Le Sel de Nos Larmes, de Ruta Sepetys

Résumé: Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées. Chacun né dans un pays différent. Chacun traqué et hanté par sa propre guerre. Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l’avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes… Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhem Gustloff, un énorme navire promesse de liberté…

Mon avis : C’est avec beaucoup d’impatience que j’attendais la sortie du Sel de nos larmes de Ruta Sepetys. Si je m’attendais à être très émue par ce roman, je suis restée étrangement hermétique tout au long de cette lecture… Attention, je ne dis pas que je n’ai pas aimé ! C’est une lecture vraiment bonne, et très importante au vu des faits qui y sont rapportés, mais je m’attendais vraiment à mieux…

Je tiens tout d’abord à tirer mon chapeau pour cette superbe couverture, qui donne très envie de lire le roman mais qui rend aussi plutôt hommage au récit. Vraiment je l’adore !

Mais bon, revenons-en au contenu. Et quel contenu ! Je suis soufflée par le travail colossal réalisé par Ruta Sepetys qui a rassemblé une quantité impressionnante de témoignages et qui a réalisé un vrai travail de documentation. J’ai particulièrement apprécié la postface de l’auteure, qui nous permet de nous rendre compte à quel point le chemin pour parvenir à l’écriture de ce livre fut long et laborieux. Je tiens vraiment à féliciter l’auteure qui nous sert donc un récit réaliste, conforme à la triste réalité et qui a eu le courage de nous présenter une tragédie encore méconnue de tous. Je trouve ça absolument hallucinant qu’un tel naufrage ayant fait un nombre si grand de victimes soit passé à la trappe de l’Histoire ! C’est rassurant de savoir qu’un grand nombre de lecteurs prendra connaissance du terrible naufrage du Wilhelm Gustloff, et s’en souviendra. En tout cas, ça m’a donnée envie de me documenter !

Sans vouloir dénigrer son travail, j’ai trouvé que la narration ne fonctionnait pas du tout. Je pense que l’alternation des points de vue était bien trop rapide. Chaque chapitre se concentre sur un personnage, mais chaque chapitre fait seulement une, deux, voire trois pages pour les plus longs ! Le Sel de Nos Larmes se lit donc extrêmement vite, mais on a à peine le temps d’être avec un personnage que l’on doit déjà s’en séparer pour passer au suivant. Chaque action en cours est donc interrompue de façon intempestive ce qui perturbait la dynamique du roman.

Pour ce qui est des personnages, on suit trois jeunes adultes et une jeune fille de quinze ans. Chacun d’entre eux dissimulent quelque chose, un fait, une action qu’il nous faudra découvrir au fur et à mesure de notre lecture. Joana, l’infirmière Lituanienne, m’a particulièrement séduite. J’ai vraiment aimé sa personnalité forte et déterminée, sans cesse prête à aider les autres. C’est le personnage qui est le plus fort en apparence, mais elle cache des failles profondes et on se questionne sur certaines zones d’ombre de son passé. Florian est également un personnage que j’ai adoré. Il est mystérieux, tente de garder ses distances, et pourtant chaque rencontre va le façonner et le changer à jamais. Florian entretient une relation particulièrement avec chacun des personnages, mais celle qui m’a le plus touchée est sans aucun doute celle qu’il entretient avec la jeune Polonaise, Emilia. Cette dernière est très jeune, très enfantine et détonne avec les horreurs de la guerre. On a envie de la protéger de tout ça et de garder son innocence. Le seul personnage qui ne m’a pas convaincu est Alfred. Pas seulement parce qu’il s’agit d’un jeune nazi, mais parce que j’ai trouvé son traitement assez mauvais. Je pense qu’il y avait matière à faire autre chose avec ce personnage tout en gardant son passé et ses pensées. J’ai trouvé ses chapitres particulièrement décousus et ennuyants.

Le rythme du roman est perturbé par des chapitres trop courts, mais on entre malgré tout dans une lecture qui reste addictive. Il était très difficile pour moi de reposer le livre une fois commencé ! En tout cas, on suit avec plaisir, et effroi, le périple de ces jeunes gens et des personnes qui les accompagnent. Je n’ai pas été très émue durant ma lecture, sans doute à cause d’une écriture un peu trop froide à mon goût. Certes l’auteure n’est pas là pour nous offrir une histoire larmoyante, mais j’avoue que je me suis presque sentie inhumaine et anormale de ne pas avoir versé ma petite larme… Une autre chose m’a déçue : le dénouement ! En soi, j’ai adoré la fin, la conclusion que nous livrait Ruta Sepetys, dure et belle à la fois mais je l’ai trouvé affreusement rapide ! La fin nous tombe dessus sans qu’on s’y attende, et elle survient alors que l’on était en plein cœur d’une action ! J’aurais aimé qu’il y ait encore une trentaine de pages pour nous offrir une fin digne de ce nom et digne de ce roman.

NB : Ce troisième roman de Ruta Sepetys est étroitement lié à son premier livre Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre car Joana est la cousine de Lina, l’héroïne de ce dernier !

Bilan : Si j’ai été un peu déçue par la narration maladroite et par la fin expéditive, Ruta Sepetys nous offre malgré tout une leçon d’Histoire et de vie grandiose. Un roman à lire absolument, en hommage aux  10 000 victimes du naufrage du Wilhelm Gustloff !

Note : 7.5/10

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