L’enfant qui criait au loup, de Gunnar Staalesen

Résumé : Fut un temps où Varg Veum n’était pas détective privé. Fut un temps où il sévissait à la Protection de l’enfance, plein d’idéaux et de belles convictions. Varg se souvient de ses débuts et de ce môme arraché à une mère toxico, ballotté de famille d’accueil en famille d’accueil, sur fond de trafic d’alcool, et de meurtres déguisés en accident. Varg se souvient qu’on lui reprochait – déjà ! – d’en faire trop, de chercher à comprendre et de traquer les parents adoptifs comme s’ils étaient des suspects. D’ailleurs… Suivre une piste apportait son lot d’adrénaline, et une pointe de repartie bien sentie ! Varg Veum détective était né, exit la Protection de l’enfance. Mais voilà le type de passé qui peut vous revenir comme un boomerang en pleine face, lorsqu’un jeune gars accusé de double meurtre se réfugie au fond d’un fjord. Et que c’est vous qu’on appelle.

Mon avis : Tout d’abord je tiens à remercier Livraddict et les éditions Folio pour ce partenariat ! La couverture magnifique m’a tout de suite donnée envie de lire le livre, alors forcément quand j’ai lu le résumé ça m’a confortée dans cette idée. Pourtant, lorsque j’ai vu que L’enfant qui criait au loup était le tome 12 d’une saga mettant en scène le même enquêteur, j’ai eu un peu peur. Allais-je comprendre la psychologie des personnages ? Leur passé et autres subtilités ? Au final, je vous rassure ce roman peut se lire indépendamment des autres livres de Gunnar Staalesen.

Cela fait de nombreuses années que Varg Veum a quitté la Protection de l’enfance. Pourtant un beau jour une ancienne connaissance le contacte et lui annonce que Janegutt, un jeune garçon dont il s’était occupé, est aujourd’hui accusé de meurtre. Varg Veum, étrangement attaché à cet enfant, décide de se rendre sur place pour tenter d’aider le jeune garçon comme il avait pu le faire dans le passé.

Dès les premières lignes, l’auteur nous plonge dans le vif du sujet. Il ne se perd pas en digression, et on entre dans le récit presque brutalement. Cette introduction rapide m’a beaucoup plu et nous fait sentir que l’histoire sera incisive et tranchante. Tout au long de L’enfant qui criait au loup, l’auteur va balloter son personnage entre le présent et le passé pour mieux comprendre l’évolution de Janegutt. On découvre rapidement que le jeune garçon n’a pas eu une vie facile. Né d’une mère droguée, il a ensuite été arraché à son foyer pour être placé dans une famille d’accueil. Cet événement va profondément le chambouler et l’enfant ne va plus être le même. Pourtant ce sordide épisode ne sera que le premier d’une longue série jusqu’à l’ultime événement qui fera basculer la vie de Janegutt : le meurtre de ses parents adoptifs.

Vous l’aurez compris, cette histoire est plutôt glauque ! Malgré un Janegutt souvent mutique et agressif, on ne peut que s’attacher au garçon. Pourtant un doute subsiste : est-il réellement innocent ou a-t-il du sang sur les mains ? On doute de lui tellement souvent et cela créé une ambiance pesante et oppressante. On est en quête de vérité, et si l’auteur sème quelques indices par-ci par-là, il aime également jouer avec son lecteur ! Si j’avais bien deviné quelques petites choses, certaines révélations finales m’ont quand même fortement surprise !

Le personnage de Varg est un personnage entier et très bien travaillé. J’aime son côté borderline et entier. L’enquêteur donne le meilleur de lui-même dans ce qu’il accomplit et il est prêt à tout pour obtenir justice. Comme je vous le disais plus haut, ce livre est le douzième mettant en scène Varg. Toutefois l’auteur a jugé bon de nous rappeler certains éléments de son passé de sorte que l’on ne soit pas déboussolé ! Du coup ce roman peut se lire comme un livre indépendant et le personnage de Varg ne nous est pas totalement inconnu.

Le point fort de ce roman, c’est la psychologie des personnages. Ceux-ci sont extrêmement complexes, quand on pense les avoir cernés, on se rend compte qu’on avait tout faux ! Et les voir évoluer au fur et à mesure des ans n’a fait qu’accentuer ce phénomène. Le second point fort, pour moi, c’est l’ambiance propre au roman nordique que l’on retrouve ici. J’ai également apprécié la critique assumée de la société que nous livre Gunnar Staalesen.

Ce que je regrette dans L’enfant qui criait au loup, ce sont les petits passages à vide où il ne se passe pas grand-chose et où l’histoire patine un peu. Le roman connait donc un coup de mou vers le milieu du livre, mais le dernier tiers va rebooster l’intrigue ! Autre petit regret : une fin trop rapide à mon goût. J’aurais aimé que le dernier chapitre soit plus long ou qu’il y ait un épilogue. Dommage car l’auteur nous laisse un peu sur notre faim !

Bilan : un polar qui nous fait passer un bon moment ! Nos nerfs sont mis à rude épreuve lorsque l’on tente de démêler le vrai du faux. Seuls regrets: quelques passages un peu trop lents et une fin trop expéditive !

Note: 7.5/10

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