Le Corps Exquis, de Poppy Z. Brite

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Résumé: Andrew Compton, un serial killer anglais, s’évade de prison en se faisant passer pour mort. Réfugié aux U.S.A., à la Nouvelle-Orléans, il rencontre par hasard un autre prédateur, Jay Byrne. L’histoire d’amour qui va unir ces deux psychopathes cannibales et nécrophiles ne les empêchera pas de semer le désordre dans le statu quo ambiant et de laisser dans leur sillage une piste sanglante. Roman censuré et scandaleux, Le Corps exquis n’est pas un catalogue d’horreurs gratuites, mais bel et bien une exploration de l’esprit malade de deux serial killers. En prenant le parti de ne pas juger, en exposant à vif la condition de victime et de bourreau, Poppy Z. Brite a refusé de tricher avec ses personnages et ses lecteurs. Jamais le portrait d’un tueur en série n’avait été aussi juste, riche et effroyablement réaliste.

Mon avis: Wouah! Je pense que je vais avoir du mal à faire cette chronique… Il y a tellement de choses à dire sur ce roman, tellement de facettes à explorer et de sentiments contradictoires ressentis lors de cette lecture! Je ne sais pas par où commencer…

Andrew, célèbre nécrophile de 31 ans, est incarcéré à Londres pour le meurtre de 23 jeunes garçons. Evidemment il ne va pas rester en prison bien longtemps… En parallèle, à la Nouvelle Orléans, on suit également Jay, un cannibale de 28 ans vraiment glauque, Tran un jeune garçon amateur de drogue, fasciné par la mort et Luke, son ex-petit ami atteint du SIDA. On pourrait croire aux premiers abords que les personnages ont peu de liens entre eux mais, suite à des rencontres (malchanceuses pour certains) leur destin va se retrouver irrémédiablement lié…

Si on tourne les pages aussi facilement, c’est parce qu’on se retrouve comme hypnotisé par le travail de Poppy Z. Brite. On peut se demander comment elle a pu nous exposer avec autant de détails et de précision la psychologie des deux tueurs, tout en recréant une ambiance très typique des années 90 avec des quartiers malfamés, avec leur lot de drogue et de sexe. Elle aborde également la maladie du SIDA, plus d’un point de vue psychologique que médical. Elle a sût mêler avec brio le dégoût et l’admiration, l’amour et la mort.

Le style d’écriture de l’auteure fait aussi parti de ce qui m’a séduite. Je l’ai trouvé fluide, riche en vocabulaire de toute sorte mais à aucun moment elle ne m’a parue lourde. Poppy a su utiliser les mots justes pour me faire ressentir un profond dégoût mais aussi une attache malsaine pour les protagonistes du récit. Elle reste neutre, ne juge pas. C’est aussi ça que j’ai aimé dans son récit. Elle ne condamne aucunement les atrocités faites par Andrew et Jay, c’est à nous même de se faire notre propre opinion. J’ai aimé, mais en même temps j’ai détesté. J’ai détesté apprécier ces personnages. Heureusement l’auteure mêle les chapitres avec les points de vue de Tran et de Luke, que j’ai fortement aimé et qui nous empêche de faire une overdose d’horreur.

Bien sûr lors de ma lecture, j’ai énormément grimacé à cause du flots d’atrocités déversés par l’auteure à certains moments. Le langage est cru, vulgaire aussi dans certains passages, mais je pense qu’il correspond parfaitement à l’esprit malsain, macabre et gore du roman.

Bilan: Délicieusement morbide! Un chef d’oeuvre du genre! Mais les âmes sensibles doivent passer leur chemin…

Note: 8.5/10

Ce livre entre dans le challenge:

Challenge des 170 idées idée 62. un groupe d’au moins deux objets similaires.

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