Scène de crime virtuelle, de Peter May

Résumé : Orange County, Californie. Michael Kapinsky a dû reprendre son travail de photographe pour la police scientifique. Sa femme est morte voici quelques mois, il est criblé de dettes. Sur l’ordinateur d’un homme qu’on vient d’exécuter de trois balles, il remarque un curieux logo. Celui d’un univers virtuel où l’on peut échapper à ses soucis, recommencer sous un autre nom, une nouvelle apparence, à tisser des liens. Lorsqu’il se laisse tenter et rejoint, à son tour, les îles idéales, Michael n’imagine pas le piège qui se referme sur lui. Car ce monde parallèle n’est qu’un miroir. On y retrouve jusqu’à ses pires cauchemars et lorsque l’enfer s’ouvre sous vos pieds, pas question d’y échapper… 

Mon avis : Ma sœur m’avait offert ce livre à Noël, il y a bien deux ans de cela. Le résumé me tentait plutôt, mais j’avoue avoir été freinée par les avis négatifs. Finalement je lui ai donné sa chance, et j’ai bien fait ! J’ai passé un excellent moment !

Michael peine à se remettre de la mort de sa femme. Pour tenter de surmonter cette épreuve, il décide de reprendre son travail de photographe pour la police scientifique. Alors qu’il est en plein travail, il remarque alors un curieux logo : celui d’un jeu virtuel très en vogue, Second Life. Lorsque sa psychologue lui propose d’intégrer le jeu afin de lui permettre d’évoluer dans la vie et de surmonter son deuil, il accepte sans hésiter. Mais Michael est loin de se douter qu’un jeu virtuel puisse se révéler aussi dangereux, voire meurtrier…

Les premiers mots qui me viennent à l’esprit lorsque j’ai refermé le roman sont : loufoque, improbable, déjanté, génial. J’ai passé un bien étrange moment de lecture, mais qu’est-ce que c’était bon ! A peine je m’étais plongée dans l’histoire que j’entrais dans une réelle phrase d’addiction ! Le récit a côté extrêmement too much, mais c’est assumé par l’auteur. Certains passages sont réellement WTF et c’est ce qui fait tout le charme de Scène de crime virtuelle. Au final, l’enquête policière est assez effacée par rapport à la mise en place et à l’évolution de Michael au sein de Second Life.

Personnellement, j’ai trouvé le jeu virtuel extrêmement malsain. Les joueurs se permettent de faire tout ce qu’ils ne peuvent pas faire dans la vraie vie, et cela donne des situations vraiment glauques. Peter May a osé un univers atypique et est parvenu à le rendre très complet et complexe. Les liens entre la réalité et le jeu sont pour moi réussis, et j’avoue ne pas comprendre ceux qui se sont perdus entre les deux. En effet, les personnages utilisent des pseudonymes donc c’était assez facile de savoir lorsque l’on se trouvait dans Second Life ou pas. Et puis il y a vraiment des scènes que l’on ne peut QUE trouver dans un jeu virtuel ! La frontière entre la vie réelle et virtuelle est donc claire pour moi, même si elle se révèle assez floue dans la tête de Michael. On va le voir sombrer dans une grosse phase d’addiction et si c’est très prenant, c’est aussi très effrayant !

Même si le livre possède un côté extrême, exagéré, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec notre monde actuel. Certes on est bien loin de ce phénomène, mais Peter May dénonce les dérives d’internet et tous les risques que cela peut comporter.

Côté personnages, je les ai trouvés plutôt attachants. Michael (ou Chas dans Second Life) est un héros un peu particulier. On sent qu’il n’est pas taillé pour l’action et il va se retrouver dans des situations bien compliquées. Il possède une certaine maladresse attendrissante, une certaine naïveté face à la découverte du jeu, même s’il va rapidement en apprendre tous les codes. Le jeu va façonner sa personnalité et Michael va extrêmement évoluer au cours du roman pour devenir un héros plus affirmé et plus malin. Doobie, qui est un avatar dans Second Life, est une vraie bouffée d’air dans ce roman. C’est un personnage frais, déjantée, malicieux comme je les aime. Toutefois on conserve une certaine méfiance vis-à-vis d’elle car on ne cesse de se demander qui se cache réellement derrière Doobie !

Vous l’aurez compris, ce polar n’en est pas réellement un. L’enquête est assez effacée, mais cela n’empêche pas l’histoire de gagner en sérieux, de devenir de plus en plus sombre au fur et à mesure que le dénouement approche. Pour ce qui est de la fin, j’ai adhéré complétement ! Le final est surprenant, très bien trouvé et l’auteur se joue une fois de plus de nous et des personnages ! Pas le meilleur livre que j’ai lu, mais j’ai malgré tout adoré. C’est donc sans regret que je l’ai sorti de ma PAL 😉

Bilan : Un roman bien différent de ce que l’on trouve d’habitude ! Un univers virtuel qui amuse au départ et qui finit par faire froid dans le dos, des personnages attachants, un style mordant… Tous les ingrédients sont réunis pour faire de Scène de crime virtuelle un bon moment de lecture !

Note : 8/10

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