Lucie Hennebelle, tome 1: La Chambre des Morts, de Franck Thilliez

Résumé: Imaginez… Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints. Devant vous, un champ d’éoliennes désert. Soudain le choc, d’une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. À ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d’euros, à portée de la main. Que feriez-vous ? Vigo et Sylvain, eux, ont choisi. L’amitié a parfois le goût du sang : désormais le pire de leur cauchemar a un nom… La Bête.

 Mon avis: Comme j’avais surkiffé beaucoup aimé mon troisième Thilliez, j’ai décidé de poursuivre d’embrailler directement sur La Chambre des Morts qui se passe avec un personnage que l’on retrouve dans beaucoup d’autres de ses romans apparemment. Je me demandais ce que pouvait bien donner cet auteur dans un registre plus « polar », qui d’habitude me plaît quand même un peu moins que du pur thriller. Mais finalement je suis agréablement surprise et je sais d’ors et déjà que je vais me jeter sur Le Syndrome [E] (le « premier tome », si je puis dire, de la saga qui suit Lucie Hennebelle et Franck Sharko)

Vigo et Sylvain, deux meilleurs amis dans la galère et l’engrenage du chômage, roulent tout deux sur une route déserte en pleine nuit. Pour décompresser et oublier le quotidien de la précarité ne serait-ce que pour quelques secondes, ils décident de rouler tout feux éteins à pleine vitesse, comme ils s’amusent parfois à le faire. Mais seulement, cette nuit ils ne sont pas seuls sur cette route. Ils s’en rendent malheureusement compte trop tard et percutent un homme de plein fouet. Ce dernier meurt sur le coup. Et à côté de lui gît un sac rempli de deux millions d’euros. Les deux amis n’hésitent pas bien longtemps entre prévenir la police ou s’emparer du sac qui leur changerait la vie… Mais seulement voilà, ils ne savent pas qui ils ont tué ni même dans quel terrible piège ils s’enfoncent…

Dès le prologue, Thilliez m’a mis le frisson. Il est glauque à souhait et nous annonce tout de suite la couleur : attention, aller simple vers l’horreur. J’ai aimé être plongée directement dans cette atmosphère angoissante qui ne va plus nous lâcher jusqu’à la dernière page. Thilliez a cette capacité de vous faire peur, de vous faire trembler sans forcément utiliser des détails gores avec quinze litres de sang et dix kilos de chair. Bon ok certains détails sont fort peu ragoûtants, mais au final l’essentiel est psychologique. Thilliez joue avec nos cordes sensibles et j’admire vraiment ce travail.

Ce que j’attendais avec beaucoup d’impatience, c’était de découvrir Lucie Hennebelle, la jeune flic qui est présente dans beaucoup de romans de cet auteur. Et je ne suis pas déçue ! La rencontre avec elle est assez perturbante. Si au début on s’attache à elle car on la trouve sympathique et courageuse, au fur et à mesure on se rend compte que sa personnalité est plus sombre que ce qu’elle n’y paraissait… J’adore ce genre de personnages ambiguës ni tout blanc ni tout noir. Je me demande ce que la suite peut donner avec elle… Le deuxième personnage qui m’a énormément marqué c’est Vigo. Je l’ai trouvé tellement… sombre, calculateur et insensible ! Et pourtant je suis restée assez fascinée par lui et par sa capacité à me faire froid dans le dos à chacune de ses apparitions ou presque. Le duo qu’il forme avec Sylvain est assez détonant car ce dernier est l’opposé de Vigo. Il est humain, sensible, honnête…

L’écriture de Thilliez est encore une fois délectable, le tout se laisse lire avec une facilité déconcertante tant le récit nous happe. Les chapitres sont une nouvelle fois très courts, et je commence à m’habituer au fait qu’ils nous donnent sans cesse envie d’en lire un de plus et qu’au final, on ne puisse plus s’arrêter de lire. Le style est forcément légèrement différent puisque Thilliez aborde un autre type de roman en exploitant ici une enquête. On a donc droit à des chapitres alternés entre Lucie Hennebelle et ce qu’ils se passent au cœur même de l’intrigue avec Vigo et Sylvain.

Si au départ on ne voit pas trop le lien entre certains événements, ni même avec le prologue, l’étau se resserre très vite, et lorsque l’on comprend de quoi il en retourne, on est encore davantage piégé dans le cercle vicieux qui nous empêche de nous arrêter. On finit le roman tout retourné par une intrigue de génie, sur un sujet encore une fois original et peu traité. J’ai une fois de plus eu l’impression que l’auteur s’était extrêmement bien documenté et c’était très plaisant de voir qu’il maîtrise un sujet aussi peu banal sur le bout des doigts. J’ai même été voir certaines choses sur le net tant les informations données par Thilliez m’ont à la fois intriguée et intéressée. Je tiens à baisser mon chapeau pour la fin, et en particulier le prologue que j’ai trouvé magistralement ironique. Je suis totalement fan et j’adhère à 100% !

Bilan : Encore un excellent Thilliez ! Une enquête passionnante, un sujet peu traité et mal connu, des personnages ambiguës comme j’aime… Une réussite !

Note : 8.5/10

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