’auteur a donc très bien posé les bases de ce côté-là, mais pour que ce soit un coup de cœur, il aurait fallu qu’il développe davantage l’enquête. Cela reste un peu léger ! Toutefois, cela ne m’a pas empêché d’adorer ! L’atmosphère est tellement pesante et Jazz est un personnage qui bouscule mes sentiments. D’une certaine façon, je me suis attachée au garçon mais d’un autre côté, je ne peux pas m’empêcher de rester sur mes gardes tant un sentiment de danger émane de lui ! En somme, ce premier tome est une parfaite introduction et nous donne envie de nous jeter sans plus tarder sur la suite.

Bilan : I hunt killers est un thriller plus mature que ce que je pensais. Il nous tient en haleine jusqu’à la dernière page, et nous procure des frissons du début jusqu’à la fin ! Je recommande ce roman chaudement aux amateurs de romans noirs.

Note : 8/10

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