Comme ton Ombre, de Elisabeth Haynes

Résumé: Imaginez qu’avant de pouvoir rentrer chez vous, vous soyez obligé de faire le tour du bâtiment afin de vérifier que tout est normal. Imaginez qu’une fois dans le hall de votre immeuble, vous deviez vérifier six fois que la porte d’entrée est bien fermée. Une, deux, trois, quatre, cinq, six. Et que si vous êtes interrompu en plein rituel, il faille tout recommencer. Imaginez que, arrivé chez vous, vous tourniez la poignée de votre porte six fois dans un sens, puis six fois dans l’autre pour vous assurer d’être en sécurité. Que vous restiez plusieurs minutes derrière la porte, à l’affût du moindre bruit dans la cage d’escalier. Et que, tous ces contrôles effectués, vous commenciez une ronde dans votre appartement. Fenêtres, rideaux, tiroirs, tout doit passer au crible de votre attention. Imaginez aussi que vous ne puissiez faire les courses que les jours pairs et pratiquer un sport les jours impairs, mais à condition que le ciel soit nuageux ou qu’il pleuve. Bienvenue dans l’univers paranoïaque de Cathy, une jeune Anglaise à qui la vie souriait jusqu’à ce qu’un soir elle fasse une mauvaise rencontre…

Mon avis: Ça faisait très longtemps que j’avais envie de découvrir Comme ton ombre que j’envisageais presque comme un nouveau Juste une ombre de Karine Giebel. Au final ces deux romans n’ont pas grand-chose en commun, mais j’ai tout autant aimé le roman d’Elizabeth Haynes.

Cathy est névrosée et doit vivre avec ses tocs au quotidien. Elle perd des heures entières de ses journées à vérifier que tout est en place chez elle, que la porte d’entrée de son immeuble et celle de son petit appartement sont bien verrouillées, que les rideaux sont parfaitement fermés. Mais si la jeune femme ne vit plus que dans la peur, si elle ne voit plus personne, si elle ne sort quasiment jamais de chez elle, c’est qu’elle a d’excellentes raisons d’être paranoïaque à s’en rendre malade. Et son passé, aussi effrayant soit-il, ne semble jamais être très loin…

Le personnage de Cathy est absolument génial et fascinante. On est très vite touchée par sa détresse et la maladie qui dévore son quotidien et bouleverse sa vie. On a immédiatement envie de la protéger, mais pourtant lorsqu’on la voit quelques années plus tôt on est frappé par la différence entre la Cathy qui souffre de tocs et la Cathy sûre d’elle et ambitieuse. Ces deux facettes du personnage nous sont dépeints avec brio par l’auteure et on assiste, impuissant, à ces deux personnalités qui vont se rejoindre au fur et à mesure que le passé rattrape le présent.

En ce qui concerne les personnages secondaires, j’ai été plus troublée. Stuart, le nouveau voisin de Cathy, m’a paru suspect dès le départ ! Attention, je ne dis pas qu’il l’est réellement ! C’est juste que du coup j’ai été plutôt mal à l’aise pendant ses apparitions et j’étais toujours en quête d’un indice qui le trahirait. Mais au final c’est plutôt bien joué de la part de l’auteur, puisqu’on en vient à devenir aussi méfiant que Cathy. Le personnage de Lee est quant à lui le plus fascinant, le plus mystérieux et le plus insaisissable. Il m’a véritablement foutu les chocottes et je suis vraiment admirative du travail qu’Elizabeth Haynes a fait autour de lui. Je l’ai trouvé très développé, notamment en ce qui concerne sa personnalité.

L’écriture de l’auteure est très fluide et s’adapte parfaitement au récit. Elle alterne régulièrement les chapitres qui se déroulent au présent, où on se trouve face à une Cathy désemparée et effrayée, et les chapitres qui se déroulent bien avant. J’ai trouvé vraiment admirable le fait que l’écriture de l’auteure s’adapte au comportement de Cathy. On ressent de façon absolument dérangeante son angoisse tout comme on perçoit toute sa confiance en elle et sa force quelques années avant « le drame ». L’auteure a jonglé d’une manière vraiment remarquable entre ces deux facettes de l’héroïne sans jamais nous perdre, et franchement je lui dis chapeau !

En plus d’un style très addictif qui n’a fait qu’accentuer mon envie pressante d’en lire toujours plus, je dois dire qu’un certain mystère demeure jusqu’au bout. On avance à petits pas, les yeux bandés et on ignore véritablement tout du chemin qu’emprunte l’auteure. J’étais à la fois excitée et anxieuse à l’idée de découvrir ce qui avait réellement traumatisé Cathy. Je dois dire que je ne suis pas déçue du tout ! La fin, sans réelle surprise pourtant, a réussi à me chambouler et à pulvériser tout sur son passage. Tout de suite on comprend mieux ce qu’a vécu l’héroïne, tout le calvaire qu’elle a enduré…

Franchement, je ne sais pas si on peut qualifier ce récit de thriller. Certes on retrouve les caractéristiques du thriller dans sa façon de faire monter l’angoisse, de créer une atmosphère presque étouffante par moment, mais finalement j’hésiterais à le classer dans la catégorie des drames. Je pense que Comme ton ombre est un peu à la frontière de ces deux genres, voilà pourquoi je le recommande chaudement aux personnages qui ne sont pas forcément amatrices de thriller (mais aux autres aussi !) ! En tout cas, je ne suis pas prête d’oublier ce roman qui fut impossible à lâcher et qui se révèle être un petit coup de cœur !

Bilan: Une excellente lecture qui se révèle être un petit coup de cœur!

Note: 9/10

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3 réflexions au sujet de « Comme ton Ombre, de Elisabeth Haynes »

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